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Full text of "Lindenia : iconographie des Orchidées"

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Robert W.Chanler Bequest 1933. 





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ICONOGRAPHIE 






DES ORCHIDÉES 


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LINDENIA 

ICONOGRAPHIE 

DES ORCHIDÉES 

Directeur : J. LINDEN 

RÉDACTEURS EN CHEF : 

LUCIEN LINDEN & EMILE RODIGAS 

AVEC 

LA COLLABORATION DE SPÉCIALISTES ÉMINENTS 



4 me Volume 



1888 



GAND 

IMPRIMERIE EUG. VANDERHAEGHEN, RUE DES CHAMPS 



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JM LATIMACULATUM hort. 



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PL. CXLV 

ODONTOGLOSSUM LATIMACULATUM hort. 

ODONTOGLOSSUM CRISPUM var. LATIMACULATUM 
ODONTOGLOSSE CRISPÉ A LARGE MACULE 



ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, vol. I, p. n. 
Odontoglossum crispum. Vide Lindenia, vol. I, p. 101. 



es variétés de Y Odontoglossum Alexandrae ou mieux crispum vont à 
l'infini ; chaque plante diffère plus ou moins de sa voisine. Nos 
lecteurs savent que nous ne sommes pas partisans du baptême à 
outrance qui sévit actuellement parmi la majeure partie des Orchidophiles. 
Cette manie, comme tant d'autres, vient d'Angleterre où chaque collection 
qui se respecte veut avoir sa variété, supérieure à celle du voisin. Aussi il 
n'est pas de domaine ou de simple cottage anglais qui n'ait une variété portant 
le nom de la propriété. Comment se retrouver dans ce dédale? Nous compre- 
nons que l'on dénomme des variétés bien tranchées, comme celle qui nous 
occupe par exemple, très distincte celle-là et particulièrement jolie; mais qu'on 
confonde ensuite les autres en variétés médiocres, jolies ou excellentes, cela 
suffit. Une autre manie, bien anglaise encore celle-là, consiste à débaptiser les 
plantes continentales. U Orchidophile nous signalait, l'année dernière, Y Odonto- 
glossum crispum Duvali qu'on avait rebaptisé, après le passage du détroit, en 
Odontoglossum crispum apiatum pour le naturaliser plante anglaise, Duvali 
dénotait trop son origine française ! Une Orchidée continentale ne peut être, 
pour MM. les Anglais, une belle Orchidée. Cette croyance est très répandue 
parmi les jardiniers, horticulteurs et amateurs d'Outre-Manche! 

Nous disons que Y Odontoglossum Alexandrae latimaculatum est une variété 
charmante. Sa forme est parfaite, les pétales sont larges, blanc rosé, le labelle 
est recouvert dans presque son entier par une large macule brun foncé, du 
plus agréable contraste avec le restant de la fleur. Cette variété hors ligne 
fleurissait, en mai dernier, dans l'Etablissement de L'Horticulture Interna- 
tionale à Bruxelles. Elle a depuis lors passé dans les célèbres serres du 
château de Franconville, en France, où M. le duc de Massa a réuni une 
nombreuse et superbe collection d'Orchidées. 

Les Odontoglossum sont en majorité sur le continent, cultivés dans la 
perfection et cette culture y est généralement mieux comprise qu'en Angleterre. 



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Il en est ainsi de presque la généralité des Orchidées. Le temps n'est plus 
où l'on s'imaginait qu'il n'y avait que les Anglais sachant les cultiver. C'est, 
à notre époque, une erreur profonde. 

Nous sommes sur le continent aussi forts cultivateurs de ces aériennes 
que les Anglais. Nous pourrions même citer maintes collections de Belgique, 
de France, d'Allemagne et des Pays-Bas où les Vandées, les Cypripèdes, les 
Phalaenopsis, les Cattleya, les Dendrobium, les Masdevallia et surtout les 
Odontoglossum leur dament le pion. La principale supériorité actuelle de 
l'Angleterre réside surtout dans le nombre des amateurs ; celui-ci y est consi- 
dérable et s'explique par ce fait que le genre de vie est tout différent dans 
ce dernier pays que sur le continent; les Anglais résident été et hiver à la 
campagne. Chaque villa, presque chaque cottage possède une ou plusieurs 
serres, partant de là il y a beaucoup d'amateurs. 

La Belgique et la France vendent énormément d'Orchidées établies, beau- 
coup en boutons, aux horticulteurs londoniens et, fait digne de remarque, 
ces plantes continuent à végéter parfaitement sous le ciel brumeux et dans 
les brouillards jaunes de l'Angleterre, alors que beaucoup d'Orchidées y élevées 
et transportées sur le continent n'y donnent pas les résultats attendus. Les 
amateurs continentaux sont aujourd'hui convaincus que les plantes établies sur 
le continent persistent à y pousser admirablement mieux que celles cultivées 
en Angleterre. 

Les Odontoglossum Alexandrae se plaisent particulièrement dans des pots 
relativement grands et demandent, durant presque toute l'année, des arrosements 
copieux faits avec de l'eau de pluie. Les rempotages se font en août-septembre 
de la manière suivante : remplir le pot, de préférence neuf ou bien lavé à l'inté- 
rieur et à l'extérieur, de tessons de pots, neufs ou lavés, recouvrir ce drainage 
d'une légère couche de sphagnum bien propre, mettre ensuite une couche de 
compost, 7 3 sphagnum vivant lavé et 2 / 3 bonne terre fibreuse nettoyée, y placer 
la plante et finir le rempotage de façon que la plante soit élevée d'environ 
un doigt au-dessus du bord du pot, pas davantage. 

Nous insistons pour que le jardinier nettoie le sphagnum et la terre 
fibreuse et que les vieux pots soient lavés : la propreté est de première 
nécessité dans la culture des Orchidées. 



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ÛIPEDIT ; L. LINDEN & BU. 



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PL. CXLVI 

CYPRIPEDIUM MITEAUANUM l. lind. & e. rod. 

CYPRIPEDIUM CILIOLARE var. MITEAUANUM 

CYPRIPÈDE DE M. GUSTAVE MITEAU 

CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium ciliolare. Aff. Cypripedio superbicnti Rchb. f. (Veitchiano Hort.), tepalis latis obtuse acutis 
brevioribus, pilis quaquaversis densissime ciliatis; labelli ungue brevi; staminodio latissimo, brevissimo, extus dente 
utrinque inflexo brevissimo; dentibus anticis obscurissimis creniformibus. Ex. ins. Philipp., imp. cl. Low. 

H. G. Rchb. f. Gard. Chron., 1882, p. 488. 

e Cypripedium ciliolare Miteauanwn est une variété d'élite et une grande 
I amélioration du type. Elle en diffère par de brillantes qualités : colo- 
ration plus belle et plus grandes dimensions de la fleur. Elle est aussi 
plus poilue. La planche ci-contre la représente très exactement. 

Cette variété est de premier ordre; aussi c'est avec grand plaisir que 
nous la dédions à M. Gustave Miteau qui possède à Jette-Saint-Pierre, 
dans la banlieue de Bruxelles, une gentille collection d'Orchidées : Cypripe- 
dium, Cattleya et Odontoglossum, très bien cultivée par son fils aîné M. Paul 
Miteau qui, comme son père, est doué du feu sacré. Sa serre, divisée en deux 
compartiments de températures différentes, n'est pas grande. Elle a une vingtaine 
de mètres de longueur sur cinq de large et contient environ deux mille Orchidées. 
Sa collection de Cypripèdes compte 117 espèces et variétés et, parmi elles, les 
Cypripedium Leeanum Burford Lodge var., C. Boxalli Cannartianum, C. Morganae, 
C. regale, C. praestans, C. Rothschildianum , C. Crossianum Lindeni, C. hirsu- 
tissimum coerulescens , C. Sallieri Hyeanum , C. Arthurianum , C. Schoederae 
splendens, C. Leechi, C. selligerum sanguineum, C. oenanthum superbum, C. micro- 
chilum, C. bellatulum, C. vexillarhtm, C. politum , C. Pétri, C. Williamsi, 
C. Lawrenceanum Lindeni, C. Harrisianum superbum et planum, C. euryandrum 
grandiflorum, C. Boxalli atratum et superbum, etc., etc. Lors de notre dernière 
visite, nous y avons vu en fleurs une très belle variété du Cattleya gigas, très 
bien fleurie; son bel exemplaire de Miltonia Moreliana, variété splendide, épa- 
nouissait cette fois dix fleurs. Cinq Catasetum Bungerothi fleuris étaient de grande 
beauté. Nous y avons encore noté les belles plantes suivantes, très bien fleuries : 
Odontoglossum Lucianianum , Cattleya Bungerothi, Cattleya Gaskelliana alba, Catt- 
leya crispa superba, avec une hampe de sept fleurs, ainsi que divers Odonto- 
glossum Pescatorei et crispum, très beaux. 






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ANGULOA X INTERMEDIA R. A. ROLFE 

C'est un nouvel hybride obtenu par M. Seden par le croisement des 
Anguloa Clowesi et A. Ruckeri, le dernier ayant servi de fécondateur. On sait 
que les deux parents diffèrent plus spécialement par le coloris, le A. Clowesi 
étant jaune brillant, tandis que le A. Ruckeri est maculé de cramoisi sur 
fond pâle. \J Anguloa intermedia R. A. Rolfe tient surtout des caractères de 
la dernière espèce; il a les segments couleur miel pâle, marqués de très 
nombreuses petites taches rose pourpré. Les taches sont plus grandes et 
mieux marquées sur les pétales que sur les sépales. Le labelle est teinté de 
cannelle, avec le disque plus pâle et quelques stries transversales brunes. 

LAELIA X HORNIANA h. G. RCHB. 

Hybride obtenu dans les serres du baron N. de Rothschild, à Hohe- 
warte, près de Vienne, par l'intelligent chef des cultures M. Ferd. Horn à 
qui la plante a été dédiée. Elle provient du croisement du Laelia purpurata 
par le L. elegans. Les pseudobulbes sont plus grands que ceux du L. purpu- 
rata, plus aplatis et plus courts. La fleur est blanche. Les segments sont 
lancéolés aigus; le labelle est nettement trilobé, à lobes latéraux obtus. La 
base est jaune ; le centre du disque est marqué de lignes pourpres et teinté 
de mauve. Le lobe antérieur est blanc sur le devant. 

MASDEVALLIA HUBSCHI H. G. RCHB. 

Nouvelle espèce introduite récemment dans la belle collection de M. R. 
H. Measures à Streatham. Elle est due au zélé collecteur dont elle porte 
le nom. Elle rappelle par l'aspect le M. fucata. Le pédoncule est muni de 
gaines renflées. Bractée plus courte que l'ovaire. Les sépales latéraux arrondis 
comme un goitre. Les pétales sont linéaires, aigus. Le disque du labelle 
arrondi porte un callus transversal jaune et quelques poils. La fleur est 
blanche aussi grande que celle du Masdevallia molitor. Le labelle a une marge 
mauve pourpre intérieurement et quelques maculatures de même couleur à la 
base. Gynostème blanc ligné de mauve. 

CATASETUM BUNGEROTHI VAR. ALBUM 

En ce moment fleurit dans les serres de I'Horticulture Internationale 
à Bruxelles, parmi une foule d'autres Orchidées, le Catasetum Bungerothi à fleurs 
blanches. La plante excite à bon droit l'admiration des connaisseurs. Ses 
immenses fleurs qu'on dirait de cire sont blanc de neige et la base du labelle 
au lieu d'être jaune orange est d'un rose des plus délicats. Tous les segments 
du périanthe sont du blanc le plus pur. Un des exemplaires se distingue, en 
outre, par la grande abondance des fleurs. 



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PL. CXLVII 

NANODES MEDUSAE rchb. f 

NANODE DE MÉDUSE 



ÉTYMOLOGIE : Nanodes, fleur naine. Genre créé par Lindley pour le N anodes discolor aux fleurs minuscules. 

NANODES. Sepala ringentia, posticum fomicatum, lateralia labello sub-opposita, eique basi connata. Petala 
sepalis lateralibus subconformia et subparallela, libéra. Labellum cum columna connatum, carnosum, indivisum. 
Columna clinandrio alato. Anthera bilocularis, rostrata. Pollinia quatuor, compressa, collateralia, in caudicula ovata 
oblonga vel lineari-sessilia. 

Herbae brasilienses et Novae Granatae incolae, epipbytae, caulescentes, humiles, caespitosae. Folia disticha, 
vaginantia, brevia, approximata. Flores apices versus caulis axillares, solitarii. 

Lindl. Bot. Reg., 1541. 

Nanodes Medusae. Caulibus crassis pendulis pedalibus, foliis tripollicaribus oblongis obtusis apice inaequaliter 
bilobis, floribus magnis, sepalis petalisque subaequalibus lineari-oblongis acutis fusco-viridibus, labello maximo orbi- 
culato apice bilobo basi cordato bilobo ambitu profunde fimbriato luride purpureo, pollinis caudicula lineari-oblonga. 

Species andicola. 

Nanodes Medusae Rchb. f., Gard. Citron., 1867, p. 432. — Hook. Bot. Mag., 5723. — Nasonia splendens 
Lindl. Litt. 



riginale dans sa forme et dans son coloris, l'étrange fleur qui nous 
occupe a fait songer le botaniste à la malheureuse Gorgone qui osa 
se croire un jour plus belle que la docte Minerve et dont les cheveux 




devinrent des serpents. Les longues franges qui bordent la marge du labelle 
de ce Nanodes rappellent ces reptiles, mais cette Orchidée n'a pas, comme la 
tête de Méduse, le pouvoir de pétrifier les cœurs ; elle se borne à étonner et 
à plaire toujours. La Flore des Serres, en reproduisant naguèie la planche publiée 
dans le Botanical Magazine (1. c), traite la plante de « bizarre pieuvre végétale 
qui, toute imprégnée du sang de sa proie, simule assez l'aspect qu'aurait une 
fleur de Brassavola Digbyana après un prandium succulent. » Nous nous rap- 
pelons la joie manifestée devant nous par l'auteur de cette comparaison un peu 
hyperbolique : Edison en inventant son téléphone ne dut pas être plus satisfait! 
Le petit groupe des Nanodes, détaché du genre Epidendrum, compte fort 
peu de représentants dans les collections. Le Nanodes discolor, qui fut introduit 
des forêts brésiliennes des environs de Rio-de-Janeiro, a tout à fait le faciès 
général de l'espèce en question ici, seulement les fleurs sont d'une petitesse 
extrême. Il en est autrement du Nanodes Medusae dont les fleurs sont relative- 
ment grandes. La tige est épaisse et pendante, longue de o m 3o ; les feuilles 
sont allongées, obtuses, inégalement bilobées au sommet, les segments du 
périanthe sont presque égaux, étroits et oblongs, vert lavé de fauve; le labelle 
est très grand, arrondi, à deux lobes, en cœur à la base; le pourtour du limbe 



est profondément frangé ; le labelle est pourpre terne ainsi que les franges ; 
la caudicule est linéaire oblongue. 

Le N anodes Medusae fut découvert en premier lieu dans les Andes de 
l'Equateur, par Wallis, voyageant pour compte et d'après les instructions de 
M. J. Linden. Depuis lors la plante a été retrouvée plus d'une fois à des alti- 
tudes considérables, souvent même assez près de la limite des neiges. Cet habitat 
aurait dû faire comprendre que l'espèce n'est pas du tout frileuse et qu'elle se 
contente parfaitement d'un climat tempéré. Si la plante dépérit parfois vite dans 
les cultures européennes, si elle fleurit mal ou peu abondamment, c'est uniquement 
parce qu'on s'obstine à lui donner un excès de chaleur dont elle n'a aucun besoin. 



La Lindenia est heureuse d'offrir l'hospitalité à la circulaire suivante : 

L'Orchidéenne 

SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES 

Instituée pour la diffusion et le progrès de la culture des Orchidées au moyen d 'expositions , 

de meetings et de conférences 

ÉTABLIE A BRUXELLES 

/ MM. H. J. Reichenbach, pour V Allemagne ; 
Présidents d'honneur j J. Linden, pour la Belgique; 

( J. G. de Lansberge, pour les Pays-Bas. 

Les Présidents d'honneur pour les autres pays seront nommés ultérieurement. 

MONSIEUR, BrUXClleS ' lG I5 a ° Ût l888 ' 

Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance qu'un groupe d'amateurs 
d'Orchidées de différents pays vient de fonder, à Bruxelles, une Société d'Horticulture, 
ayant pour seul objet la diffusion et le progrès de la culture des Orchidées sur le continent. 
Les règlements de cette Société d'agrément et d'instruction seront soumis à la délibé- 
ration de l'assemblée générale des membres fondateurs, qui aura lieu le 23 septembre 
prochain, à 10 heures du matin, 79, rue Wiertz, à Bruxelles. 

Le comité directeur sera nommé par cette assemblée. 

Indépendamment des meetings et des conférences sur l'histoire et la culture des Orchidées, 
qui auront lieu le deuxième dimanche de chaque mois, la Société organisera, chaque 
année, une Exposition spéciale d'Orchidées où les amateurs seuls seront admis à concourir. 
La Société publiera mensuellement un compte-rendu de ses expositions, de ses meetings 
et de ses conférences. 

La cotisation des membres de la Société est fixée à 10 francs par an. 

L'adhésion de toutes les personnes qui s'intéressent à la culture des Orchidées est 
vivement sollicitée. Seront considérés comme membres fondateurs tous ceux qui se feront 
inscrire chez M. Luc. Linden, 100, rue Belliard, Bruxelles, avant le 20 septembre prochain. 

Le premier meeting mensuel des Orchidées belles, rares ou nouvelles (plantes fleuries 
et fleurs coupées) et la première conférence auront lieu le dimanche 14 octobre prochain. 

La Société se chargera du déballage et du placement des plantes et des fleurs 
coupées, ainsi que de l'emballage et de la réexpédition des plantes envoyées à ses 
meetings et à ses expositions. 

Veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations distinguées. 

Les Membres fondateurs. 




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DEKDROBIUM BENSONIAE hook f. 



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PL. CXLVIII 

DENDROBIUM BENSONIAE hook. f. 

DENDROBIUM DE MISTRESS BENSON 

DENDROBIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 13. 

Dendrobium Bensoniae. Caulibus suberectis striatis (floriferis aphyllis), teretiusculis, nodis non tumidis, foliis 
linearibus acutis emarginatisve, floribus ad nodos solitariis vel in pedunculis bi-trifloris dispositis, bracteis minutis 
acutis, sepalis oblongo-rotundatis albis, labello orbiculato concavo integro albo, disco tomentoso laete aureo 
maculis purpureis basin versus notato, marginibus denticulatis. 

Hook. f. Bot. Mag., XXIII, 1867, t. 567g. 

oumise tour à tour aux fluctuations les plus exagérées de vogue et 
d'abandon, cette espèce, dont la première introduction en Europe 
remonte à plus de vingt ans, est et restera une des plus brillantes 
du genre Dendrobium. Ses tiges sont presque dressées, striées, cylindriques, 
aux nœuds non saillants ; elles portent (sauf les tiges florales) des feuilles 
linéaires, aiguës ; les fleurs sont solitaires sur les nœuds ou disposées par 
deux ou trois sur les pédoncules ; les bractées sont petites et pointues ; les 
sépales sont arrondis, quelque peu allongés ; le labelle est sphérique, concave 
et entier, le disque est tomenteux, les marges sont denticulées. Mais cette 
description ne donne pas une idée de la beauté de ces grandes fleurs blanches 
avec leur labelle jaune d'or taché de brun ; il faut les voir pour comprendre 
la surprise que causa aux orchidophiles l'apparition du Dendrobium Bensoniae, 
qui fut réellement une des plus brillantes introductions de son époque ; aussi 
les journaux horticoles, comme le disait récemment Y Illustration Horticolei 1 ), 
en firent grand honneur au colonel Benson qui l'envoya du Moulmein à la 
maison James Veitch, de Chelsea. Bientôt cependant la plante se fit rare 
et plus d'une fois il fallut songer à la réintroduire. Au printemps de 1884, 
quelques exemplaires en furent mis en vente publique à la salle de MM. Protheroe 
et Morris à Londres, et les prix en atteignirent 75 et 100 francs pièce. 

Et pourtant, malgré ses brillantes qualités, le Dendrobium Bensoniae s'était 
fait une réputation peu enviable : on le signalait comme fort capricieux ; 
on disait qu'il était presque impossible d'en obtenir une bonne floraison. 
Quelle ne fut pas la surprise des amateurs qui avaient ajouté foi à ces asser- 
tions, quand ils virent paraître dans le Gardeners' Chronicle l'image d'un 
racème cueilli parmi quatre autres sur un exemplaire cultivé en 1884 chez 
l'honorable et révérend J. T. Boscawen, de Lamoran, dans le Cornouailles ! 

(1) V Illustration Horticole, t. XXXV, p. 33. 



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Ce racème avec ses trente trois immenses rieurs ne protestait-il pas avec 
énergie contre l'injure assez gratuite faite au Dendrobium Bensoniae ? Le grand 
point est de posséder des sujets bien portants, suffisamment développés et 
de leur donner les soins qu'ils réclament; alors, chaque année, la floraison 
devient plus abondante et plus facile. 

Pour ceux qui n'auraient pas avec ce Dendrobium le succès désirable, 
nous reproduisons le mode de culture tel que le recommande le journal 
précité W; ils se rendront aisément compte de ce qui peut déterminer leur 
peu de réussite. « Le Dendrobium Bensoniae doit être cultivé dans une serre 
chaude et bien aérée. Il se trouve le mieux dans une corbeille en un mélange 
de tourbe et de sphagnum ; moins il y aura de matériaux de n'importe 
quelle nature autour des racines, et mieux cela vaudra. Durant la période 
de formation des racines et jusqu'à ce que les pousses soient parvenues à 
parfaite maturité, les plantes doivent être abondamment arrosées ou plongées 
dans l'eau; seulement lorsque les feuilles commencent à tomber et durant 
la floraison, on les placera dans une serre à demi sèche en tenant les racines 
à peine humides. » 

L'exemplaire dont il a été question plus haut, se trouvait dans un pot 
relativement petit lorsque M. Boscawen en fit l'acquisition ; jamais il ne fut 
dépoté, mais en 1881 il fut placé avec son pot dans une corbeille garnie de 
sphaigne. La corbeille fut mise dans une serre à bassin dans un endroit 
bien exposé au soleil; la plante ne fut jamais ombrée, mais on en arrosait 
les racines deux fois par jour dans les temps chauds, sans jamais mouiller 
le feuillage. Lors du repos, on la mit dans une serre sèche, très aérée, 
toujours exposée au soleil; on ne donna pas d'eau du tout jusqu'à l'appari- 
tion des boutons à fleurs, en mai; alors elle fut soumise à un autre régime 
avec plus de chaleur et plus d'humidité. 

Un autre point mis en lumière par notre confrère anglais, c'est que 
l'abondance même des fleurs que la plante donne à profusion, permet de 
supprimer les boutons floraux trop petits ou trop faibles, aussitôt que ceux-ci 
commencent à poindre : de cette façon, dit-il, toute la force de la plante 
est réservée aux nouvelles pousses. 

Parmi les plantes d'importation directe, arrivent d'ordinaire des variétés plus 
ou moins distinctes, et plus particulièrement le Dendrobium Bensoniae var. xanthi- 
num, dont le labelle est- dépourvu de maculature foncée, et le Dendrobium 
Bensoniae var. aurantiacum ayant le labelle marqué d'un coloris orange vif. 

La plante qui a servi de modèle à notre artiste-peintre a admirablement 
fleuri cet été dans la collection de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles, 
où elle a été traitée en serre chaude humide dans les conditions de culture 
indiquées plus haut. 



(1) Gardeners' Chronicle, vol. XXII, N. S.., p. 144 (3 août 18 



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PL. CXLIX 

CYPRIPEDIUM BELLATULUM rchb. f. 

CYPRIPÈDE MIGNON 

CYPRIPEDIUM. Vide Lindema, vol. I, p. 17. 

Cypripedium hellatulum. Cypripedio Godefroyae affine, foliis tamen obtusis, 10 poil, longis, 3 poil, latis, 
pulcherrime supra hieroglyphice punctatis, infra brunneo maculatis; floribus maximis albis vel albido luteis omnino 
punctatis, punctis quibusdam maximis ; staminodio longissimo apice tridentato, nundum villoso, pulcherrime punctato. 

Sec. cl. Rchb. f. in Gard. Cliron.. loco infra citato. 

1 existe entre la plante dont la Lindenia présente ci-contre le portrait 
et le Cypripedium Godefroyae une telle affinité que le savant orchido- 
graphe M. Reichenbach ne consacre pas même une diagnose complète 
à l'espèce qu'il dénomme et que, d'après lui, on aurait tort de considérer 
comme une simple forme. Voici, en effet, comment il décrit le Cypripedium 
hellatulum dans le n° du 26 mai 1888 du Gardeners' Chronicle. « Il se rap- 
proche du Cypripedium Godefroyae. Les feuilles cependant sont obtuses, très 
fortes, ayant dix pouces de long sur trois pouces de large (o m 25 sur o m o7), 
richement marbrées de macules hiéroglyphiques à la page supérieure et mar- 
quées à la face inférieure d'innombrables points bruns. La fleur est immense, 
elle mesure onze pouces (o m 275) de circonférence ; elle est maculée de toutes 
parts et quelques macules sont fort grandes ; la couleur est blanche ou 

jaune blanchâtre 

« Le staminode est nouveau. Il est beaucoup plus long que dans aucune 
autre forme, oblong, à trois dents au sommet, presque dépourvu de poils et 
magnifiquement pointillé. Jamais je n'ai vu cette particularité dans aucune 
espèce voisine et c'est ce qui me décide à en faire une nouvelle espèce. J'ai 
eu l'occasion d'étudier nombre de fleurs de Cypripedium Godefroyae. Personne 
ne m'en a gratifié avec autant de libéralité que M. W. Lee qui, pendant les 
années 1886 et 1887, m'a envoyé de nombreux spécimens toujours accom- 
pagnés de leurs feuilles. Et parmi tous ces exemplaires pas un n'a montré 
un staminode comparable à celui du Cypripedium hellatulum. » 

Celui-ci fut introduit par MM. H. Low et C ie , et il obtint un certificat de 
mérite au meeting du 22 mai dernier à la Société royale d'horticulture de Londres. 
Comme il arrive souvent pour les exemplaires importés, ici encore les fleurs 
montrent des différences sensibles. Un spécimen exposé par MM. H. Low et C ie , 
le 12 juin au meeting de la même Société et jugé digne d'un certificat de 
première classe, offrait des fleurs teintées de rose. Il est probable que ces 
différences de coloris et de maculatures s'accentueront davantage par la suite. 



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LES ORCHIDÉES 

AU GRAND CONCOURS DES SCIENCES ET DE L'INDUSTRIE, EN AOUT l888, A BRUXELLES 




'Exposition d'horticulture ouverte le ig août 1888 a été, pour la saison, 
très remarquable au point de vue des Orchidées. Deux très jolies 
collections se disputaient la palme du principal concours (collection 
d'Orchidées les plus remarquables et la plus nombreuse en espèces et variétés) ; 
l'une appartenait à M me Oct. Block, de Bruxelles, et l'autre à M. ■ Auguste 
Peeters, également de Bruxelles. 

La première de ces collections a obtenu le premier prix, médaille d'or 
offerte par S. M. le Roi. Elle renfermait des espèces et variétés très rares, 
parfaitement fleuries. Nous y avons surtout remarqué les Aerides suavissimum, 
Catasetum Bungerothi, Aganisia cyanea, Phalaenopsis Esmeralda, différents beaux 
Odontoglossum Alexandrae, Vanda suavis, Cypripedium bellatidum, plusieurs belles 
variétés de Cattleya gigas, le nouveau et superbe Cattleya Randi, plante unique 
en Europe, un très fort Dendrochilum filiforme, Odontoglossum brevifolium, Cypri- 
pedium Stonei, Anguloa uniflora, Odontoglossum luteo-purpureum, fort beau, Odon- 
toglossum Lucianianum, etc., toutes plantes parfaitement cultivées. 

Le lot de M. Auguste Peeters (2 me prix) renfermait également de belles 
plantes, très bien fleuries, appartenant à des espèces moins rares : Cattleya 
Harrisoni, C. Leopoldi, Laelia crispa, L. cinnabarina, Odontoglossum grande, 
Odontoglossum bictoniense album, Epidendrum vitellinum, Anguloa Clowesi, Cattleya 
Gaskelliania, C. gigas, Cypripedium Chantini, etc. 

M. le notaire Moens, de Lede, présentait une charmante collection de 
Cypripèdes qui lui a valu le premier prix. Nous avons noté les espèces et 
variétés méritantes suivantes : Io excellens, hybridum, Dauthieri, Harrisianum 
nigrum, Chantini, Dominyanum, Leeanum, Stonei, Sedeni, marmorophyllum, bel- 
latulum, praestans delicatum. Toutes ces plantes de très belle culture. 

MM. Vuylsteke (hors concours) et Peeters (i er prix) exposaient chacun 
une belle collection de 25 plantes, parmi lesquelles nous avons à signaler 
leurs Cattleya gigas, C. Gaskelliana, Laelia cinnabarina, plusieurs Odontoglossum 
Alexandrae, Oncidium praetextum, 0. varicosum Roger si, Angidoa Clowesi, Miltonia 
Moreliana, M. vexillaria, etc. 

Le jury de cette section, très compétant, était composé de MM. Kegeljan 
(président), D'Haene (secrétaire), 0. Lamarche, D. Massange de Louvrex, 
Edouard Pynaert et C. Vuylsteke. 

Beaucoup de visiteurs semblaient étonnés de ne pas y voir figurer les collec- 
tions de la Société L'Horticulture Internationale; ceux-ci ignoraient sans doute 
que cette Société a décidé, dès sa formation, de ne participer à aucune exposition 
et de ne faire voir ses plantes que chez elle, à ses propres expositions ou dans ses 
serres. C'est ce qui explique aussi son abstention, cette année, à Gand et ailleurs. 



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AERIDES QUINQUEVULNERUM lindl. 



nnemaek'er ad nat. del. et fnnx. 



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AERIDES QUINQUEVULNERUM lindl. 

AERIDES A CINQ MACULES 



AERIDES. Vide Lindenia, vol. I, p. 7. 

Aerides quinquevulnerum Lindl. Sert, 30. — Gard. Chron., 1845, p. 100, c, IC. xyl. — A. Jennings, 
Orchids, 1874, XXX. 
Iles Philippines. 



ous avons jusqu'ici donné le portrait de quelques variétés très remar- 
quables du genre Aerides, déjà si important par le grand nombre 
d'espèces qu'il comprend ; nous sommes heureux de publier aujourd'hui 
celui du bel Aerides quinquevulnerum. 

Ainsi que nos lecteurs peuvent s'en rendre compte par la planche ci-contre, 
reproduction fidèle de la plante qui vient de fleurir dans les serres de L'Horti- 
culture Internationale, à Bruxelles, c'est une belle espèce, présentant des 
caractères spécifiques bien tranchés, un coloris riche et pouvant être classée en 
première ligne parmi ses congénères. Le grand nombre de ses fleurs répandant 
une odeur très agréable et leur gracieuse disposition en une longue grappe 
arrondie, recourbée, en font une charmante Orchidée très ornementale qui 
occupera toujours un rang distingué parmi les plus belles espèces de la 
serre aux Vandées. 

V Aerides quinquevulnerum est originaire des Iles Philippines et croît à 
l'état naturel dans les environs de Manille, vivant en épiphyte, ordinairement 
suspendu aux arbres longeant les cours d'eau. Il aime donc l'humidité et la 
chaleur. 

L'inflorescence se développe à l'aisselle des feuilles moyennes de la tige. 
Elle est épaissement fournie de fleurs ayant les sépales et les pétales blancs 
tachetés de rose pourpre et relevés de cinq macules purpurescentes à l'extré- 
mité. Le labelle est cramoisi foncé avec la partie extrême verte et les côtés 
rouge tendre. Les feuilles d'un vert clair et d'une consistance de cuir 
sont arrondies. 

L 'Aerides quinquevulnerum comprend plusieurs variétés très distinctes. 
Parmi celles-ci, nous trouvons les A. quinquevulnerum candidissimum. A. Fenz- 
lianum, A. juctmdum et A. Farmeri qui diffèrent par leur élégance, leur beauté 
et des coloris plus ou moins vifs ou mieux accentués. 

La culture de cet Aerides est identique à celle des autres espèces du 



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genre. Plusieurs spécialistes recommandent de fortifier l'air de la serre en 
plaçant dans un coin de celle-ci de petits fragments de carbonate d'ammo- 
niaque qui en se volatilisant, donne un surcroît d'acide carbonique et d'ammo- 
niaque à l'atmosphère. Mais il est bon de se rappeler que les excès nuisent 
toujours et peuvent amener la perte totale des plantes. 

Placés dans un pot bien drainé par des tessons dans du sphagnum vivant, 
les Aerides pousseront admirablement dans une serre de 18 à 20 degrés centi- 
grades. Il convient de leur donner pendant toute la végétation de fréquents 
seringages sur les racines et de maintenir toujours la serre dans une humidité 
constante. Il est également bon et même nécessaire de maintenir au-dessus du 
pot une couche de sphagnum vivant, afin d'y entretenir toujours la fraîcheur 
et d'y favoriser le développement des racines. 

Pour amener les Vandées à un état de repos suffisant, il suffira de diminuer 
progressivement les arrosements à partir du mois de novembre jusqu'au mois 
de février, et de conserver leur serre convenablement humide et pas trop 
chaude. Il faudra surtout éviter de laisser tomber de l'eau dans le cœur de 
la plante. Dès que la végétation recommencera, c'est-à-dire vers le mois de 
mars, on renouvellera soigneusement les matériaux qui entourent la plante et 
on la rajeunira en émondant autant que possible tout ce qui pourrait nuire 
à la plante. 



L'ORCHIDÉENNE. — Cette nouvelle Société, fondée à Bruxelles, rencontre 
parmi les amateurs d'Orchidées une très vive sympathie. Elle compte 70 membres 
fondateurs et se dessine comme devant leur rendre de grands services en 
établissant un point de réunion où les amateurs pourront se rencontrer au milieu 
de belles Orchidées et se créer des relations agréables parmi les orchidophiles. 

Rappelons à nos lecteurs que les amateurs d'Orchidées qui désirent se 
faire inscrire comme membres effectifs de la nouvelle Société, peuvent s'adresser 
chez M. Lucien Linden, secrétaire de la Société, 100, rue Belliard, à Bruxelles 
et que la première exposition mensuelle aura lieu le 14 octobre prochain, à midi, 
7g, rue Wiertz, à Bruxelles. Ce meeting sera clôturé le même jour à 4 heures. 

La Lindenia publiera dans son prochain numéro la composition du Comité 
directeur de la Société ainsi que celle du Jury des meetings. 

Les membres fondateurs et effectifs, étrangers à la Belgique, présents 
à Bruxelles le jour d'un meeting, font de droit partie du jury. 

Le Règlement de la Société est à la disposition des amateurs. Prière de 
s'adresser au Secrétariat. 



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PL. CLI 

ODONTOGLOSSUM GLONERIANUM l. lind. 

ODONTOGLOSSUM ODORATUM var. GLONERIANUM 
ODONTOGLOSSE ODORANT, VARIÉTÉ DE M. PROSPER GLONER 



ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, vol. I, p. il. 

Odontoglossum odoratum. Folia anguste ensiformia pergamenea ; panicula amplissima ; labellum hastatum 
lobis lateralibus rotundatis, intermedio apice subundulato pubescente, disco bidentato; columnae pubescentis cirrhi 
duo runcinati setacei, duo minimi recurvi ; pseudobulbi ovales, acuti, costati ; flores numerosi, suaves ; sepala 
aurea rubro-maculata ; labellum album, basi purpureum (fide Linden). — E diagn. cl. Lindley, in Orchid. Linden 
No 86. L. T. n. 45. 

Crescit in sylvis umbrosis humidisque Venezuelae (Sierra Nevada de Merida), circa 1500-2100™ in altitu- 
dine. Floret Julio-Augusto. ■ — Legit ill. Linden. — Illustr. Hort., tom. XVI, p. 201. 

Odontoglossum Glonerianum varietas maxima, floribus numerosis, maculis porphyreis valde notatis. 



armi les nombreuses formes de Y Odontoglossum odoratum celle-ci est, 
à notre avis, la plus charmante. La tige florale est plus puissante 
et plus gracieuse que chez la plupart des autres variétés ; ses fleurs 
sont aussi mieux colorées, maculées de brun carminé. Nous sommes très 
heureux de la dédier à M. Prosper Gloner, ancien directeur des établissements 
J. Linden, à Gand. 

U Odontoglossum Glonerianum a été introduit du Venezuela en 1886 ; c'est 
une variété floribonde, de robuste croissance, de culture aisée et de floraison 
facile. Elle a été beaucoup admirée en juin dernier, époque où elle fleuris- 
sait pour la première fois en Europe dans les collections de L'Horticulture 
Internationale, à Bruxelles. 

Nous sommes grands admirateurs de Y Odontoglossum odoratum et de ses 
variétés : c'est une Orchidée très suave, utile et fleurissant longuement ; elle 
possède donc de nombreuses qualités et est toute désignée pour la grande culture. 
Ses tiges de fleurs serrées sur la hampe, blanc jaunâtre maculées de brun 
conviennent pour les bouquets et les corbeilles où le blanc n'est pas exigé. Elle y 
est du plus agréable effet et se mélange délicieusement avec les Cattleya et 
d'autres fleurs d'Orchidées. Nous la prônons donc avec conviction et la recomman- 
dons comme une des meilleures aux cultivateurs d'Orchidées pour la fleur coupée. 

h 1 Odontoglossum Glonerianum fleurit en mai-juin, comme la plupart des 
variétés de Y Odontoglossum odoratum, et recommence sa végétation quelques 
semaines plus tard. Les Odontoglossum des régions froides n'ont besoin que 
d'un repos de très courte durée. 



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FUMURE DES ORCHIDÉES 

n publiant l'article suivant, la Rédaction de la Lindenia croit devoir 
faire quelques réserves non pas au point de vue des principes qui y 
sont énoncés, mais bien à propos de l'application pratique de ceux-ci. 
Il serait imprudent, dangereux même de confier au premier venu le soin de 
donner des engrais aux Orchidées, alors que la plupart demandent un traitement 
spécial sous bien des rapports. Réd. 







Faut-il donner de l'engrais aux Orchidées? Pour nous cette question est 
depuis longtemps résolue affirmativement. Il y a quinze ans, un bel exem- 
plaire de Vanda suavis, après une abondante floraison, dans la petite serre aux 
Orchidées du Jardin botanique de Gand, se mit à pâlir et à laisser pendre ses 
feuilles molles et à demi flétries; le dépérissement était général. De l'examen 
auquel ces feuilles furent soumises il résulta que chez elles l'azote avait presque 
complètement disparu. La plante fut l'objet de quelques expériences attentives, 
on lui administra des arrosements dans lesquels cette substance lui était 
prudemment restituée, et bientôt il ne resta plus de trace du dépérissement. 

Comme l'a dit H. Gaerdt dans son excellent ouvrage sur l'emploi des 
engrais en horticulture 00, il importe de donner aux Orchidées cultivées de la 
nourriture absolument comme aux Rosiers ou aux plants de Choux, comme 
également aux arbres fruitiers. On objecte que dans leurs stations naturelles, 
la plupart de nos plantes de prédilection vivent uniquement dans l'air et l'on 
oublie que cet air est tout autre que celui que nous pouvons leur donner dans 
nos serres où leurs racines aériennes ne trouvent pas du tout les éléments 
variés que la nature leur sert abondamment sous le ciel de leur patrie, on 
oublie qu'elles doivent vivre chez nous dans des conditions absolument diffé- 
rentes et l'on voudrait se passer d'améliorer leur situation précaire par elle-même. 

S'imagine-t-on par hasard que ces racines aériennes dont il vient d'être 
question et que certains genres produisent avec tant d'abondance ne seraient 
projetées là que pour remplir les fonctions réservées aux feuilles? N'observe- 
t-on pas avec quelle promptitude ces racines se ramifient dès qu'elles touchent 
le sol? Ces ramifications ne se projettent-elles pas dans toutes les directions 
pour rechercher la nourriture dont la plante a impérieusement besoin? Et 
lorsque ces racines sont parvenues dans un milieu de matériaux qui leur 
convient, non seulement elles prennent une rapide extension, mais il s'en 
forme immédiatement de nouvelles apportant à la plante une somme crois- 
sante de bien-être. Ceux qui ont eu à traiter des Orchidées nouvellement 

(Pour la suite, voir p. 20.) 

(1) H. Gaerdt, Gârtnerische Dûngerlehre. 



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ONCTDIUM MACRANTHUM lindl. 



annemaeker ad nat. del.et pinx. 



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PL. CLII 

ONCIDIUM MACRANTHUM lindl. 

ONCIDIER A GRANDES FLEURS 

ONCIDIUM. Vide Lindenia, I, p. 37. 

Oncidium (Microchila) macranthum ; pseudobulbis ovoideo ampuliformibus leviter sulcatis, foliis lanceolato- 
loriformibus acuminatis strictis, floribus maxiniis, sepalis unguiculatis orbicularibus basi cordatis undulatis obtusis, 
petalis aequalibus conformibus sed unguibus brevioribus, labelli parvi crassi hastati lobis lateralibus deltoideo ovatis 
acuminatis cornutis intermedio elongato-triangulari apice angustato linguiformi acuto, cristae lobis tribus omnibus 
bicornutis, cornubus recurvis, columnae alis rotundatis. 

Oncidium macranthum Lindl. Gen. et Sp. Orchid, p. 205; Fol. Orchid. Oncidium, p. 4; Paxt. Flor. Gard. 
v. 2, p. 126; Bot. Mag., v. XCV, 1869, t. 5743. 

et Oncidium n'est certes pas une nouveauté, mais il est toujours 
et restera longtemps encore un des beaux types du genre et nous 
aimons à rappeler avec Lindley que c'est une espèce magnifique dont 
un seul exemplaire est suffisant pour orner une spacieuse serre où ses grandes 
et nombreuses fleurs admirablement colorées produisent un splendide effet. 
L' Oncidium macranthum a les pseudobulbes ovoïdes, légèrement sillonnés ; 
les feuilles sont lancéolées oblongues, acuminées et striées ; la hampe florale 
porte une grappe de fleurs très grandes, ayant environ 10 centimètres de dia- 
mètre, à sépales oblongs unguiculés arrondis, en cœur à la base, légèrement 
ondulés et obtus, d'un coloris brun pourpré avec du jaune aux extrémités; 
les pétales sont à peu près égaux aux sépales en forme et en grandeur, sauf 
que les onglets sont plus courts ; le labelle est pourpre avec une crête blanche ; 
il est moins grand que les segments voisins, épais et hasté, à lobes latéraux 
un peu en faulx, ovales acuminés, lobe médian allongé, triangulaire, plus 
étroit au sommet, aigu ; les lobes de la crête sont au nombre de trois munis 
chacun de deux cornes recourbées ; les ailes de la colonne sont arrondies. 

L'espèce fut décrite par Lindley d'après des exemplaires récoltés par les 
célèbres voyageurs Ruiz et Pavon et étiquetés comme provenant de Guyaquil. 
Cette indication est probablement erronée. En effet, on peut la considérer 
comme originaire de la Nouvelle Grenade et du Pérou, où elle a été succes- 
sivement retrouvée par les botanistes. Le professeur Jameson l'a rencontrée 
dans les Andes de Quito à une altitude supramarine de 7000 pieds ; elle croît 
bien plus haut encore, puisque Hartweg l'a recueillie à la base du Tanguragna 
à une hauteur de 14000 pieds. 



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importées, savent à quoi s'en tenir à cet égard. Ici on se borne généralement 
à donner aux Orchidées du sphagnum, de la tourbe, du sable qui ne ren- 
ferment que des éléments nourriciers des plus éphémères; là-bas, dans leur 
patrie, les conditions climatériques sont faites pour assurer une décomposition 
non interrompue de matières animales et végétales, de là aussi pour les plantes 
la source inépuisable d'une alimentation incessante. On pense que la jeune 
génération a déjà tiré parti de cette observation ; cela peut être le cas pour ceux 
qui ont fréquenté nos écoles et quelques grands établissements d'horticulture; 
mais le nombre de ceux qui croient que les Orchidées doivent vivre d'eau claire 
est encore le plus considérable. L'Orchid Conférence de Londres, en 1886, a 
abordé cette partie importante de la culture et on y a reconnu que nos plantes 
devaient être traitées comme les autres végétaux de nos serres. Quelle est la 
nourriture qu'il convient de leur donner? 

On reconnaît aujourd'hui que les gaz ammoniacaux mêlés à l'air favorisent 
le développement des plantes, ce qui prouve déjà que celles-ci ne vivent pas 
seulement d'air et d'eau. On sait, du reste, que les espèces épiphytes puisent 
aussi par leurs racines une bonne part de leur nourriture dans les écorces en voie 
de décomposition et que d'ailleurs ces racines, elles-mêmes éphémères, four- 
nissent des éléments précieux aux racines naissantes qui alimentent les pseudo- 
bulbes en voie de formation. Cela seul ne suffit-il pas à démontrer à l'évidence 
qu'il faut aux Orchidées quelque chose de plus que la pluie et la rosée? 

Lorsque Gaerdt institua ses premières expériences, il y a de cela quelque 
30 ans, il acquit la certitude que l'emploi régulier des engrais ajoutait à la 
puissance de la végétation plus spécialement de tous les Calanthe, Zygopetalum, 
Lycaste, Anguloa, Cypripedium, Phajus et autres genres à croissance vigou- 
reuse. Il fit usage de fumier d'étable entièrement décomposé en terreau. Le 
même auteur cite des collections de Cattleya, Laelia, Oncidium, Dendrobium, 
Cypripedium, Lycaste, Aerides, Saccolabium, Vanda, etc., qui furent cultivées, 
il y a déjà 25 ans, dans un mélange de terre provenant d'une couche à cham- 
pignons, avec addition de charbon de bois et de tourbe, sans aucun brin de 
sphaigne. Des Dendrobium cultivés pour la fleur coupée étaient plantés dans 
du sphagnum et de la tourbe reposant sur une couche de fumier d'écurie bien 
sec étendue sur les tessons du pot. Les résultats obtenus furent marquants. 
Il suffisait d'ailleurs de jeter un coup d'œil sur des exemplaires traités de la 
sorte, pour voir bien vite -que les pousses récentes accusaient un développement 
colossal à côté de celui des pseudobulbes et des tiges des années antérieures ; 
l'écart était partout non pas graduel, mais subit et nettement tranché. 

De récentes expériences ont porté sur l'emploi du guano de poissons dont 
la vulgarisation est due à la maison Jensen et C ie , de Brettesnoes et Hennings- 
voer, Iles Loffoden, Norwège, et dont l'usage est appelé, suivant nous, à 
surpasser celui de tous les autres engrais composés. 

(Sera continué.) 






LYCASTE SKINNER1 lindl. var. ALBA 



PL. CLIII 

LYCASTE SKINNERI lindl. var. ALBA 

LYCASTE DE SKINNER A FLEURS BLANCHES 



ÉTYMOLOGIE : Nom d'une Grecque célèbre par sa beauté. 

LYCASTE. Flores ringentes, petalis saepius dissimilibus, in mentum brève productis ; labellum medio 
appendice carnosa transversa intégra vel marginata auctum ; columna elongata, semiteres saepius pilosa; pollinia 4, 
per paria caudiculae angustae elongatae adnata; glandula parva subrotunda, rostellum subulatum. 

Herbae pseudo-bulbosae foliis plicatis ; scapi radicales erecti, uniflori ; flores semper speciosi bractea magna 
spathacea suffulti. 

Lycaste Lindley, Bot. Reg., XXIX, p. 14 (1843), mise. — Walp. Ann. 3, p. 543, VI, p. 602. 

Lycaste Skinneri. Pseudobulbi subrotundi ovati triphylli; folia lanceolata acuta plicata scapo laxe vaginato 
ascendente duplo longiora ; bractea herbacea acuta cucullata ovario multo longiore ; sepala patentia oblongo-lanceolata 
acuta ; petala duplo breviora ovalia erecta supra columnam convoluta apicibus reflexis ; labelli trilobi lobi laté- 
rales erecti truncati, intermedius longior ovato-rotundatus, deflexus, appendice carnosa linguaeformi inter lacinias 
latérales locata; columna subtus pubescens. 

Lycaste Skinneri Lindley, Bot. Reg., XXIX, 1843, p. 15. — Paxt. Mag. of bot. XI, t. 1. 

Lycaste Bateman, Orch. mex. guat. 35. — Bot. Mag. 4445. — Pescatorea, 37. — V. HoUT., Flor. ser. 
IV, 303-304. — C. Morren. Ann. soc. agr. Gand, V. 215, t. 261. 

Maxillaria Skinneri Bateman. Bot. Reg. 1842, mise. 13. 

Crescit in sylvis chiapasanis, Mexico, unde misit vivam in Europam cl. J. Linden, in 1840. 

Lycaste Skinneri var. alba, perianthii segmenta nivea, labellum basi luteolum. 




n illustre poète a dit « tulit alter honores ! » et ces paroles dont 
il connut la réalité, sont toujours vraies dans les relations humaines; 
les Zoïles ne sont pas un apanage réservé aux seuls beaux arts et à 
la littérature ; la charmante Orchidée dont la Lindenia donne aujourd'hui une 
planche, en fournirait une preuve éclatante. En effet, en février 1840, 
M. J. Linden, dont les explorations ont apporté tant de richesses à la bota- 
nique et à l'horticulture, rencontra dans les forêts de San Bartolo (État de 
Chiapas, Mexique W), une gracieuse espèce d'Orchidée à laquelle il donna le 
nom de Maxillaria virginalis et qui devait, sous une autre appellation, devenir 
un des types les plus populaires de la famille. C'est sous le nom de Maxillaria 
virginalis que la plante fut envoyée en Belgique par le célèbre explorateur 
et c'est sous le même nom que, l'année suivante, à l'exposition d'hiver de 
la Société royale de Flore à Bruxelles, elle remporta le premier prix comme 
plante nouvelle. Le baptême en était donc complet. Cela n'empêcha pas 
l'Angleterre de revendiquer pour elle les honneurs de l'introduction première 
ni l'orchidologue Bateman de dédier la plante à celui qui l'importa du Guate- 



(1) Herbier mexicain de J. Linden, n° 1224. 



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mala en Angleterre deux années plus tard, en 1842. La plante aurait dû 
alors garder légalement son nom primitif de Maxillaria virginalis. 

Lorsque Lindley fonda par la suite le genre Lycaste, aux dépens du 
groupe assez confus des Maxillaires, le Maxillaria virginalis passa dans le 
nouveau genre avec plusieurs autres espèces des plus remarquables, telles 
que M. macrophylla, M. cruenta, M. Deppei. Seulement d'après les règles de 
la nomenclature botanique, la plante qui nous occupe aurait dû s'appeler 
Lycaste virginalis J. Lind.; c'était là un droit acquis et imprescriptible que nul 
ne devait méconnaître. Mais soyons bons princes et n'insistons pas. 

Donc le Lycaste virginalis, alias Lycaste Skinneri, est une espèce bien 
connue et répandue dans les cultures. Elle a les pseudobulbes ovales, les 
feuilles lancéolées, la hampe érigée portant une grande et belle fleur dont les 
segments blancs sont teintés de rouge et de rose et dont le labelle trilobé 
est richement panaché de taches et de stries rouge vif. 

Dans la variété blanche, qui mérite à coup sûr d'être répandue dans les 
plus riches collections, toutes les pièces du périanthe se sont dépouillées des 
nuances rouges et roses qui marquent les fleurs du type et sont du blanc le 
plus pur; tout au plus le lobe médian du labelle porte à la base et au sommet 
des deux lobes latéraux une légère teinte jaunâtre. 

Comme le type, la variété ne demande que le traitement de la serre 
tempérée et se recommande à la fois par la facilité de sa culture et l'abon- 
dance de ses fleurs. 



L'ORCHIDÉENNE 

SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES, ÉTABLIE A BRUXELLES 

L'assemblée générale constitutive de L'Orchidéenne a eu lieu le 23 septembre dernier. 

Cinquante-trois membres étaient présents ou représentés. 

Le règlement a été adopté à l'unanimité. 

Les Présidents d'honneur sont : MM, le Baron de Bleichroder, Consul général de S. M. 
Britannique à Berlin, pour l'Allemagne; J. Linden, Directeur de la Lindenia, pour la Belgique; 
Comte du Buysson, auteur de VOrchidophile, pour la France; de Laksberge, ancien Gouver- 
neur général des Indes néerlandaises, pour les Pays-Bas. 

Le Comité directeur a été nommé à l'unanimité, sauf trois abstentions. Il est composé 
comme suit : Président : M. Georges Warocqué, membre de la Chambre des Représentants 
de Belgique; Secrétaire : M. Lucien Linden, rédacteur en chef de la Lindenia, Iconographie des 
Orchidées; Trésorier : M. J. du Trieu de Terdonck, propriétaire. 

L'assemblée a nommé ensuite comme membres du Jury des meetings : MM. F. Kegeljan, 
D. Massange de Louvrex, Jean van Volxem, Ém. Rodigas, G. Miteau, Louis Lubbers, 
J. Moens, A. Van Imschoot, E. Wallaert, A. Lallemand, O. de Meulenaere, Comte 
A. de Bousies. 

La Société L'Orchidéenne est donc régulièrement constituée. 



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PL. CLIV 

MESOSPINIDIUM VULCANICUM rchb. f. 

MESOSPINIDIUM DES RÉGIONS VOLCANIQUES 



ÉTYMOLOGIE. Du grec fisgoo, milieu, et du latin spina, pointe, allusion à la petite pointe qui se trouve 
au milieu de l'anthère. 

MESOSPINIDIUM. Perigonium subcarnosum, clausum. Sepalum summum lanceolatum ; sepala lateralia 
connata, apice bifida, lacinia utraque lancea, basi subsaccata, labello supposita; tepala triangulo-lanceolata acuta, 
sepalis basi vix imbricantibus. Labellum cuneatum, obcordatum, limbo revoluto, carinae duae unguem marginantes 
eboraceae nunc antice lobatae canalem velutinum inter se linquentes, lamella biloba depressa anteposita, subimmo- 
bile. Gynostemium semiteres, antice profonde excavatum. Androclinii limbus utrinque descendens ; rostellum ascen- 
dens, acuto triangulum bicuspidatum. Anthera depresso-mitrata unilocularis, antice retusa, medio cuspidata. Pollinia 
globosa, postice minute perforata. Caudicula linearis basi latior; glandula lancea. 

Mesospinidium Rchb. F. in v. Mohl und v. Schlechtemdal Bot. Zeitung, X, 1852, 929. Xenia Orchid. 

I, 36. 

Genus Odontoglossum Hume., Bonpl., Kunth inter et Brachtiam Rchb. f. (Oncodiam Lindl.) ; ab utraque 
valde diversum rostello, limbo androclinii descendente, labello, mento spurio, gynostemio antice foveato, pollinario. 

Walp. Annales Botanices systematicae, t. VI, 1861. 

Mesospinidium vulcanicum, pseudobulbo ovoideo vel obpyriforme compresso ancipiti marginibus subacutis, 
foliis radicalibus petiolis late vaginantibus, lamina parva vel evoluta oblonga, caulinis ad apicem pseudobulbi geminis, 
late ligulatis carinatis subacutis, pedunculo gracili elongato, bracteis parvis sparsis vaginantibus acutis, floralibus 
pedicellis gracilibus roseis multo brevioribus, racemo inclinato, multi-laxifloro, floribus roseis, sepalis petalisque 
consimilibus oblongo-lanceolatis acuminatis, mento brevissimo, labelli trilobi ungue et disci basi columnae adnatis, 
lobis lateralibus obtusis decurvis erosis, intermedio deflexo breviter late unguiculato subrotundato, marginibus decurvis 
subcrenatis, disci callo 4-carinato, carinis puberulis 2 intermediis longioribus, culumna apice dentata. 

Rchb. f. Gard. Chron., 1872, p. 393. — Bot. Mag., 1872, tab. 6001. 



ans son ouvrage sur Les Orchidées, particulièrement recommandable 
aux gens du monde, M. E. De Puydt, passant en revue les espèces 
cultivées en Europe, cite le petit groupe des Mesospinidium, et dans 
celui-ci deux espèces, « les Mesospinidium sanguineum et surtout vulcanicum, 
gentilles petites plantes pseudo-bulbeuses et épiphytes qui donnent dans la 
serre tempérée froide de longues grappes de fleurs roses. » La floraison 
de plusieurs exemplaires de cette dernière espèce dans les serres de l'établisse- 
ment de L'Horticulture Internationale à Bruxelles l'a mise particulièrement 
en relief cette année. 

Le genre Mesospinidium a été créé par le D r Reichenbach, il y a déjà 
quelque trente ans. Les espèces en très petit nombre qui le composent furent 
détachées par lui du groupe des Odontoglossum avec lesquels elles ont le 
plus d'affinité. Le savant orchidographe a fondé le nouveau genre sur des 
différences suffisamment caractéristiques, bien que celles-ci puissent échapper 
à des yeux profanes. Ainsi les Mesospinidium ont le gynostème presque 




24 



cylindrique et profondément creusé sur le devant, le limbe de l'androclinium 
est retourné vers le bas à droite et à gauche, le rostellum est triangulaire 
et relevé; l'anthère a une seule loge, elle est déprimée, surmontée d'une coiffe 
et pointue vers son milieu, d'où le nom générique; les masses polliniques 
sont arrondies au lieu d'être pyriformes, elles sont perforées en arrière et la 
caudicule est élargie à la base. 

Le Mesospinidium sanguineum a les fleurs plus petites et d'un coloris rouge 
plus foncé que l'espèce représentée par notre planche, il a été découvert dans 
les Andes de Quito. Le Mesospinidium vulcanicum fut rencontré par Spruce 
dans les régions volcaniques du district de Tunguragua, versant oriental des 
Andes, de là son appellation spécifique. Il a les pseudobulbes ovoïdes, parfois 
comprimés, diphylles, les feuilles radicales, lancéolées, engainantes et épaisses. 
La hampe florale naît à la base du pseudobulbe, elle est grêle et longue et 
porte un large racème en panicule lâche, arquée, de nombreuses fleurs d'un 
rose carminé vif avec la base du labelle pourprée, à pédicelles roses. Les 
segments du périanthe ont à peu près la même longueur, les pétales sont un 
peu plus élargis que les sépales; le labelle est trilobé à lobes latéraux obtus, 
le lobe central est défléchi, plus large et bifide au sommet. Le callus du disque 
est muni de quatre carènes duveteuses; le gynostème a le sommet denté. 

L'altitude considérable à laquelle croît cette espèce, dit assez qu'elle appar- 
tient à la serre froide où elle peut être traitée comme les Odontoglossum. 



FUMURE DES ORCHIDÉES 

(Suite, voir page 18 ; voir aussi la note en tête de V article) 

Le guano de poissons fut administré, à très petites doses, à une collection 
répartie en trois serres. Des Lycaste Skinneri devinrent promptement mécon- 
naissables par le développement de leurs pseudobulbes et de leur feuillage. 
Un Cymbidium Lowi, qui d'ordinaire donne deux pousses, en présentait mainte- 
nant une dizaine et montrait des hampes de plus d'un mètre de long. Chez 
les Cattleya et les Laelia l'effet était analogue. Des exemplaires importés de 
Laelia purpurata, vendus fr. 7-50 trois ans auparavant, avaient acquis une 
force inouïe. Un petit pied de Laelia elegans donna l'an dernier d'un seul 
pseudobulbe deux pousses avec des feuilles de o m o5 de large et de o m 25 de 
longueur; les nouvelles feuilles ont une longueur double et o m o8 de largeur. 
M. Gaerdt cite un Cattleya biloba, qui ne parvint pas à fleurir l'an passé et qui 
cette année a donné deux hampes de fleurs. Des Odontoglossum crispum ont 

(Pour la suite, voir p. 26.) 



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25 



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3 




PL. CLV 

EPIDENDRUM NEMORALE lindl. 

ÉPIDENDRE DES BOIS 

EPIDENDRUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 19. 

Epidendrum nemorale, pseudobulbis ovatis, foliis ensiformibus obtusis flaccidis, scapo pedicellis ovariisque 
verrucosis, racemo nutante, sepalis petalisque lineari-lanceolatis acuminatis, labelli trilobi lobis lateralibus subfalcatis 
acutis nanis intermedio ovali crenulato basi serrato bilamellato, columnae auriculis truncatis. 

Epidendrum verrucosum Lindl. in Bot. Reg., 1844, t. 51. — Hooker Bot. Mag., t. 4606. 

'Epidendrum nemorale que l'on trouve étiqueté dans beaucoup de col- 
lections sous le nom à! Epidendrum verrucosum, est une vieille et très 
gracieuse espèce, originaire du Mexique. Sa végétation est vigoureuse, 
ses bulbes sont épais et portent deux feuilles ensiformes, obtuses, longues d'un 
pied et d'un beau vert clair. La tige florale est forte et supporte une ample 
panicule de fleurs ayant individuellement huit centimètres de diamètre; ces 
fleurs sont d'une apparence très remarquable. 

Les Epidendrum, proches alliés des Cattleya, forment un genre très estimé 
et qui compte plusieurs belles espèces. Citons entre autres les Epidendrum vitel- 
linum, sceptrum, prismatocarpum , atropurpureum, Brasavolae, paniculatum, Frederici- 
Guilielmi, ibaguense, eburneum, etc., qui sont des Orchidées de premier ordre. 

Les Epidendrum doivent être cultivés en serre tempérée et peuvent l'être 
sur blocs, quoique la culture en pots soit préférable. Le drainage doit être 
épais ; le sphagnum et la terre fibreuse seront employés à parties égales pour 
le rempotage. La culture générale est celle des Cattleya; mais la température 
pourra être un peu moindre, soit 10 à 12 degrés centigrades l'hiver. Le repos 
devra être d'assez longue durée. 

h'Epidendrum vitellinum, la variété majus spécialement, est une excellente 
Orchidée pour la grande culture. Ses fleurs rouge vermillon produisent un char- 
mant effet dans les bouquets et les corbeilles, surtout quand elles sont mélan- 
gées avec des fleurs blanches. Peu d'Orchidées ont des fleurs aussi éclatantes. 

Tous les Epidendrum émettent leur inflorescence du sommet du bulbe, 
comme les Cattleya, sauf Y Epidendrum Stamfordianum dont la tige florale 
provient directement de la naissance des pseudo-bulbes, comme chez le Cattleya 
nobilior. On voit que les Cattleya et Epidendrum sont proches parents jusque 
dans leurs excentricités. 



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26 



atteint, après deux années, une taille qu'on n'a jamais vue. Il en est de même 
d'un Odontoglossum Uro-Skinneri. Des Odontoglossum pulchellum soumis au même 
traitement du guano de poissons, ont développé des pseudobulbes ayant cinq 
fois le volume des anciens! 

Jamais on ne vit d' Odontoglossum macranthum aussi fort que celui obtenu 
par ce traitement. Des Sophronitis grandiflora en masse se sont développés de 
même, les inflorescences sont littéralement serrées les unes contre les autres. 
Des espèces de Zygopetalum, de Cypripedium, de Cymbidium, YAngraecum 
sesquipedale et bien d'autres ont montré d'une manière éclatante l'effet excellent 
de cet engrais. Un Oncidium Lanceamcm, qui l'année précédente n'avait formé 
qu'une seule pousse, reçut du guano de poissons et, l'année suivante, il émit 
une feuille deux fois plus grande. 

Nous l'avons dit plus haut, la fumure ne fut administrée qu'à très petites 
doses, dans la proportion d'un pot à fleur de o m io de ce guano sur un demi 
hectolitre de terre à Orchidées, le tout parfaitement mélangé de manière à 
former une masse bien homogène. Il serait foncièrement imprudent d'employer 
cet engrais mêlé à de l'eau ; le sphagnum périrait promptement, indice certain 
que les racines des Orchidées ne le supporteraient pas davantage. 

Nous reconnaissons donc avec ceux qui ont traité la question à YOrchid 
Conférence de Londres, que certaines Orchidées ne veulent pas d'engrais azotés 
à leurs délicates racines, nous partageons même l'opinion de celui qui a dit 
que ces plantes sont les blue ribbonists du monde végétal e ), mais nous sommes 
aussi de l'avis de M. E. De Puydt, l'auteur du livre « Les Orchidées, » quand 
il dit que « plus d'une expérience directe a prouvé que les Orchidées, même 
épiphytes, ne sortent pas du plan général de la nature, mais se nourrissent 
à peu près comme les autres plantes. Dès lors, là où les matières assimilables 
sont en quantité insuffisante, il doit être possible, il doit être essentiel d'y 
suppléer par des moyens artificiels ( 2 ). » Quels sont ces moyens? L'auteur que 
nous venons de citer distingue avec raison entre les besoins des espèces 
terrestres et des espèces épiphytes et pour les unes et les autres, il semble 
donner la préférence aux engrais liquides. Depuis longtemps, beaucoup de 
jardiniers anglais considèrent les Orchidées terrestres comme les autres plantes 
de pleine terre, et mêlent au compost une petite quantité de bouse de vache 
en poudre, et ils prétendent s'en trouver bien. 

Quant aux espèces épiphytes, confinées comme elles le sont dans nos serres, 
il est évident qu'elles n'y trouvent pas à leur portée les éléments de nutrition 
dont elles peuvent avoir besoin, à moins qu'on n'ajoute ces éléments à l'air 
ambiant ou à l'eau d'arrosage. 

(Sera continué.) 



(i) L. Castle, Orchids, p. 15. 

(2) De Puydt, Les Orchidées, p. 123. 




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WARREA LINDENIANA henfrey 



emaeker ■ et pwx . 



27 



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43 



PL. CLVI 

WARREA LINDENIANA henfrey 

WARRÉE DE LINDEN 



WARREA. Flores subglobosi, subregulares, mento brevi rotundato. Labellum continuum, indivisum, lineis 
elevatis carnosis in médium. Columna semiteres, clavata. Pollinia 4, per paria in caudiculam brevem linearem inserta, 
glandula triangulari. 

Herbae terrestres, pseudobulbosae. Folia arundinacea. Scapus radicalis elatus apice racemosus. Flores magni 
speciosi. 

Lindl. Bot. Reg., XXIX (1843), p. 14. 

Warrea Lindeniana. Bracteis pedicello quadruplo brevioribus, labelli apice bidentati venis valde convexis flabel- 
latis altis intermedia duplo majore. 

Warrea Lindeniana Henfrey in Garden Mag. Bot., 177. 

Syn. Warrea bidentata LlNDL., Bot. Reg., XXX (1844), Mise. 78. 



e Warrea Lindeniana est une des nombreuses découvertes faites de 1835 
à 1845, pendant ses longs voyages dans l'Amérique méridionale, par 
M. J. Linden. Il la rencontra pour la première fois près de Baiadores, 
dans la province de Merida au Venezuela, et plus tard aux environs d'Ibague, 
dans les épaisses forêts aux pieds du volcan de Tolima, à une altitude supra- 
marine de 4000 pieds. C'est une charmante Orchidée à floraison de longue 
durée et qui mérite d'être cultivée dans les collections les plus choisies. 

Le genre ne se compose que de quelques espèces, trois ou quatre; les 
Warrea cyanea et tricolor sont également très jolies. Ce petit groupe d'Orchidées 
terrestres a été séparé du vieux genre Maxillaria par le docteur Lindley. 




LE PREMIER MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE » 

Le premier Meeting de L'Orchidéenne a eu lieu le 14 octobre 1888, dans la salle d'Expo- 
sition de L'Horticulture Internationale, au Parc Léopold, à Bruxelles. 

Malgré un temps pluvieux et relativement froid, 85 Orchidées parmi lesquelles se trouvaient 
un choix d'espèces et variétés très remarquables, avaient été présentées par un grand nombre 
de membres. 

Le Jury était composé comme suit : 

Président : M. de Lansberge, un des Présidents d'honneur de la Société. 

Secrétaire : M. E. Wallaert. 

Membres : MM. D. Massange de Louvrex, J. Kegeljan, J. Moens, A. Van Imschoot, 
Lallemand, O. de Meulenaere, G. Miteau et L. Lubbers. 

Les opérations du Jury terminées, les plantes ont été placées sur deux grandes tables et 
exposées au public. Celui-ci, composé des plus hautes notabilités de Bruxelles et du pays, était 
très nombreux et se pressait pour admirer toutes les belles variétés d'Orchidées. 



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28 



Nous avons remarqué un magnifique Catasetum Bungerothi, présenté par M. Linden, 
portant sur deux hampes 23 fleurs fraîchement épanouies, d'un blanc d'ivoire le plus pur. 

Nous avons noté aussi un superbe Cypripedium vexillarium, bien fleuri, présenté par 
M. Massange de Louvrex, qui avait envoyé également une belle plante de Cypripedium expansum. 

M. le chev r Lud. Modigliani, de Florence, exposait un Cypripedium Sanderianum, très 
distingué, et M. le comte de Bousies, un Vanda Sanderiana, très admiré. 

M. Peeters avait envoyé plusieurs belles plantes parmi lesquelles nous citerons un 
Odontoglossum vexillarium superbum, très belle variété marquée de lignes rouges sur le labelle ; 
plusieurs variétés de Cypripedium, d'une belle floraison, entr'autres Cyp. oenanthum, riche de 
coloris, Cyp. regale, Cyp. expansum et Cyp. Harrisianum superbum. 

Un beau Laelia Perrini à grandes fleurs d'une teinte très vive était présenté par M. Moens, 
de Lede, qui avait envoyé aussi une forte plante d'Oncidium phymatochilum avec de grandes 
tiges florales d'un mètre de longueur environ. 

M. Wallaert montrait un Cymbidium giganteum superbum et un Oncidium tigrinum 
d'une culture excellente. 

MM. E. Vervaet et C ie , de Gand, exposaient une dizaine d'Orchidées et il en était de 
même de M me Block, de Bruxelles. 

M. Miteau présentait la fleur d'un Miltonia Moreliana, très beau, et M. Van Noten un 
magnifique Masdevallia chimaera à fleurs immenses et de culture parfaite. 

M. O'Brien, de Londres, avait envoyé une collection de fleurs séchées de Disa, Saiyrium, 
Habenaria, Brownlea et autres originaires du Cap, très intéressantes. 

Les récompenses suivantes ont été décernées par le Jury : 

Diplôme d'Honneur 

à M. Linden, pour Catasetum Bungerothi. 

Certificats de Mérite de i re classe. 

à MM. Peeters, pour Odontoglossum vexillarium superbum; 

Chev r Lud. Modigliani, pour Cypripedium Sanderianum; 

Van Noten, pour Masdevallia chimaera; 

Massange de Louvrex, pour Cypripedium vexillarium ; 

Peeters, pour Cypripedium oenanthum; 

Comte de Bousies, pour Vanda Sanderiana; 

Massange de Louvrex, pour Cypripedium expansum ; 

Linden, pour Oncidium crispum miniatum; 

O'Brien, pour fleurs séchées de Disa et autres Orchidées du Cap ; 

E. Vervaet, pour fleur coupée de Cypripedium Harrisianum superbum; 

G. Miteau, pour fleur coupée de Miltonia Moreliana. 

Certificats de Mérite de 2 e classe. 

à MM. Linden, pour Oncidium varicosum Roger si; 
Peeters, pour Cypripedium expansum; 
Moens, pour Laelia Perrini; 
Peeters, pour Cypripedium regale. 

Certificat de Culture de 2 e classe. 

à M. Moens, pour Oncidium phymatochilum. 



Le second Meeting aura lieu le 11 novembre prochain. 






PL. CL 




LEPTOTES BICOLOR lindl. 



29 




PL. CLVII 

LEPTOTES BICOLOR lindl. 

LEPTOTES A DEUX COULEURS 

ÉTYMOLOGIE : Du grec hentoç, mince, étroit, par allusion aux feuilles. 

LEPTOTES. Sepala et petala linearia, subaequalia, patentia; labellum posticum, trilobum, cum columna 
parallelum, laciniis lateralibus nanis circa columnam convolutis, intermedia oblonga marginibus reflexis; columna 
brevis, crassa, semiteres ; anthera hemisphaerica, bifida ; pollinia 6, incumbentia, quorum 2 superiora pyriformia 
obliqua compressa, 4 inferiora inaequalia tenuia, anterioribus duplo minoribus. Caules brèves, teretes, squamis 
vaginati. Folia teretia. 

Lépiotes bicolor. Caulibus brevibus teretibus monophyllis; foliis crassis recurvis supra canaliculatis, pedunculo 
vaginato unifloro, ovario longissimo glabro cylindraceo. Sepalis petalisque linearibus subacutis albis. Labello albo 
acuto trilobo, lobis lateralibus ovatis, lobo medio longissimo marginibus reflexis, disco basi purpureo notato ; columna 
brevi apice sulcata; anthera apice profonde biloba, biloculari. 

Leptotes bicolor LlNDL. Bot. Reg. XXVI, 1840, p. 14 in Mise. — Tetramicra bicolor Bentham. 

Bot. Mag. 40, 3734. 

e Leptotes bicolor a été introduit en Europe, en premier lieu, par 
M me Arnold Harrison, de Liverpool, qui le découvrit dans la Montagne 
des Orgues, près de Rio-de-Janeiro, en 183 1. C'est donc une ancienne 
Orchidée déjà, mais en même temps une espèce toute mignonne, recherchée 
avec raison par les amateurs. Bentham l'a nommée Tetramicra bicolor et 
Reichenbach l'avait fait entrer dans son genre Bletia, dans lequel il confondit, 
pendant quelque temps, les Laelia, les Schomburgkia et les Laeliopsis. Nous 
préférons lui conserver son nom de Leptotes bicolor, sous lequel il est connu de 
tous ceux qui cultivent les Orchidées. 

Le fruit mûr du Leptotes bicolor a une senteur qui rappelle celle de la fève 
de Tonka ou celle de la Flouve odorante, seulement l'odeur est plus péné- 
trante que celle de cette Graminée. Charles Morren en a obtenu des fruits 
par fécondation artificielle. Il les a fait bouillir dans de la crème, puis les a 
glacés; le parfum en était plus doux et moins fort que celui de la Vanille. 
Dans son désir de trouver en tout le côté utilitaire, Charles Morren voyait 
dans ces fruits un moyen de plus de contenter les goûts capricieux de l'homme 
si avide de varier sa nourriture ; pour le glacier, c'eût été une ressource pour 
diminuer chez ses produits l'ennui qui naquit un jour de l'uniformité. Il y aurait 
certainement des essais à faire avec maintes autres espèces d'Orchidées et nous 
ne serions pas du tout surpris de voir la Vanille détrônée par plus d'une rivale. 
Il existe plusieurs variétés du Leptotes bicolor, les unes à fleurs très grandes 
relativement, les autres à fleurs beaucoup plus petites. La variété représentée 
ici est charmante entre toutes et l'exemplaire qui a servi de modèle était 
cultivé dans la perfection. Il nous avait été communiqué par M. C. D..., 



3Q 



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amateur français, qui le cultive avec ses Laelia purpurata, en lui donnant le 
même traitement et en le tenant sur bloc. Il cultive, du reste, avec un égal 
succès et de la même façon, en serre tempérée et sur bloc, la majorité de ses 
Cattleya. Nous l'avons déjà dit souvent, beaucoup de ces plantes se plaisent 
parfaitement, traitées de cette manière et fleurissent abondamment. C'est, quand 
elle réussit, une culture très recommandable et celle qui se rapproche Je plus 
de la façon dont ces admirables Orchidées croissent dans leurs pays d'ori- 
gine, fixées aux branches des arbres ou sur les roches dures, presque toujours 
exposées aux rayons ardents du soleil. 

Dans les serres, les Orchidées sont très capricieuses et ne réussissent pas 
toujours également bien avec des traitements semblables. Il est utile de rappeler 
souvent que la culture doit être appropriée au climat, au milieu où ces plantes 
vont être placées. Il n'y a que l'expérience et la connaissance de la serre qui 
puissent guider le cultivateur. Il se rendra compte, après quelques tâtonnements 
inévitables, du meilleur système de culture à employer, des soins que ses plantes 
demanderont dans la suite. Qu'il continue alors suivant sa propre expérience, en 
se méfiant de ces cultivateurs novices eux-mêmes, qui prétendent tout connaître, 
sont prodigues de conseils, essayent d'imposer leurs fameuses cultures aux débu- 
tants et n'arrivent qu'à décourager le jardinier assez naïf pour s'y laisser prendre. 
L'amateur vraiment connaisseur, utile à consulter, se reconnaît facilement; 
il parle peu de sa science et ne la fait valoir que par ses produits. L'expérience 
lui a appris combien il est difficile d'indiquer une culture fixe pour les Orchi- 
dées, il sait qu'elle dépend souvent de petites causes et que la pratique seule 
peut les faire connaître. Les bons cultivateurs d'Orchidées ont tout appris par 
eux-mêmes et souvent en très peu de temps; mais qu'ils se souviennent toujours 
que la propreté des plantes, de la serre, des pots et du matériel d'empotage 
sera leur meilleur collaborateur. 



Le Brésil a l'Exposition Universelle de Paris en 1889. — Un des attraits 
de la prochaine Exposition Universelle de Paris sera le compartiment brésilien. 
On sait que la flore brésilienne est une des plus riches du monde ; le gouverne- 
ment, d'accord avec le Comité franco-brésilien, a décidé de donner à son 
exposition végétale une importance inusitée. Le Comité fait construire actuelle- 
ment un pavillon qui sera orné, pendant toute la durée de l'Exposition, d'Orchi- 
dées fleuries et des plus beaux échantillons de sa flore incomparable. 

Comme il lui était impossible de songer à transporter en Europe ces 
merveilles, les Orchidées surtout, dans leur fraîcheur, le Comité a délégué des 
membres pour visiter les principaux établissements d'horticulture de France, 
d'Angleterre et de Belgique et a, sur leur rapport, décidé de confier son expo- 
sition végétale à la Société anonyme L'Horticulture Internationale à Bruxelles. 



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ODONTOGLOSSUM HALLI lindley 



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PL. CLVIII 

ODONTOGLOSSUM HALLI lindley 

ODONTOGLOSSE DU COLONEL HALL 



ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, vol. I, p. il. 

Odontoglossum Halli. Pseudobulbi longe acuminati ancipites; folia lineari-oblonga, carinata, 0^30-011140 longa, 
011104 lata; squamae pseudobulbis minores, scariosae; scapi robusti, saepe 011175 alti, basi pseudobulborum orientes, 
primum erecti, dein deflexi ; flores ampli, distantes, bracteolati, diametro omio, sepalis petalisque subconformibus, 
ovato oblongis acuminatis acutis undulatis apice decurvo, atrobrunneis luteo-marginatis maculatisque ; labellum 
columnae tubo adnatum mox deflexum, basi biauriculatum, limbo subpanduriformi albo maculis purpureis, margine 
fimbriato, apice cornuto decurvato, crista in fauce inserta multiradiata aureo-eburnea ; columna erecta, claviformis, 
albida; rostellum obtusum, rostratum faveolatum, alis duabus antice projectis filiformibus ; ovarium cylindraceum 
sulcatum viride. 

Odontoglossum Halli Lindley, Bot. Reg., t. 1992. 

'Odontoglossum Halli a été décrit et nommé par Lindley d'après des 
échantillons recueillis dans la vallée de Lloa, sur le versant du Chim- 
boraço, par le colonel Hall, puis retrouvé sur le Pichincha, au Pérou, 
par Hartweg, et par M. J. Linden, dans les vastes forêts de Pamplona, à une 
hauteur supramarine de 8500 pieds; c'est ce dernier qui l'introduisit en Europe. 
L 'Odontoglossum Halli a été longtemps confondu avec V Odontoglossum 
triumphans Rchb., une autre belle introduction de M. Linden, décrite et figurée 
dans le troisième volume de la Lindenia et très répandue aujourd'hui sous 
son véritable nom dans les collections d'amateurs. 

L 'Odontoglossum Halli est une espèce très robuste, elle a les pseudobulbes 
ovales longuement acuminés, comprimés ancipites non sillonnés; feuilles 
longues de 30-40 centimètres, dressées, étroitement canaliculées carénées à la 
base, puis dilatées en limbe lancéolé aigu un peu contourné, larges de o m 04, 
vert pâle, comme les pseudobulbes. Écailles scarieuses, basilaires, moins 
longues que les pseudobulbes, à la base desquels sont insérées les hampes 
vigoureuses, d'abord dressées, puis défléchies au moment de l'anthèse. Fleurs 
grandes, écartées, à pétiole et ovaire d'abord recourbés sur la hampe, puis 
insérées à angle droit et accompagnées de petites bractées vertes appliquées 
membranacées aiguës. Sépales et pétales de même forme et couleur, étalés, 
donnant à la fleur un diamètre de o m io, ovales oblongs acuminés aigus à bords 
ondulés, à pointe recourbée en arrière, d'une belle couleur marron pourpré 
foncé, à bords et larges taches transversales jaunes. Labelle d'abord soudé en 
tube avec la colonne sur une longueur de o m oi, puis brusquement défléchi et 
élargi en limbe pourvu au sommet de deux oreillettes obtuses, dressées; partie 



33 



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étalée du limbe subpanduriforme blanc maculé de pourpre, frangé sur les bords 
et roulé au sommet en cornet aigu. Crête située à la gorge et composée de 
rayons nombreux, les petits au centre d'un jaune d'or, les inférieurs charnus 
grands, d'un blanc d'ivoire. Colonne dressée, claviforme, blanc rosé, sur- 
montée d'un rostellum obtus au sommet, à longue pointe infléchie en forme 
de bec et située au centre d'une cavité ovale, puis canaliculée jusqu'à la base; 
oreillettes jaune pâle filiformes à pointe marron, projetées en avant; masses 
polliniques obovoïdes à caudicule comprimée aplatie; style aminci, stigmate 
mucilagineux. 

ÏJ Odontoglossum Halli xanthoglossum Rçhb. f. est une très belle et très 
distincte variété à très grandes fleurs, avec des sépales et pétales très larges; 
le labelle est également grand et large, d'une couleur jaune foncé pointillé 
d'un brun rouge, h' Odontoglossum Halli leucoglossum Rchb. f. est une variété 
supérieure, ayant le labelle blanc et très large. 

Ainsi que la plupart de ses congénères des régions froides, cet Odonto- 
glossum est de culture très facile; comme elles, il demande une atmosphère 
saturée d'humidité et très fraîche. Arrosements copieux. 

Nous disons, plus haut, que les Odontoglossum Halli et triumphans ont 
été introduits en Europe par M. J. Linden. Il nous paraît intéressant, à ce 
propos, de citer les Odontoglossum découverts ou introduits par le directeur 
de la Lindenia : 



Odontoglossum brevifolium, 
» constrictum, 



coronanum, 

crispum (Alexandrae), 

cristatum, 

crocatum, 

densiflorum, 

dipterum, 

Halli, 

hastilabium, 

Lindeni, 

Lindleyanum, 

Lucianianum, 

luteo-purpureum, 



Odontoglossum naevium, 

» nebulosum, 

» nevadense, 

» odoratum, 

» Pescatorei, 

» Phalaenopsis, 

» praenitens, 

» ramosissimum, 

» Reichenheimi, 

» Schlimi, 

» tripudians, 

» triumphans, 

» Wallisi, 

» vexillarium. 



Nous ne mentionnons dans cette nomenclature que les espèces types, sans 
parler des innombrables variétés qu'elles ont produites. La citation des nom- 
breuses introductions faites depuis cinquante ans par M. Linden, sources 
intarissables de profits pour le commerce horticole, pourrait inspirer plus 
de modestie aux nouveaux venus dans la carrière, à ceux qui s'imaginent, 
aujourd'hui, être les inspirateurs du mouvement orchidéen. 



PL. CUX 




CYPRIPEDIUM MASTERSIANUM rchb. p. 



. 



no«i 



33 




PL. CLIX 

CYPRIPEDIUM MASTERSIANUM rchb 

CYPRIPÈDE DU D r M. T. MASTERS 



CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium Mastersianum. Affine Cypripedio Bulleniano : foliis obscurissime marmoratis ; pedunculo valido 
elongato pilosulo ; bractea ovario pedicellato multo breviori ; sepalo impari ovali transverso ; sepalis connatis multo 
minoribus apice bidentatis angustis labello multo brevioribus ; tepalis amplis oblongis obtusis divaricatis ; labelli 
calceo obtusissimo amplo, ore antice emarginato angulis obtusis erectis ; laciniis lateralibus involutis valde papu- 
losis; staminodio oblongo postice bidentato, antice profonde emarginato laciniis lateralibus semioblongis obtusis 
interjecto denticulo minuto in sinu. 

Cl. Mastersio nostro dicatum. 

H. G. Rchb. f. in Gard. Chron., 1879, p. 102. 



part les caractères scientifiques dont on a pu lire la description 
ci-dessus, ne se croirait-on pas en présence d'un de ces hybrides 
nombreux produits par l'horticulture moderne et qui finiraient par 
dérouter les botanistes, s'ils ne pouvaient avoir une confiance entière dans les 
affirmations de ceux qui opèrent les croisements dans leurs serres? La plante 
en effet rappelle par son feuillage le type des C. venustum et par sa fleur 
elle a quelque chose du C. insigne. Toutefois, elle provient des îles de l'Ar- 
chipel malais d'où elle fut reçue vers 1878 dans l'établissement Veitch qui 
lors de la floraison en fit part à l'orchidologue hambourgeois M. Reichenbach. 
La plante qui a servi de modèle au peintre de la Lindenia a une origine 
identique; elle provient également des îles de la Sonde et lors de sa floraison, 
au mois de juin dernier, chez M. van Lansberge, président de L'Horticulture 
Internationale, à Bruxelles, elle fut reconnue immédiatement pour l'espèce 
dont le nom est inscrit en tête de cet article. 

Lors de sa première apparition, M. le prof. Reichenbach décrivit la 
plante dans le Gardeners' Chronicle. « Voici une curieuse nouveauté, dit-il, 
avec de grandes fleurs donnant vaguement l'idée d'un Cypripedium tel que le 
C. insigne quant à la forme, mais ayant les feuilles qui caractérisent le groupe 
des C. venustum, bien que la réticulation des feuilles soit très peu prononcée. 
Le pédoncule est pourpre foncé, assez long. La bractée est très courte. 
L'ovaire est recourbé, très poilu. Le sépale supérieur ou impair est large, 
ovale, transversal, vert avec un large bord blanc, d'un charmant effet. Le sépale 
conné est beaucoup plus étroit, vert et bidenté au sommet. Les tépales sont fort 
larges, obtus, transversalement disposés, de couleur cuivrée, marqués de nom- 
breux et jolis points foncés et d'une bordure ocre vers la partie inférieure de 



34 



la base. Le labelle est largement ouvert, brun ayant les marges jaune ocre ; 
il est très développé. Le staminode est nuancé ocre marqué de deux bandes 
brunes, tridenté par derrière, bilobé à l'intérieur avec un sinus très profond. » 

Notre planche fait fort bien ressortir, sans les exagérer, les divers caractères 
de cette remarquable espèce qui possède en outre l'excellente qualité de la solidité. 

A la demande du premier introducteur, M. Reichenbach dédia l'espèce 
à notre confrère et ami M. le D r Maxwell T. Masters qui rédige avec 
autant de modestie que de profonde science le Gardeners' Chronicle, le plus 
important organe de l'horticulture. 



LE DEUXIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE 



Le deuxième Meeting de L'Orchidéenne a eu lieu le n novembre 1888, dans le grand 
hall de la Société anonyme L'Horticulture Internationale, à Bruxelles. 

La température était froide, il avait gelé la veille 5 degrés centigrades; malgré ce fâcheux 
contretemps, le Meeting était assez nombreux et 55 charmantes Orchidées étaient exposées. 

Nous y avons remarqué de très belles fleurs coupées envoyées par M me Gibez, à Sens, 
et notamment : une hampe magnifique d' Oncidium Forbesi, deux forts thyrses de Zygopetalum 
crinitum coeruleum, une tige avec trois fleurs d'un beau Cattleya Loddigesi maculé, deux fleurs 
d'un joli Cattleya Dormaniana, un Ansellia africana aurea et un Warscewiczella velata très beau; 

une très intéressante variété du Cypripedium Harrisianum étiquetée polychromum, exposée 
par M. le D r Carnus, à Louviers; 

un magnifique Oncidium Marshallianum, ayant une tige avec 43 fleurs, exhibé par 
M. Linden. Le même exposant présentait six belles plantes bien fleuries d' Odontoglossum crispum, 
un Cymbidium Mastersi avec trois tiges florales, un Cypripedium Dauthieri formosum, remar- 
quable, ainsi qu'un Odontoglossum grande fastuosum, d'une coloration très foncée et à labelle 
différent du type; 

une inflorescence du Vanda Batemani, présentée par M. le Chev r Ludovico Modigliani, 
de Florence; 

une belle variété sombre du Cypripedium Spicerianum, un Cypripedium Chantini, un 
C. selligerum et un C. Leeanum de M. Miteau ; 

une forte plante bien fleurie et bien cultivée du Cypripedium Harrisianum de M. le 
Notaire Moens ; 

une vigoureuse tige florale de YOncidium Forbesi maximum, apportée par M. le Comte 
de Bousies; 

Quelques très jolies fleurs étaient apportées par M me de Cannart d'Hamale, parmi lesquelles 
de belles inflorescences de Vanda coerulea, Vanda tricolor planilabris, Vanda suavis Rollissoni, 
Cypripedium callosum, C. Crossianum, C. Harrisianum, C. Chantini, C. oenanthum superbum 
et Epidendrum sceptrum. 

M. Peeters exhibait quelques belles Orchidées : Cypripedium nitens superbum, C. Harri- 
sionum, C. tessellatum porphyreum, Cattleya maxima Backhouseana, Oncidium species, One. 
Forbesi et Odontoglossum Harryanum. 

M. Wallaert présentait un Oncidium tigrinum, très bien fleuri, un Cypripedium Chantini 
atratum et un C. tonsum. 

Le Jury, présidé par M. J. Linden, un des présidents d'honneur de la Société, était composé, 
en outre, de MM. Wallaert, secrétaire, Moens, Massange de Louvrex et Miteau, membres. 

(Pour la suite, voir page 36.) 







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PL. CLX 

VANDA COERULEA griffith 

VANDA A FLEURS AZURÉES 



VANDA. Vide Lindenia, vol. I, p. 47. 

Vanda coendea. Caule subbipedali, foliis distichis loriformibus canaliculatis apice profonde et inaequaliter 
emarginatis Griff. (aequalibus truncatis bilobatis acutis Lindl.) quam maxime coriaceis basi se invicem amplexan- 
tibus ; racemis erectis multifloris axillaribus multo folia cum scapo longissimo superantibus flexuosis ; bracteis scariosis 
minimis ovatis applicatis ; floribus maximis tenerrime coeruleo-violascentibus ; laciniis perianthii valde inaequalibus 
patulis impresse fenestrato-venatis margine undulatis omnibus breviter unguiculatis ; externorum supremo angustiore 
oblongo elliptico apice rotundato plicatim antiçe emarginatulo ; aliis duobis deflexis quam caeteris multo majoribus 
latere interno rotundatim valde dilatato versus apicem semel intraflexo ; internis obovato-lanceolatis erectis cum 
ungue torso ; omnibus unguiculatis carnosulis; labello quam segmentis aliis multo minore trilobato, lobis basil. dila- 
tatis in cornua incurvis, mediano subattenuato apice bilobato, lobulis his corniformiter divaricatis, prope apicem 
trilamellato, lamella mediana magis prominente; calcare brevi grosso obtuso; gynostemate brevissimo dorso rotun- 
dato ventre excavato basi ad junctionem macula triangulari donato. 

Vanda coerulea Griff. Itin. notes., p. 88. Lindl. Bot. Reg., sub. t. 30 (1847) ; in Paxt. Flow. Gard., I, t. 36. 
Fol. Orchid. Vandae, n° 18, p. 8 (Ï853). Ch. Lem. Jard. fleur., I, t. 102. Illustr. Hort., VII, tab. 246. 



ême après l'introduction du Vanda Sanderiana, nous n'hésitons pas à 
dire que l'espèce qui nous occupe est bien la plus ravissante du genre. 
C'est avec un réel enthousiasme qu'elle fut saluée lors de son apparition 
en Europe et les expressions laudatives que l'illustre orchidographe J. Lindley 
employa pour la décrire, sont encore parfaitement de mise aujourd'hui que nous 
sommes bien plus habitués à voir passer sous nos yeux de brillantes Orchidées. 
Cette glorieuse plante, la plus noble peut-être des Orchidées indiennes, 
comme l'a qualifiée l'auteur précité, fut découverte par Griffith, dans les monts 
Khasya, à une altitude supramarine de 800 mètres, près des rives du Borpanee, 
croissant sur des Gordonia, dans des forêts de pins et de chênes, parmi lesquels 
se trouvent des Bauhinia, des Randia, des Phyllanthus, des Canna. Lors de 
leur exploration des montagnes de l'Inde, J. D. Hooker et T. Thompson ren- 
contrèrent l'espèce dans les mêmes parages, mais à une altitude de 1200 mètres. 
L'honneur d'avoir le premier introduit cette merveilleuse plante — c'est 
encore Lindley qui parle — revient à Thomas Lobb qui l'envoya à MM. Veitch 
à Exeter et Chelsea. Aujourd'hui elle existe dans les meilleures collections. 

Elle appartient au groupe des Lamellaires qui ont le labelle auriculé, 
dressé, muni d'un éperon et portant une à trois lames perpendiculaires. La 
hauteur de la tige varie de o m 6o à 1 mètre. Les feuilles sont coriaces, distiques, 
engainantes à la base, bilobées au sommet, quelquefois trilobées, entamées par 
un ou deux sinus laissant deux ou trois pointes aiguës; ces feuilles ont de 




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36 



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12 à 15 centimètres de long sur environ 2 de large. Les scapes sont axillaires, 
ils portent chacun un racème assez serré de douze à quinze fleurs de toute 
beauté mesurant une dizaine de centimètres de diamètre. Ces rieurs portées sur 
un long pédoncule rosé se distinguent par l'extrême délicatesse du coloris de 
leurs segments qui sont d'une nuance du plus bel azur sur laquelle ressort la 
couleur pourprée du labelle qui est fort petit, linéaire-oblong et divisé au 
sommet en deux lobes incurves en forme de cornes; sur son disque il porte 
trois lamelles à oreillettes triangulaires, acuminées; l'éperon est courbe. 

Les segments du périanthe sont inégaux, ouverts, plans, très obtus; le 
sépale supérieur est le plus petit, les deux autres sont défléchis; les pétales 
latéraux sont dressés et tordus à la base de l'onglet; cette torsion existe quel- 
quefois aussi pour les sépales. 

Indépendamment de sa grande beauté, le Vanda coerulea possède une autre 
qualité très appréciée, celle d'être d'une culture aisée en serre tempérée froide 
où chaque année il donne une abondante floraison. 

La planche qui accompagne cette description a été faite d'après une magni- 
fique inflorescence qui nous a été très obligeamment communiquée par M me Gibez, 
à Sens, dont les cultures nous paraissent être parfaitement comprises, à en juger 
d'après les quelques beaux échantillons que nous avons eus sous les yeux. 



DEUXIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE » (voir page 34) 

Le Comité directeur était représenté par MM. Lucien Linden, secrétaire de la Société, 
et du Trieu de Terdonck, trésorier. 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Certificat de Mérite de i re classe 

au Cypripedium Harrisianum polychromum, par acclamation, de M. le D r Carnus, de Louviers; 
à 1 Ansellia af ricana aurea de M me Gibez, de Sens ; à VOncidium Forbesi maximum de 
M. le Comte de Bousies, de Mons ; au Vanda coerulea de M me de Cannart d'Hamale, de 
Malines; au Cypripedium callosum de M me de Cannart d'Hamale, de Malines; au Cypri- 
pedium nitens superbum de M. Peeters, de S'-Gilles. 

Certificat de Mérite de 2 e classe 

au Zygopetalum crinitum coerulescens de M me Gibez, de Sens; à VOncidium Marshallianum 
de M. Linden, de Bruxelles; à VOdontoglossum grande fastuosum de M. Linden, de Bruxelles; 
au Cypripedium Chantini de M me de Cannart d'Hamale, de Malines; à VEpidendrum sceptrum 
de M me de Cannart d'Hamale, de Malines ; au Cypripedium tessellatum porphyreum de 
M. Peeters, de S'-Gilles; à VOncidium cheirophovum de M. Miteau, de Jette; au Cypripedium 
Chantini atratum de M. Wallaert. 

Certificat de Culture de i re classe 

au Cypripedium Harrisianum de M. Moens, de Lede et au Cypripedium Harrisianum de 
M. Peeters, de S'-Gilles. 




SOPHRONITIS GRANDIFLORA lindl. 



3 annemaeker ad. nat. ciel, et pinx. 



37 



PL. CLXI 

SOPHRONITIS GRANDIFLORA lindl. 

SOPHRONITE A GRANDES FLEURS 

ÉTYMOLOGIE : Du grec aiôcpqwv, pur et modeste. 

SOPHRONITIS. Perigonii foliola patentia, exteriora aequalia, libéra; interiora conformia, paulo angustiora. 
Labellum basi cum gynostemate connatum, integrum, cucullatum, linguaeforme, medio crista transversa simplici. 
Gynostema apice utrinque alatum, alis integris supra cristam labelli conniventibus. Anthera terminalis, octolocularis, 
cardine crasso. Pollinia 8, antice et postice parallela, caudicula duplici pulveria. 

Herbae brasilienses, monophyllae ebulbosae, racemis axillaribus effusis paucifloris, fîoribus rubris majusculis. 

Sophronitis Lindl., Bot. Reg., t. 112g. — Lindl., Gen. Plant., 1397. 

Sophronitis grandiflora : Pseudobulbis oblongocylindraceis, junioribus spathaceis, apice monophyllis ; folio 
elliptico, petalis elliptico-rotundis, sepalis oblongo-lanceolatis subduplo minoribus ; labello trilobo, lobis lateralibus 
incurvis, obtusis, intermedio acuminato-planiusculo. 

Sophronitis grandiflora Lindl., Sert. Orchid., t. 5, f. 9. Bot. Mag., t. 3709. — Cattleya coccinea Lindl., 
Bot. Reg., 1919. — Epidendre ponceau Descourtils, j. c, 10, p. 27. 

ette plante est de la même catégorie que beaucoup de belles Orchi- 
dées, telles que les Laelia, les Barkeria, les Bletia, les Cattleya, avec 
lesquels on a d'abord confondu une espèce voisine sous le nom de 
Cattleya coccinea, les Epidendrum dont le nom a servi pour désigner la tribu. En 
voyant la jolie fleur de notre mignonne Orchidée, on éprouve le même plaisir 
qu'à la vue des premières fleurs printanières qui ornent nos campagnes. De 
même que nos Marguerites émaillent de blanc et de jaune les verts tapis de 
nos gazons, les Sophronites garnissent d'écarlate et de pourpre les manteaux 
de mousses qui recouvrent le roc des montagnes les plus hautes des pro- 
vinces de Rio-Janeiro, et les troncs des petits arbres qui croissent sur les 
pics, au milieu des brouillards presque éternels. 

Dans ces parages, la ravissante espèce de Sophronite, reproduite par la 
planche ci-jointe, émet des myriades de fleurs, car elle est très florifère et chaque 
pousse donne, même en serre, certainement une fleur. Celle-ci a de o m o8 à o m io 
et présente son périanthe étoile dont les trois sépales linéaires, oblongs, acu- 
minés, sont beaucoup moins larges que longs et environ trois fois moins 
larges que les deux pétales ; le sépale supérieur est dressé et les deux infé- 
rieurs sont rapprochés à la base de la fleur, de sorte que les sépales paraissent 
être les bissectrices d'un triangle isocèle à base étroite. 

Les pétales s'étendent ouvertement de chaque côté de la fleur, en com- 
blant, par leur largeur, le grand espace qui existe entre le sépale supérieur 
et chacun des sépales inférieurs. Ces pétales sont ovés-lancéolés, un peu ondulés, 
à peine atténués, même obtus et un peu sinués au sommet. 




38 



Le labelle forme autour du gynostème une espèce de gorge, dont l'entrée 
qui est la crête, porte deux petites bosses ou saillies rapprochées l'une de 
l'autre, et laissant entre elles une petite fossette ou sinus qui se prolonge dans 
l'intérieur de la gorge. Il a trois lobes dont les deux latéraux sont très 
développés, dressés et incurvés. Ces lobes sont connivents par leurs bords 
supérieurs et de forme cucullée ou représentant une sorte de capuchon qui 
enveloppe le gynostème. Le lobe médian a une longueur égale à la moitié 
de tout le labelle, il est acuminé, linguiforme et se projette en avant comme 
une langue pointue. 

Le gynostème porte de chaque côté une aile entière et déprimée ; cette 
paire d'ailes est connivente en dessous de la colonne et au dessus de la crête 
du labelle. 

Les pseudobulbes sont fascicules, cylindriques, atténués aux deux extré- 
mités, monophylles ; ils naissent, ainsi que la feuille et le pédoncule, dans 
des squames engainantes, membranacées. La feuille est elliptique-oblongue, 
coriace, d'environ o m o5 et presque aiguë. Le pédoncule, qui est plus court 
que la feuille, naît du sommet du pseudobulbe; il est presque nutant et porte 
une seule fleur. 

Le genre des Sophronitis se distingue des Epidendrum à laquelle il appar- 
tient, parce qu'il a une anthère octoloculaire et huit pollinies presque trian- 
gulaires, qui sont groupées sur deux rangs par séries de deux, et logées par 
quatre dans le clinandre. Il comprend cinq espèces parmi lesquelles le S. cernua 
donne de toutes petites fleurs en grappes pendantes; les autres espèces sont 
comme le S. grandiflora, uniflores ou rarement biflores. Le S. coccinea a une 
fleur écarlate ou vermillonnée et plus petite que le S. grandiflora, mais il lui 
ressemble beaucoup. La fleur du S. militaris est d'un rouge militaire anglais, 
et celle du S. violacea est violette ; enfin le S. pterocarpa a les fruits ailés. 

Le S. cernua vit en épiphyte sur les troncs des grands arbres des forêts 
chaudes et humides de la province de Bahia, au Brésil ; aussi exige-t-il un 
peu plus de chaleur pour sa culture que les autres espèces de Sophronite. 
Celles-ci et notamment le vS. coccinea et le S. grandiflora, peuvent facilement 
être cultivées en serre froide, car elles se reposent de novembre à fin mars 
et supportent alors une température très basse, même seulement un peu 
au dessus de zéro, pourvu qu'on ne les arrose pas ; il leur faut beaucoup d'eau 
et d'air pendant la croissance, ainsi que beaucoup de lumière. En fleurs elles 
font beaucoup d'effet, quand elles sont disposées sur des troncs qu'elles gar- 
nissent bien vite entièrement et qu'on suspend dans les endroits de la serre, 
où le peu de place ne permettrait pas de mettre de grandes plantes. 

Ch. Vasseur. 



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ODONTOGLOSSUM RADIATUM rchb. f. 



taeker ad. nat, ciel, ci pïnx. 



39 



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PL. CLXII 

ODONTOGLOSSUM RADIATUM rchb. f. 

ODONTOGLOSSUM LUTEO-PURPUREUM var. RADIATUM 
ODONTOGLOSSE STRIÉ 

ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, vol. I, p. n. 

Odontoglossum luteo-purpureum var. radiatum, sepalis petalisque valde striatis. 

a section des Odontoglossum luteo-purpureum a produit des variétés hors 
ligne. Les Od. amplissimum, cuspidatum 7 facetum, Hinnus,Mulus, radiatum, 
sceptrum, qui se divisent eux-mêmes en différentes sous-variétés, sont 
les plus remarquables. Celle qui nous occupe, ressemble un peu à la variété 
cuspidatum platyglossum et est vraiment charmante. 

L'espèce-type a été découverte en 1842 par M. J. Linden dans les forêts 
de Quindiu, dans la Cordillère centrale de la Nouvelle Grenade, à 8000 pieds 
d'élévation et c'est d'après ses herbiers que le D r Lindley, le grand orchido- 
graphe anglais, la décrivit dans ses Orchidaceae Lindenianae. 

U Odontoglossum luteo-purpureum est répandu sur une aire très vaste dans 
la région des Odontoglossum de la Nouvelle Grenade ; il croît habituellement 
entre 7000 et 9000 pieds d'altitude. Parfois on le trouve en compagnie des 
Odontoglossum crispum et il est dès lors évident que ces deux magnifiques Odonto- 
glossum ont pu se féconder mutuellement et produire de nombreuses variétés. 

Un fait à remarquer, c'est le peu, le très peu d'espèces nouvelles d'Odonto- 
glossum introduites dans ces dernières années. Les seules nouveautés, à part 
deux ou trois exceptions, qui aient paru, sont des variétés trouvées parmi des 
introductions à' Odontoglossum crispum et luteo-purpureum. Depuis les grandes 
découvertes faites personnellement par le directeur de la Lindenia ou par 
ses voyageurs, aucun type nouveau saillant n'a été introduit. YJ Odontoglossum 
Harryanum lui-même n'a pas tenu ses promesses. Les collecteurs des maisons 
anglaises semblent ne parcourir depuis lors que les mêmes régions et n'intro- 
duire que les mêmes plantes. M. J. Linden, qui dirige les voyages d'exploration 
de L'Horticulture Internationale, fait explorer actuellement des contrées 
nouvelles qui paraissent être très riches en Odontoglossum, à en juger d'après 
les introductions déjà faites et les dernières lettres des collecteurs. Nous croyons 
que l'année prochaine sera fertile en agréables surprises et que le genre qui 
mérite le plus les faveurs des orchidophiles, s'enrichira de quelques nouveautés 
de mérite qui lui donneront une vogue plus accentuée encore. 



4 o 



C'est vers les Odontoglossum, genre qu'il a déjà doté de tant de belles 
espèces (nous renvoyons nos lecteurs au « Manual of Orchidaceous plants » de 
MM. Veitch and Sons, i re partie, les Odontoglossum), que le directeur de la 
Lindenia a porté de nouveau toute son attention ; c'est vers les pays qu'il a 
parcourus si longtemps lui-même qu'il guide ses collecteurs, après cinquante 
ans, persuadé qu'ils contiennent encore des trésors végétaux et que sa veine 
d'introducteur n'est pas terminée ! 

L'Odontoglossum est pour l'amateur d'Orchidées la plante la plus agréable 
et celle dont la vogue se maintient avec raison le plus longtemps; elle ne 
réclame qu'une température très basse, facile à procurer. Pourvu que la serre 
soit bien claire et bien aérée, la plante y pousse presque continuellement 
sans grands efforts de culture, sans aucun de ces caprices dont tant d'autres 
Orchidées offrent de multiples exemples. 



ORCHIDÉES INTÉRESSANTES EN FLEURS 

DANS LES SERRES DE « L'HORTICULTURE INTERNATIONALE » PENDANT LE MOIS 

DE NOVEMBRE IÉ 



Aganisia cyanea. 

— tricolor. 
Angraecum Sedeni. 
Cattleya chocoensis alba. 

— — Miss Nilsson. 

— exoniensis. 

— labiata autumnalis. 

— ■ (Laelia) elegans picturata. 

— maxima Hrubyana. 
Coelogyne Massangeana. 
Cypripedium Ashburtoniae expansum. 

— calurum. 

— cardinale. 

— Dauthieri formosum. 

— euryandrum grandiflorum. 

— Harrisianum superbum. 

— — " Bousiesianum. 

— Leeanum superbum. 

— Leechi. 

— Moensianum. 

— nitens Van Houttei. 

— politum. 

— praestans illustre. 

— regale. 

— Sallieri Hyeanum. 

— Schlimi bellulum. 



Cypripedium Schroederae. 
Laelia anceps Stella. 

— — Boddaerti. 

— Grusoniana. 

— Perrini nivea. 

— superbiens. 
Odontoglossum Boddaertianum. 

— Coradinei grandiflorum. 
— ■ hebraicum. 

— mirandum. 

— Pescatorei grandiflorum. 

— radiatum. 

— Wilkeanum albens. 
Oncidium cucullatum. 

— — nubigenum. 

— macranthum hastiferum. 
— ■ orthotis. 

— serratum. 

— tigrinum. 
Phalaenopsis rosea leucothanta. 

— amabilis casta. 

— Schilleriana alba. 
Vanda cœrulea. 

— Lindeni. 
Etc., etc. 



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COMPARETTIA FALCATA poepp. et endl. 



De P annemaeker ad. nat. ciel, et pinx. 



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PL. CLXIII 

COMPARETTIA FALCATA poepp. & endl. 

COMPARETTIE EN FAULX 

ÉTYMOLOGIE. Genre dédié par Poeppig et Endlicher au botaniste André Comparetti, professeur 
à Padoue, qui le premier se rendit compte de la nature des vaisseaux spiraux. 

COMPARETTIA. Perianthium ringens. Sepalum intermedium et petala nana, libéra, subgaleata, lateralia in 
unum connata, calcaratum labello suppositum. Labellum liberum, explanatum, obcordatum, unguiculatum, basi calca- 
ribus duobus intra sepalorum calcar abscunditis. Columna libéra, erecta, mutica. Pollinia 2, postice foveata, caudiculae 
uncatae rostratae adnata. 

Herbae epiphytae, pseudo-bulbosae, racemis terminalibus. 

Comparettia falcata, foliis sessilibus, racemo pendulo laxo paucifloro, labelli lamina subrotundo-oblonga calcare 
subulato breviore. 

Poepp. et Endl. Nov. Gen. et Sp. Plantarum, I, p. 42, tab. 73. Lindl. in Benth. PI. Hartweg. 93 : in 
montibus arcutino et medio monte Mexici. Lindl. Orchid. Lind., p. 24. Rchb. F. in Bonpl., II, 280. Bot. Mag., 4980. 
— Comparettia rosea Lindl., Bot. Reg., XXVI, 1842, Mise. 186. 

a charmante Orchidée qui nous occupe est encore une des très nom- 
breuses introductions dues à M. J. Linden, qui la découvrit, au mois 
de juillet 1842, croissant en épiphyte sur les Psidium et Crescentia, 
dans le voisinage de Mérida, à une altitude de 5000 pieds. Lindley en fait 
mention dans ses Orchidaceae Lindenianae, sous le n° 126. 

Le genre auquel elle appartient ne compte que trois espèces, peut-être 
même seulement deux, si l'on admet que le Comparettia rosea Lindl. ne serait 
qu'une forme de l'espèce qui nous occupe. Ce sont des plantes épiphytes, pseudo- 
bulbeuses, ayant les fleurs disposées en racèmes terminaux. Celles-ci ont le 
périanthe ridé, le sépale supérieur ou intermédiaire et les pétales très petits, 
libres et formant presque un casque; les sépales latéraux sont connés en un 
seul posé sous le labelle et se terminant en éperon. Le labelle est libre, 
aplani, obeordé, unguiculé, terminé à la base par deux éperons cachés à l'inté- 
rieur de l'éperon des sépales. Le gynostème est libre, érigé, mutique, portant 
deux masses polliniques présentant un creux postérieurement et fixés sur une 
caudicule recourbée, terminée en un long bec. 

Le Comparettia falcata a les feuilles sessiles, obovales, d'un beau vert; 
le racème est pendant, à fleurs peu serrées, au nombre de sept ou huit, d'un 
rouge carminé brillant. Les pétales assez larges, sont arrondis, brusquement 
acuminés, concaves inférieurement et relevés dans leur moitié supérieure ; les 
sépales sont plus étroits, ovales-lancéolés, rétrécis à la base. Le labelle est 
grand, bilobé et plus court que l'éperon qui est subulé; les deux lobes allongés 
et arrondis sont séparés par une dépression médiane longitudinale plane, relevée 




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de deux lamelles. Le Comparettia rosea diffère surtout de l'espèce qui précède, 
par ses feuilles plus petites, plus étroites, moins nombreuses, ses fleurs d'un 
joli rose. Le labelle du C. falcata est sillonné de nombreuses veines d'un 
beau pourpre foncé. 

A la forme gracieuse de ses fleurs, le C. falcata joint la précieuse qualité 
d'une floraison de longue durée. En outre, l'altitude de sa station naturelle, 
près de 2000 mètres, indique que la plante n'exige pas la température de la 
serre chaude ; lorsqu'elle est fleurie, elle constitue un précieux ornement de la 
jardinière de salon. 



CATTLEYA HARDYANA. — Ce Cattleya, extrêmement rare et d'une grande 
beauté, est regardé comme un hybride naturel issu des C. aurea et Gigas. 
Il a fleuri au mois de septembre dernier, dans les serres de L'Horticulture 
Internationale, à Bruxelles. Pour la végétation, il ressemble au C. Gigas, 
mais ses fleurs qui mesurent i ra 20 ou même davantage en diamètre, offrent 
un élégant mélange des coloris de celles de ses deux parents. Leurs sépales 
et pétales sont d'un pourpre rosé; leur labelle est très large dans sa partie 
antérieure dont la couleur est un beau rouge-magenta, et il offre, près de la 
gorge, deux macules latérales, comme deux yeux, d'un beau jaune, la gorge 
elle-même étant jaune, rayée de pourpre intense. A leur beauté ces fleurs 
joignent le mérite d'exhaler une excellente odeur. Cette magnifique plante doit 
être tenue dans la partie la plus chaude d'une serre tempérée, près des vitres. 



CATTLEYA CRISPA BUCHANANIANA. — Cette plante constitue la plus 
belle variété connue du C. crispa, espèce introduite et cultivée depuis long- 
temps, mais qui était quelque peu discréditée parce que, dans plusieurs de 
ses formes, elle a le défaut de ne pas étaler le labelle de ses fleurs, qui 
cachent ainsi le trait principal de leur beauté. Ce défaut n'existe pas dans la 
variété dont il s'agit ici. Dans celle-ci, les sépales et les pétales sont d'un 
blanc pur; le labelle, dont la base est enroulée autour de la colonne, est 
blanc aux bords, mais sa portion antérieure, qui est ample, est cramoisi rosé, 
avec un réseau blanc vers le bord, qui est gracieusement crépu ; la gorge, 
d'un beau jaune, est rayée de cramoisi pourpre. La plante entre en végéta- 
tion après avoir fleuri; dès lors, si on la tient au repos pendant l'hiver, on 
l'empêche de fleurir. Il en est de même pour toutes les variétés de la même 
espèce, et c'est faute d'avoir tenu compte de cette particularité que beaucoup 
de cultivateurs d'Orchidées lui ont fait à tort la réputation d'être peu flori- 
fère. Or, elle fleurit bien, quand elle est convenablement traitée, et sa floraison 
a lieu à un moment où les fleurs d'Orchidées sont rares. 



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PL. CLXIV 

ONCIDIUM FORBESI hook. var. MAXIMUM 

ONCIDIER DE FORBES A TRÈS GRANDES FLEURS 

ONCIDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 37. 

Oncidium Forbesi. Pseudobulbis oblongis sulcatis compressis monophyllis, folio lanceolato coriaceo, sCapo 
paniculato multifloro, sepalis recurvo-patentibus petalisque (duplo majoribus) obovatis undulatis subunguiculatis, 
labelli disco basi tuberculato-cristato lobis lateralibus parvis oblongis intermedio maximo flabelliformi, columnae 
alis parvis angulatis. 

Oncidium Forbesi HoOK. Bot. Mag., 13, 183g, t. 3705. 

Oncidium Forbesi var. maximum, florum partibus valde majoribus. 

'Odontoglossum Forbesi, cette ancienne espèce, mérite une place dans 
les meilleures collections. Lors de son apparition elle fut signalée 
par W. Hooker, comme étant rare même dans sa patrie, la Sierra 
des Orgues où elle fut découverte, en spécimen unique, en 1837, par le zélé 
collecteur Gardner qui l'expédia au duc de Bedford. Elle fut dédiée au chef 
de culture Forbes qui avait la charge de conserver à Woburn Abbey une 
des plus riches collections de plantes de cette époque. Elle a beaucoup 
d'affinité avec Y Oncidium crispum, mais la panicule est plus grande et porte 
une abondance de fleurs autrement colorées et marquées; les caractères du 
gynostème suffisent d'ailleurs à établir la distinction spécifique. 

Voici la description donnée par l'auteur précité. « Pseudobulbes petits 
relativement à la grandeur de la plante, oblongs, comprimés, sillonnés, émettant 
une feuille solitaire, lancéolée, coriace, plutôt aiguë, de couleur vert foncé. 
La hampe florale naît à la base du pseudobulbe, elle atteint plus de 35 centi- 
mètres et porte une grande et belle panicule de nombreuses fleurs. Les sépales 
sont obovales, petits, quelque peu onguiculés, gauffrés, recourbés-ouverts ; les 
pétales deux fois plus grands, sont obovales, arrondis, brièvement onguiculés ; 
les pétales et les sépales sont du plus riche coloris rouge brun maculé de 
jaune surtout autour de la marge ; les sépales sont marqués d'un bord de 
même couleur et verdâtres en dessous. Le labelle, du même coloris, est trilobé, 
le disque porte à la base une crête à tubercules inégaux, jaunes, tâchés de 
brun ; les deux lobes latéraux sont fort petits, oblongs, le lobe médian est 
grand et en forme d'éventail. Le gynostème est petit et court, avec deux 
ailes étroites et dentées. Les masses polliniques sont jaunes, pédonculées et 
portent un gland ou caudicule petite, oblongue. » 

L'espèce type est sans contredit une des plus belles du genre. La belle 
variété dont la Lindenia présente ci-contre le portrait, et qui est caractérisée 



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44 



par des fleurs beaucoup plus grandes, fut exposée par M. le comte de Bousies 
au second meeting de la Société L'Orchidéenne à Bruxelles, et y obtint un 
certificat de première classe. 



LE TROISIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE » 

Le troisième Meeting de L'Orchidéenne a eu lieu dimanche 9 décembre 1888, dans le 
grand hall de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles, avec le même succès que les 
deux précédents et la même affluence de visiteurs. 

Le jury, présidé par M. J. Linden, un des présidents d'honneur de la Société, était 
composé de MM. L. Lubbers, secrétaire; A. Van Imschoot, 0. de Meulenaere, G. Miteau 
et Lallemand, membres. 

Le Comité directeur était représenté par MM. Lucien Linden, secrétaire et du Trieu 
de Terdonck, trésorier. 

Les Orchidées suivantes ont été les plus remarquées : 

YOdontoglossum Cervantesi roseum, variété nouvelle et des plus charmantes, ayant les 
fleurs d'un rose pourpre tendre, exposée par M. Alfred Van Imschoot; 

les Cypripedium politum et Argus Morreni, ainsi qu'une belle variété maculée d'Odonto- 
glossum crispum, de M. Miteau; 

les Cypripedium selligerum et Leeanum, de M me de Cannart d'Hamale ; 

les Laelia Grusoniana, variété nouvelle et très belle, dans le genre du nouveau 
L. Gouldiana; Aganisia discolor ; Warscewiczella Wailesiana ; Cattleya chocoensis Miss 
Nilsson; Trichosma suavis, forte plante bien fleurie; Odontoglossum Pescatorei grandiflomm 
et mirandum; Phalaenopsis rosea leucothanta, très rare, de M. Linden; 

les Cypripedium Schlimi bellulum et niveum; un Angraecum virens, très bien cultivé et 
un Odontoglossum bictoniense albescens, de M. le chevalier Ludovico Modigliani, de Florence; 

les Cattleya Mendeli autumnalis, Trianae Massangeana ; Cypripedium Schroederae; Onci- 
dium Forbesi superbum; Ly caste Skinneri alba et Odontoglossum grande superbum, de M. Peeters; 

les Cypripedium Spicerianum et Dayanum superbum, de M. Lallemand; 

le Cypripedium euryandrum, de M. le comte de Bousies. 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Diplôme d'Honneur 

au Laelia Grusoniana de M. Linden, à l'unanimité. 

Certificat de Mérite de i re classe 

aux Odontoglossum Cervantesi roseum de M. A. Van Imschoot, à l'unanimité; 
Oncidium Forbesi superbum de M. Peeters, à l'unanimité; 
Odontoglossum Pescatorei grandiflorum de M. Linden; 
Odontoglossum mirandum de M. Linden; 
Cypripedium Schroederae de M. Peeters; 
Ly caste Skinneri alba de M. Peeters. 

Certificat de Mérite de 2 e classe 

au Cattleya chocoensis Miss Nilsson de M. Linden. 



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CIRRHOPETALUM PULCHRUM n. e. be 






45 



PL. CLXV 

CIRRHOPETALUM PULCHRUM n. e. brown 

CIRRHOPETALUM REMARQUABLE 



ÉTYMOLOGIE : Du grec xiçooç, basané et néxulov, pétale ; par allusion au coloris dominant des fleurs. 

CIRRHOPETALUM. Sepalum posticum liberum brève, lateralia multo longiora angusta vel acuminata 
interdum longe caudata, basi parum dilatata, columnae pedi adnata, parallèle patentia vel dependentia, interdum 
alte cohaerentia. Petala sepalis lateralibus multo breviora, saepius postico subsimilia, ovata vel lanceolata, intégra 
vel ciliata vel fimbriata. Labellum basi contractum, cum pede columnae articulatum vel mobile, in pedem incum- 
bens, superne recurvurn, integrum, vel ad basin laminae utrinque auriculatum. Columna erecta, brevis, basi in 
pedem producta, superne bialata, alis utrinque in dentem vel brachium erectum productis ; clinandrium postice 
truncatum vel in dentem brève productum. Anthera terminalis, opercularis, incumbens, depresso hemisphaerica, 
inappendiculata decidua ; pollinia cerea, ad normam 4, per paria in loculos segregata, saepius tamen cujusve 
paris plus minus connata ita ut duo tantum in anthera appareant, inappendiculata. Capsula ovata vel oblonga, 
nunc fere fusiformis. — Herbae caule seu rhizomate repente radicante, habitu Bulbophylli. Pseudobulbi ad axilla 
vaginarum scariosum apice i-foliati. Scapi floriferi ad latera pseudobulborum aphylli, pluri-vaginati. Flores saepe 
speciosi, racemo in umbellam contracto, circa apicem scapi penduli, rarius pedicellis abbreviatis subcapitati vel 
pedicellis dissitis laxius racemosi. 

Bentham et Hooker, Gênera Plantarum, vol. 3, p. 504. 

Cirrhopetalum pulchrum. Pseudobulbi brevi, tetragoni. Folia oblonga, basi angustata apice obtusa emarginata, 
crassa. Scapi 4-5 poil, longi, erecti. Umbellae circiter 7-florae. Pedicelli 1/2 poil, longi. Sepalum posticum orbi- 
culatum concavum, apice setaceocuspidatum , purpureum fusco-purpureo punctatum. Sepali latérales in lamina 
lineari-oblonga obtusa 1 1/4 poil, longa flavida purpureo-maculosa connatum. Petali falcati purpurei. Labellum 
lineari-oblongum, recurvurn, purpureum. Habitat Halmahera. 

a remarquable et élégante espèce nouvelle de Cirrhopetalum dont la 
Lindenia présente le portrait est une des plus belles de ce genre 
quelque peu étrange. La forme des fleurs rappelle celle du sabot dans 




certains Cypripèdes; les sépales latéraux sont unis, sauf à la base, en un limbe 
convexe allongé, d'un coloris jaune pâle pointillé de pourpre; les pétales et 
le labelle pourpre foncé se montrent à l'aperture de la base du limbe, tandis 
que le sépale dorsal arrondi, de couleur pourpre foncé, est muni d'une longue 
pointe semblable a une soie, de sorte que chaque fleur en particulier a un 
aspect des plus coquets. Chaque ombelle porte environ sept fleurs qui sont 
épanouies en même temps. La tige rampante est revêtue d'écaillés brunes 
et porte de distance en distance des bulbes courts, tétragones, qui sont à peu 
près aussi longs que larges. 

Cette jolie et intéressante Orchidée a été introduite de Halmahera par 
M. Linden en 1886. Elle semble avoir de l'affinité avec le Cirrhopetalum 
elegans S. et B., qui nous est connu seulement par sa description; toutefois, 
nous la considérons comme différente de cette espèce et de toutes les autres 
qui ont été décrites. Sa beauté et son aspect curieux lui assurent la faveur 
de tous les amateurs d'Orchidées. N. E. Brown. 



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LA CULTURE DES ORCHIDÉES DE L'AFRIQUE MÉRIDIONALE 

(Traduit du Gardeners- Chronicle, n° 106, vol. V, 5 janvier 1889) 

Lissochilus. — Ces Orchidées qui, au point de vue de leur beauté, ont 
été désignées non sans raison comme les Cattleya de l'Afrique méridionale, 
comptent parmi celles qui sont le plus mal cultivées de nos jours dans nos 
serres — je parle principalement de leur traitement pendant les temps de crois- 
sance et de repos. Je mentionne tout particulièrement les espèces terrestres 
à rhizomes comme les Phajus, par exemple le Lissochilus Krebsi, dont la culture 
est beaucoup plus facile dans une serre froide ombragée ou sous châssis. 

Le point décisif du succès dans la culture de toutes les Orchidées de 
l'Afrique méridionale et, en effet, de toutes les autres consiste à les traiter 
d'une manière telle qu'elles puissent accomplir leur croissance annuelle dans 
les douze mois — ni plus ni moins — et que la température, l'arrosage et 
d'autres circonstances soient réglés de façon que le travail de végétation ou 
le repos de chaque saison puisse s'accomplir sans que l'un empiète sur l'autre. 

Les plus jolis Lissochilus proviennent de terrains plats où ils poussent 
sur le bord des fleuves ou à proximité de ceux-ci et même quelquefois jusqu'au 
bord de la mer, dans le sable pur. En effet, la plupart des Lissochilus importés 
montraient à l'évidence par leurs racines qu'ils avaient poussé dans une terre 
très sablonneuse qui ressemblait soit à de la fange sablonneuse soit au 
sable des chaussées et parmi lesquels se trouvent rarement des traces de fibre. 
En conséquence, je les ai empotés dans un compost sans fibre — tourbe 
sablonneuse, feuilles sèches mêlées de sable, etc. — en couvrant légèrement 
les racines et en les gardant sèches jusqu'à ce qu'elles montrent des indices 
de végétation. J'ai trouvé qu'ils prospéraient beaucoup mieux en les empotant 
comme les Disa, car suivant la manière que l'on emploie généralement, ils 
périssent le plus souvent. La fin de l'été ou de l'hiver est l'époque de végéta- 
tion, cependant elle diffère pour différentes espèces; il vaut mieux en tout cas 
attendre les premiers indices de végétation pour donner de l'eau. Les Lisso- 
chilus n'ont pas besoin de forts arrosages pendant leur croissance; après celle-ci 
et vers le temps de repos, indiqué par la teinte jaunâtre que prennent les 
feuilles, ils demandent seulement très peu d'eau ou presque rien du tout, ces 
plantes étant en beaucoup de cas cultivées comme le Nerine Fothergilli écar- 
late déjà cité comme exemple pour la culture des Orchidées du Cap. Dès le 
commencement de la végétation et pendant tout l'hiver, les Lissochilus pous- 
seront bien sous une température de i6° c. environ, si on les place à un endroit 
bien éclairé, dans une serre dont l'air n'est pas fort chargé d'humidité, tandis 
que pendant leur repos, une tablette dans la serre des plantes de Nouvelle- 
Hollande ou un châssis bien aéré leur convient admirablement. 

(Sera continué.) 



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CYPRIPE 1ARRISJANUM POLYCHROMUM hort. 



47 



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PL. CLXVI 



CYPRIPEDIUM x HARRISIANUM POLYCHROMUM hort. 



CYPRIPÈDE DU D r HARRIS, VARIÉTÉ A COULEURS DIVERSES 



CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium Harrisianum X (barbato-villosum), foliis ligulatis acutis apice argute tridentatis, dente medio 
setaceo, pedunculo villoso; bractea spathacea ancipiti apice tridentata quam ovarium villosum subduplo breviori; 
sepalo dorsali late oblongo acuto villoso et glandipili, sepalo inferiori oblongo acuto ; petalis ligulato-oblongis 
obtuse acutis, utroque limbo setiferis; labelli sacco conico medio descendenti angulato, utrinque triangulo cornuto, 
limbo minute setifero, unguis canalis limbo a basi angustata dilatato subclauso, disco interno setifero; staminodio 
dilatato postice emarginato trilobo, antice trifido, lacinia média triangula parva, laciniis lateralibus obtusangulis. 

H. G. Rchb. F., in Gard. Chron., 1869, p. 108. 



la forme curieuse de l'hybride, la plante qui est dépeinte sur la 
planche ci-contre de la Lindenia, ajoute une coloration toute parti- 
culière justifiant assez bien l'épithète de polychromum que lui a donnée 
son obtenteur. Les dessins hiéroglyphiques répandus sur le labelle donnent 
à l'ensemble de la fleur un aspect étrange qui fait songer aux panachures 
que l'on rencontre sur les ascidies de certains Nepenthes. Cette variation s'est 
produite dans la belle collection de M. le D r Carnus, à Louviers (Eure). Un 
certificat de mérite de première classe lui fut décerné par acclamation lors du 
2 me meeting de l'Orchidéenne à Bruxelles. La plante fleurissait pour la troisième 
fois exactement de la même façon. 

L'hybride type, Cypripedium Harrisianum, dédié au D r Harris d'Exeter, 
qui fut l'initiateur de M. Dominy dans l'œuvre si remarquable qu'il entreprit 
à l'établissement Veitch en effectuant le croisement de plusieurs espèces 
d'Orchidées, est bien connu des amateurs. Il fit sensation il y a vingt ans dans 
le monde horticole et dans le monde botanique. Le savant orchidographe de 
Hambourg, le professeur Reichenbach le décrivit alors con amore avec tous 
ses détails, dans le Gardeners' Chronicle. Les feuilles de cet hybride, dit-il, 
« sont ligulées, plus étroites que celles du C. barbatum, plus larges que celles 
du C. villosum, tridentées, avec une dent médiane en brosse, comme dans le 
C. barbatum, luisantes comme celles du C. villosum, et marquées de nombreux 
signes hiéroglyphiques quadrillés et vert foncé comme dans le C. barbatum. 
Le pédoncule est pareil à celui du C. villosum. Il en est de même de la 
qractée qui est carénée ensipitée et en forme de gaine, mais ayant seulement 
la moitié de l'ovaire avec moins de poils que celle du C. villosum; elle est 
verte et violacée. Le sépale supérieur a la base plus large que celui de cette 
dernière espèce et se rapproche plus de celui du C. barbatum, mais il est 



48 



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couvert d'une pubescence plus dense. Les stries violacé foncé, au lieu d'être 
distinctes, sont confluentes, de sorte que la majeure partie semble être d'un 
pourpre noirâtre, n'étant blanchâtre que près du sommet. Il est très luisant. 
Le sépale inférieur est ovale triangulaire, vert blanchâtre à nervures vertes et. 
quelques stries purpurines près du limbe et non luisant. Il est tout à fait 
intermédiaire sous ce rapport entre les deux parents. Les pétales sont ouverts 
à angles droits, ils sont ligules, ovales aigus, poilus au dessus et au dessous 
comme dans le C. barbatum, plus étroits que dans le C. villosum, très brillants, 
d'un coloris de vin d'Oporto avec une ligne très foncée sur les nervures 
médianes; les nervures sont vertes en dessous, violacé très foncé au dessus. 
Ces organes sont intermédiaires entre ceux des deux parents, mais si l'on 
examine les poils disposés sur les marges, ils se rapprochent plus de ceux du 
C. villosum. La poche du labelle est conique avec deux cornes latérales dressées, 
obtuses, près de l'orifice; le limbe de l'onglet est retourné vers l'intérieur. 
Elle est d'un coloris de vin d'Oporto vif avec deci-delà une teinte verte ; des 
deux côtés du limbe il y a des taches brun foncé avec des soies autour de 
l'ouverture de la poche et de belles soies foncées à l'intérieur. Le labelle est 
très luisant à la base de l'onglet, mais ailleurs il est presque opaque. Le 
staminode ressemble le plus à celui du C. barbatum, il est transversal, émar- 
giné à la base et les lobes basilaires s'infléchissent et se rapprochent du côté 
du dos comme dans le C. barbatum. La partie antérieure est divisée en trois 
lobes, les lobes latéraux étant obtus, tandis qu'ils sont aigus dans le C. bar- 
batum, et porte une dent médiane aiguë. Sur le disque il y a quelques veines 
réticulées vert foncé comme dans le C. barbatum ainsi qu'une très petite callosité 
ensipitée au lieu du grand callus du C. villosum. La lame du stigmate est 
brusquement stipitée comme dans le C. barbatum. Le gynostème est entouré 
de soies raides comme dans le C. villosum. 

« Cet hybride fut obtenu par l'application du pollen du C. barbatum sur 
le stigmate du C. villosum, les couleurs sont beaucoup plus brillantes et en 
même temps plus foncées que dans le C. villosum. La fleur est plus petite que 
celle de ce dernier et aussi grande que celle des plus grandes variétés du 
C. barbatum. » 

M. Reichenbach termine la description de cette fleur en insistant sur la 
valeur que des productions analogues peuvent avoir au point de vue de l'im- 
portante question de l'espèce. En effet, les intermédiaires obtenus par la 
pollination artificielle d'espèces nettement déterminées, peuvent fournir, par 
voie d'analogie, des échelons qui manquent aujourd'hui entre d'autres espèces 
voisines et peut-être déjà liées par des liens semblables. Mais ce n'est pas ici le 
lieu de nous étendre sur ce point. Bornons-nous à constater que le C. Harri- 
sianum lui-même a déjà fourni de superbes variétés à fleurs vernissées presque 
noirâtres. 



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LINDENIA 



PL. CLXVI 




VANDA TRICOLOR lindl. 



P. De Pawwmaeker ad nat. del. et fmx. 



49 




PL. CLXVII 

VANDA TRICOLOR lindl. 

VANDA TRICOLORE 

VANDA. Vide Lindenia, vol. I, p. 47. 

Vanda tricolor, foliis distichis canaliculatis racemo paucifloro longioribus, sepalis coriaceis unguiculatis obo- 
vatis obtusis, labello aequilongo trilobo per axin trilineato (quadrilineato Blume), calcare brevi obtuso, laciniis 
lateralibus rotundatis intermedio convexo cuneato emarginato latioribus. 

Vanda tricolor Lindl., in Bot. Reg., 1847 SUD - taD - 59 et in Paxton's FI. Gard., 11 (april 1851) p. ig, 
tab. 42. Hook. Bot. Mag., t. 44, 32 (mart. 1849). Var. maculis perianthii paucioribus et majoribus. Flore des 
Serres, VI, p. 329 cum. ic. 

Vanda suaveolens Blume Rumphia, IV, p. 49 (ann. 1848) et Mtis. Bot. Lugdun. Bat. I, p. 62, fig. 17. 

ne brillante Orchidée présentant quelques superbes inflorescences excitait 
dernièrement l'admiration des visiteurs du pavillon central de la Société 
L'Horticulture Internationale à Bruxelles. Elle émergeait des beaux 
feuillages des végétaux d'ornement disposés autour d'elle et aurait fini par les 
faire oublier par sa distinction et son incomparable splendeur. C'est qu'elle 
est belle, en effet, cette Vandée javanaise dont la bigarrure florale n'est 
égalée que par l'étrangeté de la forme. 

Le Vanda tricolor Lindl. fut découvert à Java par Blume qui, dans ses 
écrits, lui donna l'appellation de Vanda suaveolens à cause de la douceur du 
parfum exquis qui caractérise ses fleurs, et le place sous ce rapport sur la même 
ligne que le Vanda suavis. L'espèce n'a pas eu de peine à faire son chemin 
dans le monde et bien que son introduction dans les serres européennes, due 
au fameux collecteur Thomas Lobb, remonte à plus de quarante ans, elle 
est toujours également estimée par les orchidophiles, par ceux du moins qui 
ne tiennent pas exclusivement à un genre unique. Elle appartient à la section 
des Euvanda de Lindley, qui renferme les V. concolor, V. insignis, V. Roxburghi, 
V . suavis, V . teres et quelques autres espèces. Elle a les feuilles distiques, 
canaliculées, plus longues que l'inflorescence ; celle-ci comprend un nombre 
variable de grandes fleurs disposées en racème, blanches à l'extérieur, jaunâtres 
en dedans, généralement tachées de brun et à labelle rosé. Les sépales et 
les pétales sont très consistants, onguiculés, obovales et obtus; le labelle 
qui a la même longueur, est trilobé, à peine calleux à sa base, marqué en son 
milieu de trois lignes saillantes (d'après Blume, ces lignes seraient au nombre 
de quatre), et présente un éperon court et obtus. Les lacinies latérales sont arron- 
dies et plus larges que le lobe médian qui est convexe, échancré et en coin. 

Par son port et son mode d'inflorescence, le Vanda tricolor se rapproche 



M 



50 



□ 



beaucoup du V. Roxburghi, mais il en diffère par ses racèmes plus courts 
et par ses grandes fleurs marquées de taches et non pas tessellées ; en outre, 
les lobes basilaires du labelle sont arrondis et non terminés en pointe crochue. 

La culture et la nature ont produit un certain nombre de variétés de Vanda 
tricolor dont plusieurs sont estimées. Parmi elles, nous citerons les suivantes : 

V. tricolor cinnamomea, à fleurs d'un beau jaune foncé avec macules couleur 
canelle disposées en lignes. 

V. tricolor flava, à fleurs entièrement jaunes sauf une macule violacée 
au milieu du labelle. 

V. tricolor pollens, à fleurs crème jaunâtre parsemées de taches irrégulières 
brunes. 

V. tricolor planilabris, à fleurs ayant le labelle plan et de couleur rouge 
pourpre; les pétales et sépales sont jaune citron avec larges mouchetures brunes. 



LES CYPRIPÉDIÉES. — Nous venons de recevoir et de parcourir avec le 
plus vif intérêt ce nouvel ouvrage publié par la maison Godefroy-Lebœuf 
à Argenteuil et rédigé par MM. A. Godefroy et E. Brown, de Kew. 

Les Cypripédiées sont publiées en fascicules, contenant huit espèces avec 
huit planches en couleurs parfaitement exécutées et huit tableaux analytiques. 
M lle Koch s'est chargée de ce travail et a parfaitement réussi. 

Le I er fascicule des Cypripédiées est en vente au prix de 20 francs, en 
France chez M. Godefroy-Lebœuf, en Belgique aux bureaux de la Lindenia. 

Nous sommes heureux de souhaiter la bienvenue et un grand succès aux 
Cypripédiées et prions nos lecteurs de leur accorder leur bienveillant appui : 
l'œuvre le mérite sous tous les rapports. 



MANUAL OF ORCHIDACEOUS PLANTS, CULTIVATED UNDER GLASS IN 
GREAT BRITAIN, par James Veitch et fils. — La quatrième partie de ce manuel, 
Les Cypripedes. vient de paraître. La première partie concerne les Odontoglossum, 
la deuxième les Cattleya et Laelia, la troisième les Dendrobium. C'est un 
ouvrage très important > destiné à rendre de grands services à l'horticulture ; 
mais il convient de constater que les auteurs ont omis systématiquement de 
citer la Lindenia ainsi que les nombreuses nouveautés qui y ont été décrites. 

Il nous est arrivé souvent, dans le courant des quatre volumes de la 
Lindenia, de rencontrer le nom de MM. Veitch comme introducteurs et semeurs 
d'Orchidées et nous n'avons jamais manqué de leur rendre ce qui leur revenait. 

La chose est sans conséquence pour nous; elle dénote seulement une 
fois de plus, le peu de courtoisie confraternelle que les Anglais en général 
témoignent à leurs collègues du continent. 






CA1TLEYA CHOCOENSIS lind. & M NILSSON 



5i 




PL. CLXVIII 

CATTLEYA CHOCOENSIS lind & and. var. MISS NILSSON 

CATTLEYA DU CHOCO 

CATTLEYA. Voir Lindenia, vol. I, p. 15. 

Cattleya chocoensis, pseudobulbi oblongo-clavati, sulcati; folia oblonga basi attenuata apice plus minusve 
emarginata; spatha elongata colorata obtusa; flores gigantei subcampanulati vel rosacei, sepalis sessilibus late ovatis 
(haud unguiculatis) plicato-undulatis textura delicatissima, varie coloratis, labello cucullato infundibuliformi, lamina 
quam C. labiatae et var. minus expansa. 

In Novae Granatae provincia dicta Choco ad rivos fluminis Atrato legit Wallis 1868. 

Cattleya chocoensis. Illustr. Hort., 1870, p. 37, et 1873, p. 43. 

e n'est plus à un seul type d'Orchidées que nous avons ici affaire, 
disait L'Illustration Horticole en 1873, mais à une véritable tribu de 
variétés importées en 1868 par M. Linden du Rio Atrato (Nouvelle 
Grenade) et dont tous les individus, malgré leur différence de nuances, ont 
toujours montré les fleurs campanulées qui nous ont porté à y voir une forme 
nouvelle bien définie. 

En effet, tous les Cattleya de la section labiata, comme toutes les variétés 
classées sous les titres généraux de Trianae, dans lesquels sont venus se fondre 
tous les anciens quadricolor et bogotensis, sont caractérisés par des fleurs étalées, 
très ouvertes, à sépales et pétales disposés comme les ailes d'un moulin 
à vent. Rien de pareil dans les plantes du Choco dont nous parlons. Les divi- 
sions intérieures des périanthes, au lieu d'être onguiculées, comme pédicellées, 
sont au contraire sessiles, élargies dès la base et toutes viennent former une 
fleur presque aussi régulièrement campanuliforme ou rosacée que dans certains 
Lis. Cette disposition est très frappante; elle se reproduit dans toutes les 
plantes et il n'y a pas à les confondre avec une autre. Le labelle lui-même, 
on le dirait, veut concourir à cette disposition en réduisant ses dimensions, 
ramenant son extrémité à la largeur des deux autres pétales et effaçant les 
couleurs éclatantes qu'il revêt sur tant d'autres espèces. 

Les couleurs nous ont paru assez variables pour ne point nous y appe- 
santir dans l'énoncé des caractères distinctifs des Cattleya du Choco. Elles 
ont généralement montré : le blanc pur avec une tache jaune en forme d'ancre 
sur le labelle ; le blanc mélangé de rose violacé très tendre ; les pétales rosés, 
carnés, légèrement rayés à l'intérieur, enfin les tons intermédiaires entre ces 
deux nuances. 

La variété que nous représentons ici est charmante et a été très admirée au 
3 e meeting de L'Orchidéenne, où elle obtenait un certificat de mérite de 2 e classe. 



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52 



LE QUATRIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE » 

Le quatrième Meeting de L'Orchidéenne a eu lieu dimanche 13 janvier 1889, dans le 
pavillon central de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles ; il a eu un grand succès. 
Quarante-cinq Orchidées étaient exposées parmi lesquelles plusieurs variétés remarquables. Les 
visiteurs ont été très nombreux. 

Le jury, présidé par M. Massange de Louvrex, se composait de MM. Lubbers, secrétaire; 
Van Imschoot, de Meulenaere, Lallemand, Miteau et comte A. de Bousies, membres. 

Le Comité directeur était représenté par MM. Lucien Linden, secrétaire de la Société, et 
du Trieu de Terdonck, trésorier. 

Les Orchidées suivantes ont été le plus admirées : 

Cypripedium Stonei Hyeanum, variété d'élite, ayant une tige florale portant cinq grandes 
fleurs et Cypripedium Morganiae, de M. J. Hye, de Gand; 

Odontoglossum luteo-purpureum avec six belles tiges florales ; Odont. triumphans, bien fleuri ; 
Cypripedium vernixium et Leeanum superbum, de M me de Cannart d'Hamale, de Malines ; 

Cattleya Maesereeliana, variété nouvelle, superbe et Cattleya Trianae Lucianiana, variété 
brillante et distincte; Ly caste sp. nova, de MM. E. Vervaet et C ie ; 

Laelia autumnalis, Cypripedium Sedeni et Phalaenopsis Sanderiana, de M. Ch. Vasseur; 

Odontoglossum Boddaertianum et Phalaenopsis Schilleriana portant une tige florale avec 
quarante fleurs, de M. le chevalier Lud. Modigliani, de Florence; 

Cypripedium nitens Van Houttei, de M. Lallemand ; 

Phalaenopsis amabilis et Cypripedium Schlimi albiflorum, de M. G. Miteau; 

Cypripedium Argus bifiorum, Leeanum superbum, Roebellini longipetalum, très belle 
variété à longs pétales; le rare Calanthe masuea; Laelia superbiens et deux belles variétés 
de Cattleya Trianae, de M. Linden, de Bruxelles; 

Odontoglossum sulphureum; Odontoglossum Roezli, admirablement cultivé; Cypripedium 
oenanthum superbum, cardinale verutn, selligerum majus et Sallieri Hyeanum, de M. Peeters, 
de St-Gilles; 

Odontoglossum Heleneanum, de M. Halkin, de S^Gilles, et les fleurs coupées des Cypri- 
pedium oenanthum superbum, Arthurianum et Leeanum Burford Lodge, de M. le comte de 
Bousies d'Harvengt. 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Certificat de Mérite de i re classe 

aux Cypripedium Morganiae, de M. Jules Hye, de Gand; 

Cattleya Trianae Lucianiana, de MM. E. Vervaet et C ie , de Gand ; 
Cattleya Maesereeliana, de MM. E. Vervaet et C ie , de Gand; 
Ly caste sp. nova, de MM. E. Vervaet et C ie , de Gand ; 
Odontoglossum sulphureum, de M. Peeters, de S'-Gilles; 
Odontoglossum Heleneanum, de M. Halkin, de S'-Gilles. 

Certificat de Mérite de 2 e classe 

aux Cypripedium Stonei Hyeanum, de M. Jules Hye, de Gand; 

Cypripedium Roebellini longipetalum, de M. Linden, de Bruxelles. 
Certificat de Culture de i re classe 
à Y Odontoglossum Roezli, de M. Peeters, par acclamation. 
HjÈT* Les Meetings de « l'Orchidéenne » ont lieu le deuxième dimanche de chaque mois. 



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iRTDIFOLÏUM. l 



53 




PL. CLXIX 

ONCIDIUM IRIDIFOLIUM lindl. 

ONCIDIER A FEUILLES D'IRIS 



ONCIDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 37. 

Oncidium iridifolium Lindl., an O. iridifolium Galeotti, an Oncidhim crista-galli Rchb. f.? Perigonii phyllis 
externis lanceolatis acutis, lateralibus internis oblongis acutis crispulis triplo latioribus, labello maximo sexlobo, ima 
basi humerato, toto margine subtiliter crispulo, lobis posticis oblongo-cuneatis, lobo medio latissimo unguiculato, 
quadrilobo, lobis lateralibus rotundatis, anticis ligulatis, parallelis, crista longitudinali carinata lobula in média basi 
ad unguem lobi medii transgrediente, columnae alis dolabriformibus subintegerrimis, rostello ac anthera ornithorhynchis. 

Oncidium crista-galli Rchb. F. in Bot. Zeit. 1852, p. 697. Walp. Ann. Bot. Syst. vol. VI, p. 746. 



ans ses Folia Orchidacea, Lindley mentionne deux formes d'Oncidium 
ayant entre elles une très grande affinité, notamment les Oncidium 
iridifolium et decipiens qui avaient déjà d'ailleurs été considérés comme 
synonymes dans le Botanical Register. Mais il paraît qu'il a été question de 
deux Oncidhim iridifolium distincts, YO. iridifolium H. B. K. et YO. iridifo- 
lium Lindl. Le premier est devenu YO. pusillum Rchb. f.; le second avec 
son synonyme O. decipiens est rapporté avec certitude à YOncidium crista-galli 
Rchb. f. par Hemsley dans la partie botanique de la Biologia centrali americana. 

UOncidium iridifolium mentionné par Lindley occupe une place parmi les 
Equitantia avec un scape pauciflore presque égal aux feuilles. UOncidium 
decipiens est inscrit dans la série des tetrapetala-micropetala avec la mention 
explicite « very much like O. iridifolium », ayant beaucoup de ressemblance 
avec YO. iridifolium, dont il diffère cependant en ce qu'il a les feuilles planes, 
une crête à cinq faces planes arrondies au lieu d'une dent profonde placée 
au milieu avec des appendices concaves de chaque côté et une petite dent 
additionnelle sur le rebord extérieur; en outre, chez YO. decipiens, les pétales 
sont fort petits, plus courts que les lobes latéraux du labelle, et les ailes 
du gynostème sont simplement érodées au lieu d'être fortement dentées. 

Avouons que des caractères quelquefois moins nettement déterminés ont 
suffi pour établir des formes à allures spécifiques, sans qu'on ait songé à 
en contester la valeur. 

L'aire de dispersion des Oncidium est très étendue. Les espèces qui 
nous occupent dans cette notice habitent une large surface puisqu'elles vont 
du Mexique au Pérou. En effet, YO. iridifolium H. B. K. croît au Mexique, 
près de Mirador, où il fut trouvé par M. J. Linden qui le rencontra égale- 
ment au Venezuela. Il fut recueilli par Skinner au Guatemala. Lindley ajoute 
qu'il est très répandu dans toute l'Amérique tropicale. Il est plus que probable 



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54 

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que d'autres espèces sont confondues avec lui. Selon Descourtilz on le trouve 
au Brésil croissant exclusivement sur les branches des orangers et des citron- 
niers et de préférence dans les endroits secs, bien exposés au soleil. Pourtant 
Spruce dit l'avoir rencontré sur le Sapotilier, Toutefois le professeur Reichen- 
bach a démontré dans la Botanische Zeitung (1852, p. 697), que la plante 
figurée dans le Botanical Register sous le nom d'O. iridifolium est tout à fait 
distincte. Quant à YOncidium decipiens, il fut trouvé par Galeotti au Mexique, 
près d'Oaxaca, à 1000 mètres d'altitude ; il fut également récolté par Skinner, 
au Guatemala. Enfin YOncidium crista-galli a pour patrie le Pérou où il fut 
découvert par Warscewicz et retrouvé par Jùrgensen. 

Nous nous bornons pour le moment à indiquer la question d'identité et 
d'habitat et sans nous prononcer sous ce rapport, nous signalons la plante figurée 
par la Lindenia comme étant une des plus charmantes et des plus curieuses 
du genre. Jamais, à première vue et sans floraison, on ne reconnaîtrait en elle 
une Orchidée ; mais on la prendrait pour un petit Iris : elle en a tout l'aspect. 



LA CULTURE DES ORCHIDÉES DE L'AFRIQUE MÉRIDIONALE 

(Suite, voir page 46.) 

En tous cas, on doit considérer qu'un air plutôt sec est nécessaire aux 
Orchidées terrestres du Cap; dans ces conditions, elles resteront saines, malgré 
toutes les vicissitudes. Mais dans une serre trop humide leur vie est de peu 
de durée ; en effet, elles pousseront mieux avec des Cactées et autres plantes 
succulentes que dans la serre ordinaire aux Orchidées. Puisqu'un retour de faveur 
se produit pour ces jolies Orchidées et plantes bulbeuses du Cap, il n'y a pas 
de raison pour que l'amateur n'arrange pas pour elles un compartiment spécial. 

Les Disperis, Holothrix, Huttonaea, Bartholina et autres petites espèces 
terrestres du Cap se portent encore moins bien que leurs congénères cultivées 
dans la fibre et le sphagnum. Ces espèces jolies, mais peu résistantes, préfèrent 
un compost sans fibre, c'est à dire de terre végétale à laquelle on a ajouté une 
bonne portion de sable. Le rempotage qui doit avoir lieu directement après 
la floraison, doit être fait avec soin; les tubercules seront légèrement recouverts 
d'une couche de compost de l'épaisseur de leur volume. Pendant leur végé- 
tation, on doit donner de l'eau comme à un Erica, et pendant le repos, 
il n'en faut que très peu. Cultivées de cette façon, à l'extérieur pendant l'été 
et sur une planche de la serre froide en hiver, plusieurs espèces ont fleuri 
chez moi; le Huttonaea est maintenant en boutons pour la première fois. 

Pour les Habenaria et les espèces à racines plus fortes avec tubercules, 
la terre glaise avec du sable mélangé de tourbe fine, est le meilleur compost. 

James O'Brien. 




POLYSTACHIA P œ. P. 



55 



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PL. CLXX 

POLYSTACHIA PUBESCENS rchb. f. 

POLYSTACHIE PUBESCENTE 



ÉTYMOLOGIE : Du grec nohvç, ample, et arâ/vç, épi. 

POLYSTACHIA. Sepala conniventia vel subpatentia, posticum liberum, lateralia latiora nunc latissima, basi 
pedi colomnae adnata. Petala sepalo postico similia vel angustiora. Labellum (superum) cum pedi columnae articu- 
latum, basi contractum incumbens, dein erectum, lobi latérales parum prominentes, erecti, médius patens vel recurvus, 
indivisus. Columna brevis nunc brevissima, lata, exalata, basi in pedem producta; clinandrium brève, truncatum. 
Anthera terminalis, opercularis, incumbens, valde convexa, unilocularis vel imperfecte bilocularis; pollinia quatuor, 
cerea, late ovata, per paria sibimet arcte applicata vel in 2 connata, postico saepius minore, inappendiculata, anthera 
déhiscente stipiti brève vel glandulae (an constanter ?) affixa. Capsula oblonga vel fusiformis, interdum elongata, erecta 
vel patens. 

Herbae epiphyticae, caulibus foliatis brevibus basi vaginatis demum in pseudobulbos carnosos vel tuberiformes 
saepe parvos incrassatis. Folia pauca disticha, oblonga vel angusta, multinervia atnon plicata, basi in vaginos contracta. 
Pedunculus terminalis supra folium paucivaginatus. Racemus in caule foliato terminalis, simplex, vel racemi plures, 
brèves secus stachin communem dissiti, paniculam angustam laxam formantes. Flores parvi, rarius médiocres, vel 
in Polystachia grandiflora flos major solitarius videtur. Bracteae parvae. 

Polystachia Hook. Exot. PI. t. 103 {Encyclia, Poepp. et Endl. Nov. Gen. et Sp. II, 10 quoad t. 113 anal, 
imperf. — Epiphora Lindl. in Comp. Bot. Mag. II, 201). — Benth. et Hook. Gen. PI. t. III, p. 540. 

Polystachia pnbescens. Perianthium explanatum, labello postico. Sepala libéra, lateralia aequalia. Petala forma 
diversa. Labellum carinatum, trilobum, cum columna sigmoideo-unguiculatum. Columna dorso prona, inversa, stig- 
mate verticali, margine trituberculato, basi paulo producta et cum labello articulata. Anthera unilocularis. Pollinia 
quatuor, caudiculae lineari affixa. 

Herba epiphyta, Polystachiae facie, subbulbosa. Racemi terminales. 

Polystachia pubescens Rchb. f. in Walp. Ami. Bot. t. VI, p. 643. — Epiphora pubescens Lindl. in Comp. 
Bot. Mag., 19, p. 201. 



ne quarantaine d'espèces déterminées composent le genre Polystachia 
qui constitue, dans la tribu des Vandées, un groupe très voisin des 
Cymbidium. Ce sont toutes plantes épiphytes appartenant pour la 
plupart aux régions tropicales et méridionales de l'Afrique, bien que quelques- 
unes soient originaires de l'Inde et des contrées équatoriales de l'Amérique. 
Elles sont à tiges feuillées, courtes, s'engaînant à la base et se développant 
en pseudobulbes charnus quelquefois tuberiformes et souvent petits. Les 
feuilles aussi sont peu nombreuses, distiques, allongées ou étroites et contrac- 
tées à la base. Le pédoncule est terminal et dépasse fort peu la feuille. Le 
racème est généralement simple, parfois aussi il y a plusieurs racèmes courts 
formant alors une panicule étroite et lâche. Les fleurs sont petites, plus 
rarement de grandeur moyenne, cependant dans le Polystachia grandiflora la 
fleur est grande. Les bractées sont petites. Les sépales sont connivents ou 
presque étalés, celui du milieu est libre, les deux latéraux sont plus larges, 




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quelquefois même très larges et unis à la base du pied de la colonne. Les 
pétales ressemblent au sépale isolé ; ils sont quelquefois plus étroits. Le 
labelle est articulé avec le pied du gynostème, il est rétréci à la base, d'abord 
infléchi, puis relevé; les lobes latéraux sont un peu proéminents et droits; 
le lobe du milieu est étalé ou recourbé. Le gynostème est court, quelque- 
fois très court, dépourvu d'ailes; le clinandre est tronqué. L'anthère a une loge, 
quelquefois deux imparfaites ; les pollinies sont au nombre de quatre disposées 
par paires appliquées les unes sur les autres, quelquefois réunies à deux. 

Chez la plupart des espèces, les inflorescences ne présentent guère d'attrait, 
mais pour les Orchidées, il n'y a pas non plus de règle sans exception et la 
gracieuse espèce dont la planche ci-contre reproduit le portrait, mérite certai- 
nement de fixer l'attention des amateurs. Bien qu'elle ait été introduite, il 
y a de longues années, elle est toujours rare dans les collections et ce n'est 
que sous l'appellation d'Epiphora pubescens qui lui fut donnée par Lindley 
qu'elle a été connue dans les serres européennes. Elle a le périanthe ouvert 
et le labelle disposé en arrière, les sépales libres. La forme des pétales est 
assez variable, le labelle est caréné, trilobé. Le gynostème est articulé avec 
le labelle et un peu plus élevé à la base ; le stigmate est vertical ; l'anthère 
n'a qu'une loge. L'espèce est petite dans toutes ses parties ; elle ne dépasse 
guère o m i5 à o m 20 de hauteur; ses petits pseudobulbes ne portent que deux 
ou trois feuilles pubescentes à la page inférieure, d'où la dénomination spéci- 
fique. Les racèmes floraux sont érigés et composés de nombreuses fleurs dont 
les segments sont jaune d'or et marqués de quelques lignes pourpres. Ces 
fleurs ont en outre la qualité de dégager une excellente odeur. 

Le Polystachia pubescens a. pour patrie la Cafrerie. Comme la plupart des 
Orchidées épiphytes de l'Afrique méridionale, celle-ci se contente de la tem- 
pérature de la serre froide et demande des arrosages fréquents. 



LES HERBIERS D'ORCHIDÉES 

Bien que les Orchidophiles deviennent de jour en jour plus nombreux, 
fort peu d'entre eux se donnent la peine de dessécher et de conserver les 
fleurs de leurs Orchidées ; ils préfèrent se contenter, lorsque leurs plantes ne 
sont pas fleuries, de contempler les chromolithographies des diverses publi- 
cations qui consacrent leurs planches à nos préférées. Quoique les arts 
permettent de représenter les Orchidées dans toute leur splendeur, il arrive 
souvent qu'on s'en défie; que de fois avons-nous entendu dire devant une 
belle chromolithographie : c'est de l'exagération, la nature ne vaut pas cela ! 
C'est ce qui nous engage à entretenir nos lecteurs de la préparation d'un 

(Voir suite, page 58.) 




MASDEVALLIA TOVARENSIS rchl;. f. 



57 



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PL. CLXXI 



MASDEVALLIA TOVARENSIS rchb. f. 

MASDEVALLIA DE TOVAR 

MASDEVALLIA. Vide Lindenia, vol. I, p. 35. 

Masdevallia Tovarensis. Folia oblonga spathulata, apice rotundata (obsolète tridentata); pedunculi ancipites 
foliis subaequales biflori ; bracteae membranaceae cucullatae margine subcrenulatae ; perigonium phyllis externis connatis, 
supremo anguste lanceolato in aristam longam producto, lateralibus ovatis multo ultra médium connatis, dein 
liberis obtusis, arista brevi in apice, phyllis interioribus oblongis subacutis incurvis ; labellum oblongum, medio margine 
utrinque emarginatum, acutum, nervis tribus prominulis, lateralibus éleva tis cristatis; androclinium margine dentatum. 

Colombia. 

Masdevallia tovarensis Reich. f. in Linnaea, XII, 818. — Bonplandia, III, 225. — Walp. Ami. III, 523. — 
Mull. Repert. VI, 192. — Bot. Mag., 5595. — Gard. Chron. 1865, p. 915; 1871, p. 1421 ; 1874, p. 715 (cum ic. 
xyl.). M. candida Kl. Flor. et Pom. 1873, 169, t. 5. — L'Illustr. Horticole, 1879, p. 169. 

M. candida Lind. Herb. 

ette délicieuse Orchidée, lorsqu'elle est couverte de ses nombreuses 
et charmantes fleurs blanches, est de celles qui expliquent la passion de 
toute une classe d'amateurs pour le genre Masdevallia au temps de sa 
pleine vogue, c'est à dire de 186g à 1880. Cela nous paraît bien loin et pourtant 
c'est bien près de nous, car elle semble lui revenir et nous ne serions pas 
surpris du tout de voir les Masdevallia à la mode, tout comme ils l'étaient il 
y a quelques années. 

Le Masdevallia tovarensis est une plante de culture aisée. Sur un feuillage 
vert bien tenu, gai, robuste, se détachent des pédoncules filiformes et rigides 
à la fois qui supportent des fleurs du plus beau blanc, bien ouvertes et dispo- 
sées le plus souvent par deux. Cette plante virginale, découverte en 1842 
par M. J. Linden dans la colonie de Tovar près de Caracas au Vene- 
zuela, à une altitude de 2000 mètres au dessus du niveau de la mer, fut 
nommée primitivement par lui M. candida. Moritz la retrouva en 1846, puis 
Wagener la rencontra plusieurs années après dans les mêmes localités et 
introduisit les premiers exemplaires vivants en Europe. Le professeur Reichen- 
bach la nomma Masdevallia tovarensis et c'est sous ce nom qu'on la rencontre 
dans maintes collections, où il n'est pas rare de voir des potées couvertes de 
nombreuses fleurs toutes épanouies à la fois. 

Le Masdevallia tovarensis est une excellente Orchidée pour la culture en 
grand et formerait même pendant les mois d'hiver une bonne plante de marché. 
Elle a, en effet, toutes les qualités d'une plante for the million : floraison 
facile et de longue durée ; culture en serre froide. 

Nous disons plus haut que la vogue revient aux Masdevallia. Ce serait 



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entière justice, car le genre a tout ce qu'il faut pour être choyé ; et nous 
serions personnellement enchantés de les voir revenir en victorieux dans les 
collections. La proscription qui pesait sur eux depuis quelques années serait 
inexplicable, si nous ne savions qu'il faut s'incliner devant sa majesté la 
mode, sans en discuter les caprices. 



LES HERBIERS D'ORCHIDÉES 



Suite, voir page 56.) 



herbier de fleurons d'Orchidées seulement, car de cette manière l'amateur est 
au moins sûr de représenter les fleurs dans ses dimensions naturelles et même 
dans la plupart des cas avec son vrai coloris. 

Beaucoup de personnes s'imaginent que les fleurs d'Orchidées se prêtent 
difficilement à cette opération, mais presque toutes, à peu d'exception près, 
se laissent parfaitement dessécher. Une fleur d'Angraecum ou de Chysis, par 
exemple, peut aussi bien être desséchée, que celle d'un Cattleya, d'un Den- 
drobium ou d'un Oncidium. Avec des soins, de la persévérance et un peu de 
pratique, on arrive à des résultats de plus en plus satisfaisants, et c'est ainsi 
que nous avons si bien réussi à sécher certains Cattleya, Dendrobium, Laelia, 
Masdevallia, Miltonia, Odontoglossum, Oncidium, Phalaenopsis, etc., qu'ils ont 
conservé avec leur coloris, tous leurs caractères distinctifs et qu'on pourrait 
les prendre au premier abord pour des fleurs peintes. 

Occupant depuis plusieurs années, avec notre ami J. Saluer fils, de 
S* Germain en Laye, tous nos loisirs à ce travail de patience, nous sommes 
arrivés aujourd'hui à préparer de cette manière plusieurs milliers de fleurs 
variées et nous pouvons montrer avec plaisir et avec un certain orgueil aux 
Orchidophiles, nos herbiers albums de fleurs admirablement préparées, ren- 
fermant, outre les espèces types, une infinité de variétés rarissimes, qui font 
partie des collections les plus renommées des divers pays. 

Lorsque nous avons débuté dans cet art, nous avons rencontré bien des 
déceptions ; nous avions commencé par dessécher ces fleurs par les moyens 
qui sont usités pour les plantes des autres familles, mais nous avons bientôt 
reconnu que ce procédé devait être laissé de côté. Si l'on presse les fleurs 
d'Orchidées dans un livre, par exemple, ou entre des feuilles de papier gris, 
il arrive que ces fleurs ne se dessèchent complètement qu'au bout de quel- 
ques semaines; en outre, pendant ce temps, elles perdent leur coloris et 
sont souvent atteintes par les moisissures. 

(Sera continué.) 











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ODONTOGLO: ERVANT-ESI LIL 







PL. CLXXII 

ODONTOGLOSSUM CERVANTESI LILACINUM 

ODONTOGLOSSE DE CERVANTES A FLEURS LILACÉES 



ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 31. 

Odontoglossum Cervantesi (§ Leucoglossum) pseudobulbis ovalibus compressi-ancipitibus utroque latere i-costatis 
foliis solitariis (rarius geminis) oblongis acutato-mucronatis utroque latere obsolète 5-nerviis intus sub-canaliculatis 
basi in petiolum plicatum angustatis ; scapo radicali 3-5 floro flexuoso, ad nodos subinflato, bracteis subvaginan- 
tibus longissimis acuminatis scariosis, segmentis perigonii aequalibus patulis, 3 exter. lanceolato oblongis subacuminato- 
recurvis, 2 inter. latioribus conformibus, labelli ungue pubescente cyathiformi medio unituberculato antice bidentato 
dein in laminam ovato-cordatam margine undulatam apice subbifidam, processibus 2 divaricatis pilosis terminato, 
gynostematis pubescentis alis auriculiformibus. 

Odontoglossum Cervantesi La Llave et Lexarza, Orch. Mex. (sicut Lindl.) IL 34. Lindl. Orch. 4. Bot. 
Reg., t. 36 (1845). Paxt. FI. Gard. I, t. 15. Folia Orchid., fasc. I. Odontogl. 10. 

Odontoglossum Cervantesi var. lilacinum, perianthii segmentis pulcherrime lilacino coloratis. 



a charmante variété à 1 Odontoglossum Cervantesi, dont nous reproduisons 
ici le portrait, figurait avec un très grand succès, sous le nom de 
0. Cervantesi roseum, au quatrième meeting de « L'Orchidéenne » et 
valut à son heureux possesseur, M. A. Van Imschoot, un certificat de mérite 
de i re classe, décerné à l'unanimité. Cette haute récompense était justifiée à 
tous les égards : la variété est absolument d'élite. Nous avons vu souvent 
des variétés rosées, de couleurs indécises et à fleurs mal formées, à pétales 
longs et étroits, plus ou moins recoquillés; mais la variété qui nous occupe 
est toute autre, elle a, au contraire, un colons lilas tendre, charmant, les 
pétales très larges constituant une fleur bien ronde. Elle a été très admirée 
à ce meeting et a passé depuis lors dans les collections de L'Horticulture 
Internationale à Bruxelles. Il existe actuellement beaucoup de variétés ^Odon- 
toglossum Cervantesi ou membranaceum comme on l'appelait autrefois, cependant 
nous ne croyons pas qu'il y en ait de supérieures à celle-ci ni surtout d'aussi 
distinctes. 

U Odontoglossum Cervantesi est une Orchidée très utile, qui mérite tout 
comme Y Odontoglossum Rossi d'être cultivée en grand nombre. Ce n'est pas une 
plante encombrante; elle peut facilement être cultivée en corbeille, et y réussit 
même très bien, suspendue près du vitrage. 

Le type a été découvert et publié dans le premier quart de ce siècle par 
La Llave et Lexarza ; il a été successivement retrouvé par Karwinsky, 
Baker, etc. Lexarza le décrivit dans ses Orchideanum Opusculum et le dédia 
à Vicentia Cervantes, professeur de botanique mexicain. 



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LE CINQUIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE 



Le cinquième Meeting de la Société L'Orchidéenne a eu lieu le dimanche 10 février 1889, 
dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles. La gelée et la neige 
n'ont pas empêché les amateurs d'y envoyer de belles Orchidées, dont le nombre s'élevait 
à 52 espèces et variétés, lesquelles ont été admirées par de très nombreux visiteurs. 

Le jury, présidé par M. J. Linden, un des présidents d'honneur de la Société, était com- 
posé de MM. L. Lubbers, secrétaire; Massange de Louvrex, A. Van Imschoot, G. Miteau, 
O. de Meulenaere, A. Lallemand et E. Wallaert. 

Le Comité directeur était représenté par MM. G. Warocqué, président, L. Linden, secrétaire 
et du Trieu de Terdonck, trésorier. 

Parmi les Orchidées qui ont été les plus admirées, nous en avons remarqué plusieurs qui 
méritent une mention toute spéciale : 

Miltonia (Odontoglossum) Bleuana de M. A. Bleu, de Paris. Ce bel hybride provient du 
croisement du Miltonia (Odontoglossum) vexillaria par le Miltonia (Odont.) Roezli. C'est une 
nouveauté de grand mérite; Cypripedium callosum superbum et Argus, riches de coloris de 
M. le D r Carnus, de Louviers (France); Cattleya Trianae delicata, Odontoglossum Alexandrae 
var. virginale et Vanda tricolor planilabris var. de M. Lee, de M. A. de la Devansaye, 
président de la Société d'Horticulture de Maine et Loire, à Noyant (France) ; trois variétés 
distinctes de Cattleya chocoensis et Phalaenopsis amabilis, de M me Gibez, de Sens (France); 
Odontoglossum vexillarium de toute beauté avec 15 tiges florales dont une douzaine portaient un 
amas de 66 fleurs épanouies, d'une grande fraîcheur, de M. Paul Miteau, de Jette-S'-Pierre ; 
trois belles variétés d' Odontoglossum Alexandrae, Cypripedium callosum, variété très colorée; 
Cypripedium superbiens; C. Pétri, d'un cachet étrange; C. super ciliare, distingué et C. barbatum 
Wameri aux couleurs vives, de M. G. Miteau, de Jette-S'-Pierre; Cattleya Trianae gloxiniae- 
flora, de M. Vasseur, de Bruxelles; Phalaenopsis Schilleriana portant une grappe de nombreuses 
et grandes fleurs d'un coloris très vif; Odontoglossum rubescens; Coelogyne cristata, bien fleuri ; 
Odontoglossum Alexandrae, en variétés ; Oncidium abortivum, très curieux et Rodriguezia 
Bungerothi, de M. Linden, de Bruxelles; Laelia harpophylla grandiflora et Cattleya Trianae, 
superbe variété, de M me de Cannart d'Hamale, de Malines; Odontoglossum Alexandrae à fleurs 
immenses, très rondes et formant une variété absolument remarquable, de M. G. Warocqué, de 
Mariemont; Burlingtonia bahiensis grandiflora; Cattleya Trianae var. de Baillonville et amethys- 
toglossa; Cypripedium Lindleyanum et Cymbidium Lowianum super -bum en variétés supérieures, 
bien fleuries, de M. Peeters, de Bruxelles ; Cypripedium Leeanum superbum; Odontoglossum 
Rossi mains; Cypripedium Lawrenceanum superbum et une variété charmante de Lycaste Skinneri, 
nommée Blockei, de M me O. Block, de Bruxelles; fleurs coupées de Cattleya amethystoglossa 
et Odontoglossum pulchellum majus ainsi que YEpidendrum Stamfordianum et V Odontoglossum 
rubescens, de M. A. Van Imschoot, de Gand. 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Diplôme d'Honneur au Miltonia (Odontoglossum) Bleuana de M. A. Bleu, de Paris, 

à l'unanimité. 

Certificat de Mérite de i re classe aux Cattleya Trianae var. de Baillonville de M. Pee- 
ters, de Bruxelles, à l'unanimité; Lycaste Skinneri Blockei de M me O. Block, de Bruxelles; 
Phalaenopsis Schilleriana de M. Linden, de Bruxelles. 

Certificat de Mérite de 2 e classe aux Odontoglossum rubescens de M. Linden, de 
Bruxelles; Cypripedium Lindleyanum de M. Peeters, de Bruxelles; Odontoglossum Alexandrae 
de M. g'. Miteau, de Jette-St-Pierre ; Cymbidium Lowianum superbum de M. Peeters, de 
Bruxelles; Cattleya amethystoglossa de M. Peeters, de Bruxelles; Odontoglossum Alexandrae 
de M. G. Warocqué, de Mariemont; Burlingtonia bahiensis grandiflora superba de M. Peeters, 

de Bruxelles. 

Certificat de belle Culture de i re classe à Y Odontoglossum vexillarium de M. P. Miteau, 

de Jette-S'-Pierre, à l'unanimité. 



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COELOGYNE CRISTATA lindl. var. ALBA 



De Pannemaeker ad nat. del. et pinx. 



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PL. CLXXIII 

COELOGYNE CRISTATA lindl. var. ALBA 

COELOGYNE A FLEURS BLANC PUR 



COELOGYNE. Vide Lindenia, vol. II, p. 79. 

Coelogyne cristata. Pseudobulbis oblongis demum angulatis, rhizomate crasso squamoso, foliis lineari-lanceolatis, 
racemo erecto tri-quinquefloro foliis breviore basi squamis corneis vaginato, bracteis oblongis divaricatis persistentibus, 
petalis oblongo-lanceolatis undulatis labelli trilobi crista triplici interrupta : infîma brevi quinquelamellata, intermedia 
multifida pectinata, suprema bilamellata denticulata, lobo medio rotundato parvo piano obtuse subtridentato. 

Coelogyne cristata Lindl., Bot. Reg., 1841, t. 57. — Paxt. FI. Gard, cum ic. xylogr. n° 312. — Cymbi- 
dium spsciosissimum Don Prodr. — Walpers Annales botanices, t. VI, p. 229. 

Coelogyne cristata var. alba, florum segmenta omnia nivea. 



ans le deuxième volume de cette publication, en faisant connaître le 
curieux Coelogyne pandurata, nous avons eu l'occasion de signaler la 
popularité dont jouit à juste titre le C. cristata, espèce déjà ancienne, 
mais toujours choyée comme étant une des plus belles parmi les Orchidées 
indiennes à fleurs blanches. Elle croît au Nepaul et au Sikkim, sur les rochers et 
sur les arbres, à des altitudes supramarines dépassant 2000 mètres, allant 
même jusque près de 3000, d'après J. D. Hooker. Il en existe, à ce qu'il 
paraît, une forme montagnarde, demandant beaucoup de chaleur et d'humidité 
en été, passant fort bien l'hiver en serre froide sèche, résistant d'ailleurs à 
quelques degrés de gelée. Cette forme fut envoyée au Jardin de Kew en 
janvier 1886, par M. Duthie, de Saharunpore; elle avait été trouvée sur des 
rochers à Arnigadh, à une hauteur absolue de plus de 5000 pieds. Elle a 
fleuri l'an dernier avec les segments du périanthe plans et nullement ondulés 
et les carènes du labelle jaune d'or. 

L'espèce type est caractérisée par des pseudobulbes oblongs ou ovales 
qui finissent par être anguleux; ils partent d'un rhizome épais et écailleux. 
Les feuilles sont linéaires-lancéolées, aiguës, ayant les bords un peu ondulés. 
Les fleurs grandes et belles, bien ouvertes, ayant 8 à 9 centimètres de diamètre, 
sont disposées par trois ou cinq en un racème imbriqué, flexueux, plus court 
que les feuilles, ayant la base prise dans une gaîne d'écaillés cornées ; les 
bractées sont brunes, oblongues, divariquées et embrassent ensuite l'ovaire et 
son support ; les segments du périanthe sont blancs, lancéolés, acuminés et 
ondulés. Le labelle également blanc est marqué d'une macule jaune; il est 
concave et trilobé ; les lobes latéraux sont à demi oblongs, tronqués au 
sommet et un peu plus larges que le lobe médian arrondi et apiculé et vaguement 
tridenté. Le long du milieu courent cinq veines parallèles couvertes de franges 



62 



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jaunes, glandulaires; à la base de chacune des trois veines centrales il y a 
une lamelle ondulée et au sommet des deux veines externes existe une lame 
solide ; les deux crêtes du labelle sont interrompues; le gynostème est denticulé. 

Il existe plusieurs variétés de Coelogyne cristata, entre autres celle de 

«Chatsworth dont les racèmes floraux portent jusque neuf grandes fleurs, et la 

variété maxima que le D r Reichenbach déclare supérieure encore. M. W. Watson 

se demande si la forme montagnarde dont il est dit un mot ci-dessus, ne 

serait pas identique à cette dernière. 

La variété C. c. alba dont la Lindenia présente le portrait diffère seule- 
ment du type par l'absence de la macule jaune sur le labelle. Les segments 
floraux sont du blanc le plus pur; elle fait un bel effet dans les collections. 

Au sixième meeting de L'Orchidéenne, le 10 mars dernier, un exem- 
plaire bien fleuri de Coelogyne cristata alba exposé par MM. Vervaet et C ie fut 
très remarqué parmi ses brillants congénères. Cette Orchidée a l'avantage de 
ne pas être exigeante quant aux soins qu'elle réclame et, lorsqu'elle est en 
plein développement, elle donne ses fleurs avec une réelle profusion. 



LE SIXIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE 



Le sixième Meeting de L'Orchidéenne a eu lieu le dimanche 10 mars 1889, dans le 
pavillon central de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles, avec un succès plus considé- 
rable encore que celui de tous les Meetings antérieurs. Une quantité de très belles Orchidées, 
dont le nombre s'élevait à 85 espèces et variétés, ont été admirées par de nombreux visiteurs. 

Le jury, présidé par M. de Lansberge, se composait de MM. L. Lubbers, secrétaire, 
J. Linden, Massange de Louvrex, A. Van Imschoot, G. Miteau, J. Moens et E. Wallaert. 

Le Comité directeur était représenté par MM. G. Warocqué, président de la Société et 
Lucien Linden, secrétaire. 

Les Orchidées suivantes ont été les plus remarquées : 

Odontoglossum Pescatorei Lindeni, superbe et fraîche variété, ayant les pétales pointillés 
de carmin et Odontoglossum Andersoni Warocqueanum, variété d'élite, de M. G. Warocqué; 
Oncidium Sar codes et splendidum ; Coelogyne cristata de Trentham et Bletia Gebinae, de 
M. Van Imschoot; Sobralia macrantha var. de Dumoulin, avec 10 tiges florales et 5 énormes 
fleurs épanouies ; Cypripedium caudatum, très belle plante avec 5 fleurs dont les pétales 
atteignaient jusqu'à 70 centimètres de longueur et C. Boxalli Cannaerti, très distinct; Dendro- 
chilum glumaceum, portant 20 tiges florales; Cattleya Trianae, bien fleuri, et Odontoglossum . 
Cervantesi décorum, ayant le labelle tacheté de chocolat, de M. Paul Miteau; un superbe 
Coelogyne cristata alba, très méritant, aux fleurs d'un blanc pur ; Lycaste Skinneri variabilis; 
des variétés supérieures à' Odontoglossum triumphans, crispum Margaritae, fortement maculé, 
Pescatorei majus, Andersoni, Ruckeri, crispum roseum marginatum et Cattleya Trianae, de 
MM. Vervaet et C ie ; Cypripedium superbiens Demidoffi et Miltonia Roezli superba, de 
M. Vasseur; Cypripedium grande, variété très belle; Coelogyne cristata superba et citrina; 

(Voir suite, page 64.) 



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7f * 



SELENIPEDIUM (CYPFJPEDIUM) CAUDATUM rc 



ALBERTIANUM 



unne'iHaeke'f ad nat, del. et pïnx. 



63 



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PL. CLXXIV 

SELENIPEDIUM (CYPRIPEDIUM) CAUDATUM rchb. f. 
var, ALBERTIANUM 

CYPRIPÈDE A RUBANS VAR. D'ALBERT 



SELENIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 25; vol. II, p. 99; vol. III, p. 73. 
Selenipedium caudatum. Vide Lindenia, vol. II, p. 99. 

Selenipedium caudatum var. Albertianum petalis paris filiformibus brevioribus margine vix neque ciliatis, sepalis 
luteis, labello luteolo extus atrorubro picto. 



a nouvelle variété que nous présentons aujourd'hui aux amateurs, et 
qui est tout à fait remarquable par son coloris, a fleuri pour la pre- 
mière fois dans la collection de M. Jules Hye. Elle appartient à cette 
superbe espèce connue depuis longtemps et dont la Lindenia a donné le por- 
trait précédemment; nous voulons parler du Selenipedium caudatum. Rappelons 
en quelques mots l'histoire de cette plante à laquelle l'allongement enrubané 
des pétales donne un cachet si caractéristique. Les premiers auteurs l'avaient 
fait rentrer dans le groupe des Cypripedium dont le professeur Reichenbach 
l'a séparé, se fondant sur le caractère tricellulaire du style, caractère qui se 
retrouve chez presque toutes les espèces de l'Amérique méridionale. 

Le type fut découvert par Ruiz et Pavon dans la seconde moitié du siècle 
dernier; il fut décrit pour la première fois, d'après un échantillon d'herbier, 
par Lindley ; les premiers exemplaires vivants expédiés en Europe, le furent 
par les soins du collecteur Lobb, voyageant pour la maison Veitch, et les 
premières fleurs signalées datent de 184g, dans une collection célèbre : 
celle de M me Lawrence. 

Warsczewicz rapporte que bien que de taille déjà considérable, les fleurs 
seraient plus grandes dans les sites agrestes de la Nouvelle Grenade et les 
teintes plus vives que celles des espèces cultivées. 

La variété Albertianum diffère du type par sa coloration et aussi par les 
prolongements des pétales qui sont moins longs et à bords non ciliés, au moins 
pas dans toute leur étendue. Les sépales sont d'un jaune pur et striés de jaune 
foncé; le labelle est jaune pâle, excepté sur les bords où il est plus foncé; 
il est coloré extérieurement jusqu'en son milieu de rouge foncé. 

Cette variété, remarquable par son coloris si varié, est appelée à un grand 
succès. Nous l'avons dédiée au fils unique de M. Jules Hye, avec l'espoir qu'il 
deviendra un amateur aussi éclairé et aussi passionné que son père. 



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6 4 



LE SIXIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE » 

(Suite, voir page 62.) 

Dendrobium Hilli, portant 3 immenses tiges florales et D. Wardianum, bien fleuri; Phalae- 
nopsis Stuartiana stellata, de grande beauté ; Odontoglossum Lucienianum cordatum, avec une 
forte tige florale d'où émergeaient de nombreuses fleurs dont le labelle était maculé d'une tache 
pourpre violacé en forme de cœur, très admiré ; Odontoglossum Edwardi densiflorum, Pescatorei, 
Alexandrae, Andersoni et Ruckeri, en belles variétés; Cypripedium Lawrenceanum Lindeni et 
Trichopilia suavis, de M. Linden ; Odontoglossum Alexandrae roseum et Cymbidium Lowi, 
de M. le D r Cappart, de Bruxelles; Odontoglossum Pescatorei var. maculatum, charmante 
variété de M. Halkin; Odontoglossum Wilckeanum albens, variété rare et excessivement remar- 
quable et Odontoglossum Président Zhaldua, variété nouvelle, également très remarquable, ayant 
une grande tige florale portant de nombreuses fleurs superbement maculées de marron et bordées 
de jaune soufre , de M. Vuylsteke ; Cattleya amethystoglossa, bien cultivé ; Cypripedium 
villosum avec de nombreuses fleurs, d'une culture parfaite ; Coelogyne Lemoineana et cristata 
« Chatsworth var.; » Burlingtonia granadensis ; Dendrobium Ellyanum; Cypripedium poly- 
chromum et Wallacei; Odontoglossum Halli leucoglossum de M. Peeters; Cypripedium villosum 
et Cattleya Trianae de M me Block ; Odontoglossum Rossi Mommi, une variété hors ligne 
de M. Charlé; une superbe inflorescence de Phalaenopsis Stuartiana de M. de la Devansaye, 
président de la Société d'Horticulture de Maine et Loire. Saluons, avant de finir, une merveille : 
le Cypripedium bellatulum var. Mariae de M. J. Hye, de Gand. C'est une variété à fleurs 
immenses, fortement maculées, pour laquelle le jury nous a semblé avoir été trop sévère. 
C'est du reste un reproche — en est-ce un ? — qu'on pourrait lui adresser aussi pour quelques 
autres belles ou rares Orchidées ; mais le Meeting était tellement beau que le jury aurait pu 
encore distribuer quelques certificats tout en restant peu prodigue. 
Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Diplôme d'Honneur de i re classe aux Odontoglossum Wilckeanum var. albens, de 
M. Vuylsteke, à Loochristi, à l'unanimité; Odontoglossum Lucienianum var. cordatum, de 
M. Linden, à Bruxelles; Odontoglossum Pescatorei var. Lindeni, de M. Warocqué, à Mariemont. 

Diplôme d'Honneur de 2 e classe à Y Odontoglossum Rossi var. Mommi, de M. Charlé, 
à Forest. 

Certificat de Mérite de i re classe aux Odontoglossum Andersoni var. W arocqueanum, de 
M. G. Warocqué, à Mariemont; Odontoglossum Halli var. leucoglossum, de M. Peeters, 
à Bruxelles; Odontoglossum Président Zhaldua de M. Vuylsteke, à Loochristi. 

Certificat de Mérite de 2 e classe aux Odontoglossum Pescatorei var. macidatum, de 
M. Halkin, à Bruxelles; Cypripedium bellatulum var. Mariae, de M. J. Hye, à Gand. 

Certificat de Culture de i re classe aux Dendrobium Hilli, de M. Linden, à Bruxelles, 
à l'unanimité; Cypripedium villosum, de M. Peeters, à Bruxelles, à l'unanimité. 

Certificat de Culture de 2 e classe au Cattleya amethystoglossa, de M. Peeters, à Bruxelles. 



Le septième Meeting aura lieu le dimanche 14 avril. 







ÀNGRAECL'M SESQUIPEDAj 



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65 

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PL. CLXXV 




ANGRAECUM SESQUIPEDALE thouars 

ANGREC D'UN PIED ET DEMI 



ANGRAECUM. Vide Lindenia, vol. II, p. 91, vol. III, p. 81. 

Angraecum sesquipedale Thouars. Caule subsimplici radicoso, foiiis distiche imbricatis oblongis basi atte- 
nuatis carinatis apice obtusissime bilobis, pedunculis axillaribus 2-4-floris, floribus inter maximos albis, petalis 
sepalisque patentibus subaequalibus e basi latis sensim acuminatis, labello cordato-ovato acuminato marginibus 
utrinque versus médium grosse crenato-serratis, calcare longissimo flexuoso viridi. Hook, 

Madagascar. 

Angraecum. — Aeranthus sesqnifiedalis Lindl. Gen. et Sp. Orch. 244. — Aerobium Spreng. — Limodorum 
ebumeum Bory. 



ette espèce déjà ancienne et estimée depuis longtemps a toujours 
conservé le rang que lui assignait le Rev. Ellis en l'envoyant de 
Madagascar en Europe ; plus récemment Lindley et Hooker ont 
caractérisé cette Orchidée superbe en la surnommant avec raison « ce noble 
végétal. » 

Et de fait, l'aspect de Y Angraecum sesquipedale est bien différent de celui 
des A. Ellisi, A. Sedeni, etc. D'un port distingué, cette espèce a les feuilles de 
dimensions doubles de celles de VA. Ellisi; elles sont très épaisses, d'un vert 
foncé, engainantes deux à deux, et très rapprochées les unes des autres de 
façon à former axe. Les fleurs sont remarquables à plusieurs points de vue : 
par leur taille, elles ont plus de o m 20 de diamètre et l'éperon se prolonge 
longuement de façon à atteindre o m 30 à o m 35 ; par leur coloris d'un blanc 
jaunâtre, teinte augmentant avec l'âge ; par leur parfum qui rappelle celui du 
Lis blanc. 

L'histoire de cette plante est des plus curieuses ; elle fut trouvée à Mada- 
gascar pour la première fois vers la fin du XVIII me siècle, et reproduite 
sans description en 1822 par le chevalier Aubert Dupetit Thouars, botaniste 
distingué ; il l'appela sesquipedale à cause de la grandeur de la fleur. 

On n'avait guère, au début, attaché d'importance à cette plante, et il 
faut arriver jusqu'en 1855 pour la retrouver. C'est en effet à cette époque 
que le Rev. Ellis en envoya trois individus en Angleterre, où en fleurissant 
ils justifièrent l'enthousiasme du botaniste. La floraison se fit en 1857 et fut 
rapportée par le Gardeners' Chronicle. 

Cette remarquable espèce qui a fleuri abondamment cet hiver dans les 
serres de L'Horticulture Internationale justifie pour sa part le titre de 
Reines du règne végétal que l'on a donné aux Orchidées. 



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66 



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LES HERBIERS D'ORCHIDÉES 



{Suite, voir page 58.) 



Notre méthode consiste en ceci : lorsque nous voulons sécher nos fleurons, 
nous enlevons complètement avec un couteau bien tranchant le pédoncule et 
la colonne. Ces deux parties séchant beaucoup plus difficilement que la fleur 
en retarderaient la dessication et empêcheraient dans bien des cas la parfaite 
réussite de l'opération. Nous étalons ensuite nos fleurons entre de simples 
feuilles de papier ordinaire, puis ces dernières sont placées entre deux fortes 
planches que nous posons sur les tuyaux du chauffage de notre serre chaude, 
en ayant soin de les presser au moyen d'un pavé ou de quelques briques. 
Ordinairement, au bout d'un jour, nos fleurs sont déjà entièrement dessé- 
chées et prêtes à être collées sur les feuilles de notre herbier-album. 

Les genres dont les fleurs se laissent le mieux sécher sont les Cattleya, 
les Coelogyne, les Cypripedium, surtout les divisions des Selenipedium, les 
Dendrobium, les Laelia, les Masdevallia, les Miltonia, les Odontoglossum, les 
Oncidium et les Phalaenopsis. Des fleurs comme celles de YAda aurantiaca, des 
Chysis, de YAngraecum sesquipedale , du Renanthera [Vanda) Lowi, etc., qui au 
premier abord, ne semblent pas pouvoir se prêter à cette opération, nous 
ont aussi parfaitement réussi. Les fleurs d'autres genres, par contre, malgré 
nos différentes tentatives, n'ont réussi qu'à moitié; de ce nombre sont celles 
des Aerides, des Calanthe et des Preptanthe, de quelques Epidendrum, des 
Lycaste, des Phajus, des Promenaea, des Saccolabium, de la plupart des Vanda. 

Maintenant, une fois les fleurs bien desséchées, il s'agit de les coller 
sur des feuilles de papier blanc. En se servant de bonne gomme arabique, 
on parvient très bien à les fixer sur le papier sans avoir besoin de bande- 
lettes ; ce procédé a l'avantage de donner un meilleur aspect à la fleur. Afin 
de faciliter les recherches, il est aussi préférable de ne coller sur la même 
feuille que les fleurs d'un même genre ou d'une même section. 

Si vous prenez par exemple les Cypripèdes, une planche ne devra contenir 
que les différentes variétés du Cypripedium barbaium, telles que les Crossi 
grandiflorum, nigrum, pictum, superbum, etc.; une autre que la section des niveum, 
les C. bellatulum, C. concolor, C. Godefroyae et C. niveum. 

En faisant un pareil herbier, les amateurs auront toujours sous les yeux 
la dimension réelle et la plupart du temps les coloris des fleurs de leurs 
Orchidées. En outre, ce petit travail, tout en charmant leurs loisirs, leur sera 
par la suite, d'une grande utilité pour l'étude et la classification des nouveautés. 

Otto Ballif 

Rédacteur au Moniteur d'horticulture de Paris. 



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MILTONIA (ODONTOGLOSSi . I BLEUANA i 






PL. CLXXVI 



MILTONIA (ODONTOGLOSSUM) x BLEUANA hort. 



MILTONIE DE M. A. BLEU 



MILTONIA. Vide Lindenia, vol. II, p. 31. 

Miltonia Bleuana nova hybrida pollinatione Miltoniae vexillariae cum Miltonia Roezli artificiose procreata. 



67 




ien que les auteurs du Manual of Orchidaceous Plants aient en vue 
uniquement de fournir aux amateurs et aux cultivateurs d'Orchidées 
exotiques des notions complètes sur les principaux genres, espèces 
et variétés cultivés sous verre, et qu'ils semblent s'adresser plus spécialement 
aux praticiens, leur œuvre n'en revêt pas moins un certain caractère scien- 
tifique. Tel est le cas pour la première partie qui traite des Odontoglossum 
et qui expose d'une façon remarquable la distribution géographique des espèces 
composant ce groupe. De celui-ci sont exclus désormais les Odontoglossum 
Phalaenopsis Rchb., Od. Roezli Rchb., Od. vexillariùm Rchb., qui sont adjoints 
aux Miltonia., YOd. Weltoni Hort. qui devient Miltonia Warscewiczi, YOd. Wars- 
cewiczi Rchb., devenant Miltonia Endresi, et YOd. roseum Lindl., rallié au 
genre Cochlioda. Cette exclusion étant suffisamment motivée, surtout en ce qui 
concerne les Odontoglossum vexillariùm et Od. Roezli, ascendants de l'hybride 
qui nous occupe, sera généralement admise; la dénomination inscrite en tête 
de cette notice est donc justifiée. 

Le 10 février dernier, le Miltonia Bleuana fit son apparition au meeting 
de L'Orchidéenne à Bruxelles et y obtint un diplôme d'honneur, distinction 
que le jury n'accorde qu'aux plantes de grand mérite. C'est une nouveauté 
marquante, obtenue par M. A. Bleu, secrétaire général de la Société nationale 
d'horticulture de France, bien connu par ses semis de Caladium et d'autres 
plantes. Elle est le produit d'une fécondation artificielle pratiquée en juin 1883 
sur le Miltonia vexillaria au moyen du pollen du M. Roezli. Les graines nées 
de ce croisement furent récoltées en avril 1884 et ont donné un certain nombre 
de sujets auxquels il a fallu plus de quatre ans et demi pour arriver à fleurir. 
Parmi eux, nous écrit M. A. Bleu, se trouvent deux types bien distincts : 
chez l'un, le gracieux ornement du labelle est brun, comme le montre la 
planche ci-contre de la Lindenia; chez l'autre, cet ornement est jaune clair 
avec des stries brunes et les deux traits plus foncés. 

Les Miltonia (Odontoglossum) vexillaria et Roezli sont trop connus dans le 
monde des Orchidophiles pour que nous ayons besoin de rappeler leurs mérites ; 



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68 



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ceux-ci sont suffisamment établis par l'enthousiasme que fit naître leur appa- 
rition et par la faveur dont jouissent leurs grandes et belles fleurs. L'hybride 
réunit les principaux caractères des parents; sa végétation vigoureuse et son 
abondante et facile floraison même chez ces jeunes sujets, sont de très 
bon augure. 

Bien que, dans l'exemplaire qui a servi de modèle à l'artiste peintre 
pour la planche de la Lindenia, les dimensions de la fleur soient déjà consi- 
dérables, o m og sur o m o6, M. A. Bleu croit pouvoir présumer, d'après ses 
remarques sur les premières floraisons, que les proportions des diverses parties 
du périanthe acquerront, par la suite, au moins un cinquième, sinon un quart 
de grandeur en plus. 

Dans une note déposée à la séance du 24 février dernier de la Société 
nationale d'horticulture de France, M. A. Bleu ajoute ce qui suit : « Par 
la disposition et la forme des pétales ainsi que du sépale supérieur, la fleur 
rappelle celle du Miltonia (Odontoglossum) vexillaria ; les sépales inférieurs, qui 
affectent absolument la pose latérale, se distinguent de ceux des deux types 
créateurs par leur maintien complètement horizontal ; le labelle, bien inter- 
médiaire, a le lobe médian plus accusé que celui du M. Roezli, mais il est 
moins profondément échancré que dans le M. vexillaria. Le gracieux orne- 
ment de la base, qui a emprunté sa forme élégante à ce dernier, a, comme 
dans les deux, son fond jaune soufre avec les stries brun-havane des deux. 
Les mouches violet foncé des pétales du M. Roezli se sont reportés sur 
ceux de l'hybride en adoucissant leur teinte. Quant à la couleur rose du 
Miltonia vexillaria, elle a complètement disparu et le fond a conservé le blanc 
pur du M. Roezli; enfin, le gynostème est beaucoup plus développé et plus 
saillant que celui de la mère; mais tout en rappelant celui du père, ses 
diverses proportions sont diminuées. » 

En outre, l'ensemble du périanthe est plus large que celui du M. vexillaria, 
et le labelle moins profondément lobé ; d'autre part, cette dernière partie est 
peut-être un peu moins allongée et ne dépasse pas en largeur celle des sépales 
et pétales. Il en résulte un ensemble plus harmonieux. Enfin le coloris rose 
du M. vexillaria n'apparaît sur aucun des segments de l'hybride. 

La planche fera d'ailleurs mieux ressortir qu'une description détaillée les 
divers caractères de la fleur et démontrera sans peine que cet hybride est 
un intermédiaire entre les deux types créateurs. 




ODONTOGLOSSU? 



ICHÉQDERIANU 



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PL. CLXXVII 

ODONTOGLOSSUM BLEICHR'ÔDERIANUM j; & L . lind. 

ODONTOGLOSSE DU BARON GERSON DE BLEICHRÔDER. 

ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, vol. I, p. n. 

insi que nous l'avons fait, l'année dernière, pour les Cypripedium, 
alors en pleine vogue, nous consacrons cette livraison aux Odon- 
toglossum, le genre d'Orchidées de plus en plus en faveur depuis 
de nombreuses années et nous ne pouvons mieux commencer que par le 
portrait du superbe Odontoglossum Bleichrôderiamim, qui fit sensation au sep- 
tième Meeting de « L'Orchidéenne » et y obtint un diplôme d'honneur décerné 
à l'unanimité, distinction rare qui n'est accordée qu'à l'Orchidée nouvelle 
remarquable, introduite par l'exposant ou ayant fleuri chez lui pour la première 
fois en Europe. 

h' Odontoglossum Bleichrôderiamim entre quelque peu dans la section des 
Odontoglossum Ruckerianum, mais il s'en écarte par les dispositions autres de 
ses maculatures et par son étrange beauté. Il est tellement distinct de tout 
ce que nous avons vu jusqu'à ce jour, que nous n'avons pas hésité à lui 
donner un nom spécifique et avons été très heureux de le dédier à un grand 
promoteur de l'horticulture, M. le baron G. de Bleichroder, un des adminis- 
trateurs-fondateurs de la société L'Horticulture Internationale et le président 
d'honneur pour l'Allemagne de la jeune société L'Orchidéenne, à Bruxelles, 
qui marche résolument dans la voie du succès et s'affirme comme devant aider 
puissamment à la propagation du goût des Orchidées. 

U Odontoglossum Bleichrôderiamim sera longtemps une Orchidée rare et une 
des plus belles manifestations de la nature chez ces admirables plantes de 
la haute Cordillère des Andes, si universellement appréciées aujourd'hui et 
cultivées presque partout avec une réussite assurée. L'Odontoglossum est par 
excellence l'Orchidée de grande culture et celle qui convient le mieux, nous 
l'avons déjà dit, pour les commerçants ; c'est elle qui réclame le moins de 
soins et de chaleur — une simple serre froide humide et aérée lui suffit. 
Lorsqu'ils sont bien cultivés, les Odontoglossum fleurissent souvent deux fois 
par an; mais celui qui est le plus prodigue de ses fleurs, c'est MO. Pescatorei 
dont nous reproduisons plus loin, dans cette livraison, une forme d'une grâce 
et d'une fraîcheur extrêmes. 

Nous disons plus haut que les Odontoglossum sont plus en faveur que 



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70 



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jamais, surtout sur le continent et on en réussit la culture beaucoup mieux 
qu'en Angleterre où ils sont généralement tenus trop secs et à une tempé- 
rature trop élevée. Nous avons en Belgique, surtout, quelques amateurs qui 
les cultivent dans la perfection. Au dernier Meeting de L'Orchidéenne nous 
avons compté 64 Odontoglossum sur 86 Orchidées exposées et presque chaque 
plante était une variété d'élite ! Nous avons près de Bruxelles, à Jette-St-Pierre, 
deux amateurs, MM. Miteau, père et fils, qui ont réuni plus de 2000 de ces 
admirables Orchidées et leur culture y est parfaite sous tous les rapports. A 
notre dernière visite, il y avait plus de huit cents plantes en fleurs ou en 
boutons et presque toutes appartenaient aux meilleures formes de Y Odon- 
toglossum Alcxandrae, variété dite de Linden, qui est citée aujourd'hui comme 
la perfection du genre. 

MM. Miteau ont fait construire récemment une serre à Odontoglossum 
qui peut être citée comme un modèle du genre. Tous les derniers perfec- 
tionnements y ont été appliqués, et nous n'avons aucun doute qu'elle ne 
produise des résultats excellents, car cette serre est parfaitement comprise 
dans tous les détails. 

Un autre amateur, M. Maurice Metdepenningen, à Gand, possède aussi 
une charmante collection qui s'étend tous les jours. Nous avons vu de lui 
au même meeting de L'Orchidéenne un Odontoglossum cirrhosum superbe, un 
O. Halli leucoglossum et deux formes de YO. crispum qui étaient tout simplement 
admirables. Son lot, primé à l'exposition de Mont-St-Amand, était également 
très beau. Nous parlons plus loin, à propos de Y Odontoglossum Warocqueanum, 
d'un grand amateur qui possède une collection merveilleuse. Citons encore, en 
Belgique, un amateur passionné d'Odontoglossum, M. du Trieu de Terdonck, 
le jeune et sympathique trésorier de la société L'Orchidéenne; MM. Edm. 
Morren, Massange de Louvrex, Kegeljan, etc. 

Les Anglais conviennent que les Odontoglossum sont mieux cultivés sur 
le continent qu'en Angleterre et il en est de même pour beaucoup d'autres 
Orchidées. Nos favorites se répandent de plus en plus et le nombre des 
amateurs devient légion. A la vente publique des plantes délaissées par feu 
M. le notaire Beaucarne, à Eenaeme, il y avait un nombre considérable 
d'acheteurs et les prix atteints pour la majeure partie des plantes étaient très 
élevés. Nous y avons remarqué beaucoup de débutants. Nous pouvons donc 
prédire que l'année 1889 sera excellente pour les Orchidées et nous répétons 
que celles-ci, surtout les Odontoglossum, sont plus en faveur que jamais ! 



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PL. CLXXVIII 

ODONTOGLOSSUM PESCATOREI var. LINDENIANUM 

ODONTOGLOSSE DE PESCATORE VARIÉTÉ DE M. LÎNDEN 

ODONTOG-LOSSUM PESCATOREI. Pseudobulbis ovatis leviter costatis diphyllis, foliis loratis planis 
basi angustatis, panicula erecta diffusa multiflora, bracteis minutis, floribus membranaceis, sepalis ovato-oblongis 
apiculatis leviter undulatis, petalis conformibus duplo latioribus, labello cordato oblongo cuspidato subpandurato basi 
denticulato, cristae lamellis lateralibus distantibus cartilagineis laceris, lineis duabus elevatis divergentibus interjectis, 
columnae brevis alis brevibus laceris. 

Linden Pescatorea, t. I. — Paxton Flor. Gard., III, t. 90. — Lindl. Fol. Orchid., n° 56. — Flor. Serr., 
t. 16, pi. 1624. — Illustr. Hortic, vol. 28, p. 7. 

Odontoglossum Pescatorei var. Lindenianum, sepalis albis roseo striatis, petalis carmineo ponctulatis, cristae 
lamellis luteolis, laciniis lateralibus purpureis. 

es fleurs de Y Odontoglossum Pescatorei, celles de l'espèce primitive, 
appartiennent sans conteste aux plus gracieuses du groupe. Aussi 
élégantes de forme que délicates de texture, elles se distinguent par 
la blancheur nacrée des segments de leur large périanthe, la macule jaune de 
la base du labelle et les lacinies qui s'y détachent en rouge vif. Le savant orchi- 
dographe M. Reichenbach avait donné à l'espèce, dans la Linnaea, t. 22, 850, 
le nom à' Odontoglossum nobile; c'est une noble plante, en effet, lorsque ayant 
atteint son complet développement, elle épanouit ses immenses panicules dont 
la longueur mesure parfois jusqu'à un mètre sur une largeur proportionnelle. 
L'espèce fut découverte, en 1847, par Funck et Schlim, dans les forêts de 
chênes qui couvrent les versants demi-froids de la Cordillère de la Nouvelle 
Grenade, dans les provinces de Pamplona et d'Ocafïa, à une altitude supra- 
marine de 2100 à 2200 mètres. Introduite vers la même époque dans les 
serres de M. J. Linden, à Bruxelles, elle y fleurit pour la première fois en 
mars 185 1. Elle fut dédiée à M. Pescatore, éminent promoteur de l'horti- 
culture et dont les collections à la Celle-Saint-Cloud étaient alors les plus 
considérables de l'Europe. Elle demeura longtemps un rare joyau, parce qu'il 
était difficile à l'introduire à l'état vivant et que la culture en était mal com- 
prise. Son habitat s'étend surtout dans une des ramifications du nord-ouest 
des Andes sur une aire de près de trente lieues carrées. 

Les principales variétés ont été introduites de cette contrée et elles sont 
nombreuses avec des différences de coloration plus ou moins caractérisées. 
Le Manual of Orchidaceons Plants, part. I, Odontoglossum, en énumère qua- 
torze, dont les plus remarquables sont celles de Veitch, du Baron Schrôder, 
de Sir Trevor Lawrence, de Low, de Thomson et de Vervaet. 

La variété de M. Linden, représentée sur notre planche, a sa place 



73 



marquée au premier rang parmi les meilleures formes. Les segments exté- 
rieurs du périanthe sont d'un blanc mat, striés de beau rose abricot; les 
pétales latéraux sont parsemés de ponctuations carminées, les lamelles de la 
crête sont jaunes et les lacinies latérales pourpre rougeâtre. 



FUMURE DES ORCHIDÉES 

(Suite, voir page 24) 

Nous nous rappelons qu'en 1876, après la fameuse discussion sur la 
soi-disant sève descendante des arbres, il fut question de l'emploi des matières 
fertilisantes et de la nutrition des plantes par leurs feuilles. Parlant de la 
culture des Broméliacées épiphytes et des Palmiers, M. de la Devansaye fit 
ressortir W les excellents résultats obtenus au moyen d'une substance azotée 
déposée dans les tuyaux gouttières dans lesquels circulait de l'eau à ciel 
ouvert. M. Reichenbach cita, à ce propos, de très grands exemplaires de 
Phalaenopsis dont le développement extraordinaire était dû à une substance 
que l'on mettait la nuit sur les tuyaux de chauffage ; seulement le savant 
orchidologue ajouta aussitôt : « les plantes qu'on obtient ainsi ont une durée 
très courte. » 

Le professeur Ed. Morren fit connaître à son tour « son secret » pour 
la culture des plantes épiphytes : « Je mets dans un coin de ma serre, dit-il, 
un peu à l'écart, un petit morceau de carbonate d'ammoniaque, de la gran- 
deur d'un morceau de sucre ; au bout de huit jours, il est volatilisé et je 
le remplace alors. Le carbonate d'ammoniaque, qui est un sel volatile, est 
dissous dans l'atmosphère. Je donne ainsi à l'air de ma serre un certain 
surcroît d'acide carbonique et d'ammoniaque, parce que j'y cultive des plantes 
provenant des forêts dans lesquelles la putréfaction du sol produit une grande 
quantité d'ammoniaque : les plantes sont donc placées dans des conditions 
plus naturelles. » 

Il y a plus de trente ans, comme le rappelle le D r Ed. Goeze, dans 
le Hamburger Garten- imà Blumenzeitungi 2 ), M. Ed. Regel, dans sa Théorie 
des Gartenbaues, avait déjà recommandé un procédé semblable. « Dans les 
serres basses où sont placées d'ordinaire les Orchidées nouvellement impor- 
tées, les sentiers et les murs pourraient, dit-il, être arrosés plus d'une fois 

(Suite, voir page 74.) 

(1) Bulletin de la Fédération des Sociétés d'horticulture : Ed. Morren, Actes du Congrès de botanique, 1877, 
page 79. 

(2) Tome 44, 1888, p. 297. 



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ODONTOGLOSSUM ROSSI var. MOMMIANUM 



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PL. CLXXIX 

ODONTOGLOSSUM ROSSI var. MOMMIANUM 

ODONTOGLOSSE DE M. MOMM 

ODONTOGLOSSUM ROSSI Lindl. Pseudobulbi ovati caespitosi ancipites monophylli; folia oblongo- 
lanceolata scapo radicali subbifloro longiora ; bracteae carinatae acuminatae ; sepala lineari-lanceolata carinata acumi- 
nata patentia ; petala oblonga obtusa revoluta ; labellum subrotundum ovato-emarginatum undulatum lamellis unguis 
confluentibus rotundatis denticulis 2 anterioribus obtusis ; columna aptera pubescens. 

Patria : Mexico. 

Lind. Sert. Orchid., t. 35. — Bot. Reg., 1839, t. 48. — Illustr. Hortic, vol. 27, p. 7. — Od. Ehrenbergi VH 
(nec Link), Flor. Serr., VIII, t. 846. — Walp. Ann., VI, Od. aptero, p. 833, false relatum, p. 932 recte restitutum. 

Odontoglossum Rossi var. Mommianum, sepalis intense sanguineo hieroglyphice marmoratis, petalis lateralibus 
atrorubro medio pictis, labello pulcherrime roseo striato. 

ombreuses sont les variétés de Y Odontoglossum Rossi Lindl. qui fut 
découvert dans le district d'Oaxaca, au Mexique, par Barker en 1837, 
il y a donc un demi-siècle, et qui se trouve répandu généralement 
dans les collections. La plante forme de petites touffes, à pseudobulbes mono- 
phylles avec des hampes portant deux ou trois rieurs. Dans le type, celles-ci 
ont les sépales blanc-verdâtre striées brun et les pétales avec le labelle blancs. 
Dans les variétés, la grandeur des fleurs et le coloris diffèrent dans une 
gamme assez étendue. Parmi les premières importées de leur patrie se trouvent 
YOd. Rossi coemlescens, à fleurs rose mauve et macules pourpres, YOd. R. 
rubescens, à fleurs rose pâle et macules brun marron, YOd. virescens, à fleurs 
blanches et macules verdâtres. Le volume premier du Manuel of Orchidaceous 
Plants, publié par la maison Veitch, mentionne encore d'une manière spé- 
ciale les variétés Od. R. aspersum à fleurs jaune pâle ponctuées de brun 
marron, YOd. R. Ehrenbergi (syn. Dawsonianum) à fleurs plus petites, segments 
plus aigus et sépales vert pâle, YOd. R. Humeanum, à fleurs plus étroites et 
labelle largement cordé, sépales jaunes lignés cannelle, pétales blancs maculés 
brun, YOd. R. W amerianum , à fleurs blanches sur la moitié supérieure des 
segments et verdâtres lignées rougeâtre sur la moitié inférieure. 

La variété Od. Rossi Mommianum dépasse en beauté toutes celles décrites 
jusqu'à ce jour; elle a fait sensation au sixième Meeting de L'Orchidéenne 
à Bruxelles. Les sépales sont à fond rosé barrés irrégulièrement de macules 
rouge foncé ; les pétales latéraux plus larges sont fortement marqués suivant leur 
milieu et jusqu'à leur extrémité de figures rouges lie de vin avec rétrécissements 
successifs et se terminant en pointe au sommet de la ligne médiane; le labelle 
large et cordiforme, ondulé sur les bords, nettement strié du plus beau rose. L'en- 
semble constitue une fleur d'un brillant coloris et d'une réelle élégance. 



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74 



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par jour avec du purin frais : l'air ainsi chargé d'ammoniaque agit de la 
manière la plus favorable sur le développement de nouvelles racines aériennes. » 
Cette répétition journalière d'une dose d'engrais ajoutée même seulement à 
l'air ambiant sera sans doute considérée comme une exagération ; telle est 
aussi notre manière de voir. Mais fournir à l'atmosphère de la serre ou bâche 
un supplément d'ammoniaque régulier et modéré doit sans aucun doute avoir 
pour résultat d'augmenter l'alimentation des plantes et les éléments assimila- 
bles. Leur prodiguer ces éléments à l'excès, ce serait provoquer une pousse 
excessive, voisine de celle qui accompagne l'étiolement, et par conséquent 
provoquer la ruine des végétaux. Celle-ci ne sera jamais la conséquence de 
l'accroissement ou du grossissement normal des pseudobulbes, de la produc- 
tion de nombreuses et solides racines aériennes, qui sont l'indice certain d'une 
excellente vigueur et d'une santé parfaite. 

On a conseillé, comme terme modéré, de donner une fois par semaine 
aux Orchidées en pleine végétation un arrosement d'un mélange d'un gramme 
de guano par litre d'eau. Cette dose admissible pour des sujets vigoureux, 
serait évidemment désastreuse pour des exemplaires délicats. On a conseillé 
encore d'employer aux plantes souffreteuses et atteintes de chlorose ou jaunisse 
un mélange de sulfate de fer, dans la proportion de 50 grammes de ce sulfate 
par hectolitre d'eau de pluie. Ce procédé ne saurait être nuisible. 

Dans les lignes qui précèdent, nous avons passé en revue les principaux 
faits relevés par les auteurs et concernant la fumure des Orchidées en y ajoutant 
quelques données de notre propre expérience. Nous devons mentionner encore 
que durant l'été de 1888 nous avons eu l'occasion de faire quelques essais 
avec l'engrais actuellement importé de Norwège sous le nom de guano de 
poisson et dont nous avons déjà signalé l'emploi très efficace (voir ci-dessus, 
p. 24). Les échantillons dont nous avons fait usage, étaient dosés de la manière 
suivante : azote de 5 à 7 %, acide phosphorique 8 à 10 %, potasse 3 à 5 %, 
soit 16 à 22 % éléments fertilisants les plus riches, les autres parties compre- 
nant la matière gélatineuse des os ou arêtes des poissons W. Nos essais ont 
été faits en serre et en plein air, sur des plantes en pots et des plantes en 
pleine terre. Ces essais multiples et variés nous ont permis de constater dans 
les divers cas, la rapidité et l'énergie de l'action de ces engrais en même 
temps que la persistance et la continuité de celle-ci. Quelques Orchidées, à des 
degrés divers de végétation, soumises à ces essais en juillet et août 1888, se 
sont parfaitement développées et jusqu'ici rien ne nous autorise à prévoir pour 
ces plantes un dépérissement subséquent. 

(Sera continué.) 



(1) Cet engrais est obtenu en desséchant, broyant et dégraissant les déchets de morue (têtes, queues et charpente. 
osseuse), et les harengs n'ayant pas la taille voulue pour servir à l'alimentation. D'après une statistique officielle que 
nous avons sous les yeux, la quantité de guano de poisson exportée des îles Loffoden en 1887 a été de 12000 tonnes, 
ayant une valeur de 2,160,000 francs. 







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PL. CLXXX 



ODONTOGLOSSUM WAROCQUEANUM 



J. & L. LIND. 




ODONTOGLOSSE DE M. GEORGE WAROCQUÉ 

i nous avons commencé cette livraison, dédiée aux Odontoglossum, 
par une merveille, Y Odontoglossum Bleichrôderianum, nous ne pouvons 
mieux la terminer que par une autre merveille, tout aussi remar- 
quable et bien différente cependant, Y Odontoglossum Warocqueanum, dédié à un 
des Mécènes de l'horticulture, M. George Warocqué, le président de la société 
L'Orchidéenne et un des administrateurs de la société L'Horticulture Inter- 
nationale, chez qui l'amour des plantes est héréditaire de père en fils depuis 
trois générations. 

L' Odontoglossum Warocqueanum fait partie de la section des O. Anderso- 
nianum, hybrides naturels entre les Odontoglossum crispum et O. gloriosum ; 
mais il est beaucoup plus robuste que ses parents et infiniment plus beau. 

La belle planche ci-contre, due au pinceau de notre excellent artiste, 
M. De Pannemaeker, donnera plus que toute description une idée de la 
beauté de cette merveilleuse Orchidée qui a valu à son heureux possesseur, 
M. George Warocqué, un certificat de mérite de première classe au sixième 
meeting de L'Orchidéenne, où elle a été très admirée par un public nombreux 
qui se pressait autour de la table où elle trônait en reine au milieu de ses 
brillantes rivales. 

Les collections d'Orchidées de Mariemont sont splendides; les Odonto- 
glossum surtout, au nombre de quelques mille, sont cultivés très judicieu- 
sement et fleurissent, en ce moment, abondamment. Ces collections ne peuvent 
malheureusement pour les amateurs, être visitées sans permission écrite du 
propriétaire et celle-ci n'est pas toujours accordée. 

Les fleurs de Y Odontoglossum Warocqueanum sont grandes, larges, d'un 
beau jaune paille maculé de brun légèrement carminé. C'est une plante 
vigoureuse, aux bulbes allongés, qui promettent pour la suite des floraisons 
puissantes, car elle n'a pas encore donné tout ce qu'elle promet et elle 
reviendra, nous en sommes certains, l'année prochaine à un meeting de 
L'Orchidéenne, plus admirable encore. 

Un autre Odontoglossum de la collection de Mariemont, Y Odontoglossum 
Halli Lindeni a été peint pour la Lindenia et paraîtra dans une des pro- 
chaines livraisons. C'est une variété d'une beauté idéale ! 






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LE SEPTIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE 



Le septième Meeting mensuel de L'Orchidéenne a eu lieu le dimanche 14 avril 1889, 
dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale, Parc Léopold, à Bruxelles, 
avec un succès qui s'affirme de plus en plus. Quatre-vingt six très belles Orchidées y étaient 
exposées et ont été admirées par de nombreux visiteurs. 

Ce Meeting était surtout remarquable par le nombre des Odontoglossum hors ligne qui y 
étaient présentés. Nous ne pensons pas qu'une exposition ait jusqu'ici réuni un ensemble d'espèces 
et variétés d'aussi grande valeur. Une douzaine de plantes d'élite se disputaient les diplômes 
d'honneur et les quatre primées étaient réellement admirables. 

Le jury, présidé par M. de Lansberge, un des présidents d'honneur de la Société, se com- 
posait de MM. L. Lubbers, secrétaire, Kegeljan, Lallemand, Miteau, Wallaert, Rodigas 
et Massange de Louvrex. 

Le Comité directeur était représenté par MM. G. Warocqué, président ; Lucien Linden, 
secrétaire et du Trieu de Terdonck, trésorier de la Société. 

Nous avons noté spécialement les plantes suivantes : 

Plusieurs belles variétés & Odontoglossum Alexandrae, un Odontoglossum luteo-purpureum 
sanguineum, d'excellente culture, et un très gracieux Odontoglossum, nommé Lansbergei, de 
M. G. Warocqué, de Mariemont; un Odontoglossum Alexandrae de forme parfaite, un Odon- 
toglossum cirrhosum, belle variété et un Odontoglossum Halli leucoglossum, ayant une tige 
florale d'environ un mètre de longueur, de M. M. Metdepenningen, de Gand ; un Odonto- 
glossum vexillarium, à fleurs pourpre foncé, un Odontoglossum hybride et un Odontoglossum 
Ruckerianum, remarquables, de MM. Vervaet et C ie , de Gand; un Odontoglossum Pescatorei 
var. Miteauanum, maculé de violet foncé, très séduisant et très admiré, de M. Miteau, de 
Jette-S'-Pierre ; trois très belles variétés d' Odontoglossum, de M. Peeters, de Bruxelles; une 
bonne variété de Coelogyne Lemoineana, de M. le D r Capart, de Bruxelles; quelques beaux 
Odontoglossum crispum, de M. Vasseur, de Bruxelles; 

D'admirables Odontoglossum nouveaux, exposés par M. Linden, de Bruxelles : Odonto- 
glossum Leopoldi, 0. Halli Lindeni, 0. Pescatorei var. Luciennae et principalement Odon- 
toglossum Bleicliroderianum, qui ont fait sensation. Notons du même exposant les Odontoglossum 
Halli xantoglossum, Dendrobium Wardianum superbum, Chysis Limminghei, Odontoglosstim 
gloriosum superbum et Od. gloriosum var. Cahuzacianum, etc. ; 

Un Cypripedium grande, variété superbe, magnifiquement cultivé, de M. le comte de 
Bousies, à Harvengt; 

Un Odontoglossum hastïlabium et un 0. luteo-purpureum , de M me Block , de Bruxelles. 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Diplôme d'Honneur de i re classe aux Odontoglossum Bleicliroderianum, de M. Linden, 
à Bruxelles, à l'unanimité ; Odontoglossum Halli Lindeni, de M. Linden, à Bruxelles, à l'una- 
nimité; Odontoglossum Leopoldi, de M. Linden, à Bruxelles, à l'unanimité; Odontoglossum 
Pescatorei var. Miteauanum, de M. Paul Miteau, à Jette-S'-Pierre. 

Certificat de Mérite de i re classe aux Odontoglossum hybridum, de MM. Vervaet et C ie , 
à Gand, à l'unanimité; Odontoglossum vexillarium, de MM. Vervaet et C ie , à Gand, à l'una- 
nimité; Odontoglossum crispum, de M. Peeters, à Bruxelles, à l'unanimité ; Odontoglossum 
Alexandrae var. Perfection, de M. Metdepenningen, à Gand; Cypripedmm grande, de M. le 
comte de Bousies, à Harvengt; Odontoglossum var., de M. Peeters, à Bruxelles; Odonto- 
glossum cirrhosum var., de M. Metdepenningen, à Gand; Odontoglossum Halli xantoglossum, 
de M. Linden, à Bruxelles; Odontoglossum Lansbergei, de M. G. Warocqué, à Mariemont; 
Odontoglossum odoraium var. Cahuzacianum, de M. Linden, à Bruxelles. 

Certificat de Mérite de 2 e classe aux Odontoglossum Ruckerianum, de MM. Vervaet 
et C ie , à Gand; Odontoglossum Pescatorei var. Luciennae, de M. Linden, à Bruxelles; Odonto- 
glossum gloriosum superbum, de M. Linden, à Bruxelles; Odontoglossum luteo-purpureum, de 
M me Block, à Bruxelles. 

Certificat de Culture de i re classe à Y Odontoglossum luteo-purpureum sanguineum, de 
M. G. Warocqué, à Mariemont. 



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77 



HENRI GUSTAVE REICHENBACH 



a botanique générale et l'orchidographie en particulier viennent de 
faire une perte immense en la personne du professeur Reichenbach, 
directeur du Jardin botanique de Hambourg, décédé en cette ville 
le 6 mai 188g. En ce siècle, dont les dernières années sont marquées par le 
relèvement continu de l'horticulture et par la faveur croissante dont sont 




H. G. Reichenbach fil. 
1823-1889. 

partout l'objet les Orchidées des tropiques, trois noms ont surgi autour de 
ces reines des rieurs et ces noms ont été presque inséparables dans ce domaine 
où la science, plus équitable que l'intérêt humain, les maintiendra longtemps 
étroitement unis ; ces noms sont ceux de John Lindley, de H. G. Reichenbach 
et de J. Linden. A des titres divers, ils sont célèbres dans le monde, partout 
où l'on connaît les Orchidées ; ceux qui aiment, cultivent ou collectionnent 
ces plantes, doivent à ces trois hommes une part de leur jouissance ou de 



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leur savoir : à Lindley la délimitation si heureuse des groupes, à Reichenbach 
la description d'une masse énorme d'espèces, de variétés et d'hybrides, à 
M. J. Linden la découverte et l'introduction de la majeure partie des plantes 
auxquelles les deux autres ont ajouté leur marque. 

Henri Gustave Reichenbach naquit à Leipsig le 3 janvier 1823. Son 
père fut lui-même un savant botaniste qui a laissé un grand œuvre, les Icônes 
Florae Germaniae et Helvetiae, auquel Reichenbach fils (c'est ainsi qu'il signa 
toutes ses déterminations et tous ses écrits) contribua pour une bonne part et 
qu'il illustra en y donnant plus de quinze cents figures dessinées de sa main. 

Son premier ouvrage, Tentamen Orchidographiae Europeae, date de 1851. 
Sa thèse doctorale sur l'origine et la structure du pollen chez les Orchidées 
fut publiée en 1852; mais, comme il aimait à le redire lui-même, c'est à l'âge 
de 18 ans qu'il commença ses études sur les Orchidées qui demeurèrent toujours 
ses fleurs de prédilection. D'abord, il suivit Lindley dans ses immortels travaux, 
bientôt il devint l'émule du maître et conquit à ses côtés une place non 
moins distinguée. Comme le disait fort bien en 1871 notre savant ami le 
D r Masters, la vice-royauté de Reichenbach ne cessa qu'à la mort de Lindley, 
qui survint en 1865, et depuis lors il fut et resta sans conteste la première 
autorité en fait d'Orchidées : personne ne les connaissait mieux que lui, personne 
ne possédait leur faciès comme lui ; on aurait dit qu'il avait la mémoire de tous 
les éléments réunis dans son incommensurable herbier. S'il nous avait fallu 
une preuve de l'étendue de son savoir, nous l'aurions trouvée quand nous 
eûmes l'avantage de l'accompagner lors d'une visite faite dans la section des 
Orchidées à l'exposition quinquennale du Casino en 1888 ; durant trois heures 
il nous parla de ses fleurs préférées, les désignant toutes avec netteté, repre- 
nant parfois des élans de jeunesse et évoquant des souvenirs lointains du 
temps où jaillissait sous sa plume un peu pointue plus d'un trait sarcastique. 
Il était déjà très souffrant lors de cette visite et annonça avec tristesse que 
ce serait sa dernière. Ses chères Orchidées étaient ses seules délices, un véri- 
table besoin de sa vie : il leur avait donné cinquante années de son existence; 
il avait parlé d'elles dans tous les recueils botaniques et horticoles du monde ; 
il avait correspondu à propos d'elles avec tous ceux qui s'y intéressaient, il 
avait donc le droit d'en être jaloux et il l'était en effet. Ce n'est pas qu'il était 
fier. Il y a vingt-cinq ans, des ouvertures brillantes furent faites au professeur 
Reichenbach pour l'attacher à une des chaires de botanique de notre enseigne- 
ment universitaire. Savez-vous quelle fut sa réponse ? « Vous possédez en 
Belgique, écrivit-il, des botanistes de talent que je n'ai pas la prétention d'égaler, 
encore moins de surpasser; vous n'avez que l'embarras du choix. » 

Les œuvres de Reichenbach lui survivront. Ses Xenia Orchidacea avec 
leurs neuf cents dessins seraient déjà un impérissable monument ; les Orchi- 
dées elles-mêmes se chargeront du soin de conserver son souvenir. 

Ém. Rodigas. 



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ZYG01 



M GIBEZIA1 






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PL. CLXXXI 

ZYGOPETALUM GIBEZIAE n. e. br. 

ZYGOPETALUM DE M me GIBEZ 



ZYGOPETALUM Hook. Vide Lindenia, vol. II, p. 43, t. 68. 

Zygopetalum Gibeziae, nov. sp. — § Warscewiczella ; affinis Zygopetalo cochleari Lindl., pseudobulbis nullis ; 
foliis cuneato-oblanceolatis acutis, quinque- septemnervatis, 12-26 centim. longis, 2 J / 2 -3 V2 centim. latis ; pedun- 
culis unifloris, radicalibus, solitariis, 7 Va -10 centim. longis ; sepalis petalisque oblongo-lanceolatis, acutis, albis, 
labello basi latiori lateris erecto-incurvis, antice rotundato-quadrato, integro, callo magno, crasso omnino albo ; 
violaceo-venoso ; columna crassa, alba, violaceo striata. Flores ex icône tantum descripsi. N. E. Br. 



ar son port, cette jolie espèce rappelle de tous points les Zygope- 
talum discolor et Z. cochleare et de prime abord nous étions porté à 
la considérer comme une forme de ce dernier, mais la conformation 
du labelle et sa crête diffèrent tellement de la conformation du labelle et de 
la crête du Zygopetalum cochleare que nous pensons pouvoir la tenir pour une 
espèce distincte. A la demande de M. Linden, nous la dédions à M me Gibez, 
dont la collection d'Orchidées jouit d'une juste renommée. 

Dans le Zygopetalum cochleare le labelle est bilobé au sommet et la crête 
est composée d'un demi cercle de petits tubercules, tandis que le labelle du 
Z .Gibeziae est entier, largement et obtusément arrondi au sommet; la crête 
est épaisse et en forme de coussinet. Le coloris de la fleur est semblable 
à celui du Z. cochleare; en effet, les sépales et pétales sont blancs ou blanc 
verdâtre pâle, le labelle est blanc veiné violet; mais il y a encore cette différence 
que dans le Z. cochleare les veines violettes sont concurrentes et forment vers le 
sommet du labelle une large macule, tandis que dans le Z. Gibeziae il ne 
semble pas en être ainsi. Tout bien considéré, cette nouveauté est décidément 
supérieure au Z. cochleare si l'on se place au point de vue purement horticole. 

Le Zygopetalum Gibeziae appartient à la section des Warscewiczella que 
Reichenbach considérait comme un genre distinct et différant de l'espèce sur 
laquelle fut créé celui des Zygopetalum, par les scapes uniflores, le labelle 
plus large et la crête un peu autrement disposée. Seulement depuis l'année 1852, 
lorsque le genre Warscewiczella fut fondé, la découverte de nombreuses plantes 
alliées a montré que les espèces rapportées à ce groupe ainsi que celles com- 
prises dans les genres Huntleya, Zygopetalum, Bollea, Pescatorea, Promenaea 
et Kefersteinia constituent une série tellement compliquée de formes connexes 
que toutes sont maintenant ramenées au seul genre Zygopetalum. 

N. E. Brown. 



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PL. CLXXXII 




MASDEVALLIA SHUTTLEWORTHI rchb. f. 



MASDEVALLIE DE SHUTTLEWORTH 



MASDEVALLIA. Vide Lindenia, vol. I, p. 35. 

Masdevallia Shuttleworthi, foliis petiolatis elliptico-oblongis subacutis trinerviis, scapis folia subaequantibus 
unifloris viridibus, floribus pro planta amplis, bracteis acuminatis, perianthii tubo brevissimo basi gibbo, sepalo 
dorsali modice cucullato-suberecto obovato repente in caudam longissimam angustato roseo punctis pallide conspurcato 
et nervis 5-7 roseis instructo, sepalis lateralibus oblique ovatis in caudas elongatas sensim attenuatis saturate roseis 
punctis rubris conspurcatis, petalis lineari-oblongis apice obtuse 2-labio, labelli lamina late oblonga apice recurva 
obtusa disco bicarinata, columna brevi. 

Rchb. f., Gard. Chron., 1875, pars I, 170, et 1876, pars II, 781. — Hook. Bot. Mag„ t. 63-72. — 
III. Hort., vol. 28, p. 171. 

ernièrement, en parlant du Masdevallia tovarensis aux inflorescences 
blanc pur, nous disions qu'un regain de faveur salue ces jolies 
Orchidées ; les expositions florales de ce printemps en ont fourni la 
preuve, et elles méritent bien le peu de soins qu'elles réclament et qu'elles 
payent avec usure. L'espèce dont la Lindenia présente ci-contre le portrait, 
sans être la plus brillante du groupe, est néanmoins fort remarquable par 
sa forme, son coloris et les longs appendices des sépales, qui en font une 
charmante petite perle. Elle est loin d'être répandue dans les collections comme 
elle devrait l'être ; cela provient sans doute de ce que dépourvue de pseudo- 
bulbes épais et charnus, elle reste d'une introduction difficile. 

Le Masdevallia Shuttleworthi a les feuilles pétiolées, elliptiques-oblongues 
et trinerviées ; les hampes florales ne sont guère plus longues que les feuilles, 
elles sont vertes et ne portent généralement qu'une fleur, bien que plusieurs 
fleurs puissent se succéder sur la même hampe; les fleurs sont grandes eu 
égard aux dimensions de la plante ; le tube floral est très court et renflé 
à la base; le sépale dorsal quelque peu cucullé se termine en un très long 
appendice filiforme jaunâtre ; le fond rouge-jaunâtre est parsemé de petits 
points rouges et marqué de cinq à sept lignes rouges ou roses; les sépales 
latéraux obliquement ovales se prolongent également en appendices filiformes 
et sont tout à fait recouverts de petites ponctuations rouges sur fond rose; 
le labelle est fort petit et le gynostème court. 

Les plus belles espèces de ce genre, ainsi que l'a dit Ed. Morren, dans 
la Belgique Horticole, furent trouvées dans la Colombie par M. J. Linden, 
qui en a découvert ou introduit trente-six espèces. Le Masdevallia Shuttleworthi 
fut introduit en Angleterre par le collecteur dont il porte le nom. 



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DENDROBIUM BRYMERIANUM rchb. 



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PL. CLXXXIII 

DENDROBIUM BRYMERIANUM rchb. f. 

DENDROBIUM DE M. W. E. BRYMER 

DENDROBIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 13. 

Dendrobium Brymerianum, caulibus teretiusculis leviter sulcat.is supra basin incrassatis, foliis lanceolatis acu- 
minatis, racemo laterali paucifloro, bracteis triangulari-ovatis, floribus 3 poil, diam., aureis, sepalis ovato-lanceolatis 
subacutis, petalis aequilongis lineari-oblongis obtusiusculis, labello explanato papilloso , lobis iateralibus brevibus 
fimbriato-ciliatis ciliis subulatis margine ciliolatis, lobo terminali ovato timbras ipso longioribus dichotome ramosis 
ciliolatis elegantissime circumdato, columna brevi, anthera triloba. 

Rchb. F. in Gard. Chron., 1875, pars II, p. 323 et 1876, p. 366. — Bot. Mag., t. 6383. 

ne des espèces les plus caractéristiques sinon la plus étrange du genre 
Dendrobium a été bien longtemps le curieux Dendrobium fimbriatum, 
qui est à la fois un des plus beaux parmi les Dendrobes à rieurs 
jaune orange et l'un des plus florifères. Quant à la forme, il fut détrôné après 
un demi siècle, par le Dendrobium Brymerianum, dont la Lindenia donne 
ci-contre le portrait. Il est originaire du Burmah anglais, cette région si fertile 
en espèces de ce genre; il fut introduit en Europe en 1874 par MM. Low and C° 
et fleurit pour la première fois en 1875 dans la collection de M. W. E. Brymer, 
à Ilsington House, près Dorchester. C'est à cet amateur distingué que l'espèce 
fut dédiée par le célèbre orchidographe Reichenbach. 

Le Dendrobium Brymerianum a les tiges robustes, presque cylindriques, 
longues de 30 à 50 centimètres, légèrement sillonnées, renflées au dessous 
de leur milieu et s'amincissant vers les deux extrémités ; les feuilles sont 
lancéolées acuminées, longues de 10 à 15 centimètres, persistantes; les fleurs, 
larges de 7 à 8 centimètres de diamètre, sont solitaires ou bien disposées 
en racèmes latéraux pauciflores; elles sont d'un riche jaune d'or; les sépales 
sont ovales lancéolés presque aigus; les pétales sont de même longueur, mais 
linéaires-oblongs et plutôt obtus. Quant au labelle , il est certainement le 
plus extraordinaire qu'on puisse voir dans une famille où pourtant les choses 
extraordinaires abondent ; il est ouvert, de forme triangulaire ou en cœur 
avec deux lobes latéraux finement frangés et ciliolés, comme dans le Dendrobium 
fimbriatum, avec le lobe terminal muni dans tout son pourtour de franges 
plus longues que le labelle, gracieusement ramifiées et garnies de cils, formant 
comme un réseau transparent ou une élégante barbe. 

MM. Veitch, dans leur Synopsis des espèces et variétés du genre Den- 
drobium, mentionnent la variété D. Brymerianum histrionicum dont les fleurs 
sont plus petites et ne s'épanouissent guère parfaitement. 



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LES ORCHIDÉES A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN i 889 

Le mouvement orchidéen bruxellois a remporté au Concours général du 
24 mai, à l'Exposition universelle de Paris, un succès retentissant. 

Pour le grand lot, M. Peeters, de Bruxelles, est arrivé premier, haut la 
main, battant MM. Sander et C ic , de S 1 Albans, mauvais troisième, le deuxième 
prix n'ayant pas été décerné. Le lot de MM. Sander et C ie se composait de 
200 à 300 Miltonia {Odontoglossum) vexillaria en variétés très médiocres. Le 
jury lui a décerné un 3 me prix ; sa décision a été généralement approuvée*. 

Celui de M. Peeters comprenait 400 plantes bien variées dans lesquelles 
les Laelia purpurata, Cattleya Mossiae et Mendeli dominaient. Rien de saillant 
cependant comme variétés ; mais l'ensemble formait un lot de plantes bien 
fleuries produisant grand effet. Nous avons beaucoup regretté que ce lot magni- 
fique fût aussi mal exposé. Il valait à coup sûr plus d'honneur; les plantes 
auraient dû être plus espacées et placées sur une tablette élevée au-dessus du 
sol. Disposées comme elles l'étaient, entre deux groupes d'Azalées, elles n'étaient 
pas traitées comme ces charmantes filles de l'air méritent de l'être. L'Orchidée 
est une reine qui ne doit pas être détrônée. 

Un autre horticulteur bruxellois, M me Block, exposait un lot d'Orchidées 
nombreux et charmant, disposé avec goût sur une tablette. Il a produit aussi 
un grand effet et propagera le goût des Orchidées. 

Ce premier prix a été partagé, ex aequo, avec M. G. Mantin. Son lot 
était gentil, rehaussé par un mélange d'Orchidées européennes bien fleuries. Le 
contraste était intéressant à étudier. Nous aurions voulu que ses Orchidées 
fussent mieux exposées : la majeure partie étaient mal fixées dans le pot ou 
le panier et le sphagnum était gâté ou ne valait guère mieux. Nous attachons 
une grande importance à ce que ces plantes soient bien présentées. 

Nous ferons la même remarque pour le lot de MM. Garden, deuxième 
prix. Plus de goût dans l'arrangement des plantes aurait relevé considérablement 
sa collection. 

Nous signalons les Cypripedium de M. Massange de Louvrex et de 
M me Block, deuxièmes prix. 

Les Odontoglossum de M. Vuylsteke, à Loochristi, étaient jolis. Nous 
placerons hors de pair son merveilleux Odontoglossum miniatum Lind. , découvert 
et introduit en 1869 par M. Linden; c'était la plante à sensation de l'Exposition. 

Nous avons encore noté quelques Orchidées, dont plusieurs présentées 
en beaux sujets, dans les charmantes serres de MM. Truffaut, Godefroy- 
Lebœuf et Duval ainsi que le lot splendide de Cattleya Mossiae de M. Finet. 

En somme, grand succès pour les Orchidées de Belgique et surtout pour 
Bruxelles, le centre orchidéen du continent. En outre, chacun a pu constater 
que les progrès réalisés par les cultivateurs français sont considérables. 



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PL. CLXXXIV 



ODONTOGLOSSUM HALLI lindl. var, LINDENI 

ODONTOGLOSSE DE HALL, VARIÉTÉ DE M. LINDEN 



ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenm, vol. I, p. n. 

'lossum Halli Lindl. Vide ibid., vol. IV, p. 31. 




u septième Meeting de L'Orchidéenne, trois variétés nouvelles extra- 
ordinaires d'Odontoglossum furent l'objet de l'admiration générale ; 
c'étaient YOdontoglossum Bleichrôderianum dont nous avons donné le 
portrait dans la précédente livraison ; VOdontoglossum Leopoldi, que nous repro- 
duirons prochainement et la variété qui nous occupe, le splendide Odontoglossum 
Halli var. Lindeni. De ces trois variétés celle-ci était la plus étonnante ; elle 
réalisait une supériorité tellement considérable sur l'espèce type que la plupart 
des amateurs et des connaisseurs présents en furent émerveillés. Ils la décla- 
rèrent unanimement un Odontoglossum remarquable entre tous ; c'est une plante 
d'une beauté exceptionnelle avec ses grandes rieurs bronzées, sombres, bordées 
de jaune clair et son labelle large, à fond blanc de neige, frangé et marqué 
d'un disque de lignes brunâtres. 

\J Odontoglossum Halli Lindeni a fleuri, pour la première fois en Europe, 
dans les serres de L'Horticulture Internationale au commencement du mois 
d'avril de cette année et a, depuis lors, passé dans la superbe collection de 
M. Georges Warocqué, à Mariemont. 

Le huitième Meeting de L'Orchidéenne présentait quelques variétés d'Odon- 
toglossum remarquables et dont les noms méritent d'être retenus : 

Odontoglossum Grusonianum, variété charmante de YOdontoglossum Ander- 
sonianum; fond jaune paille, macules presque noires ; fleurs de belle grandeur. 

Odontoglossum Halli var. superbum, fleur sombre, presque noire, bordée 
de jaune clair, labelle blanc dans le genre du leucoglossum ; variété très effective. 

Odontoglossum Peetersianum, hybride naturel entre les Odontoglossum Rossi 
et cordatum; la culture en fera une variété très belle. 

Odontoglossum Pescatorei var. Hyeanum, délicieuse forme à fleurs grandes, 
maculées et de tenue excellente. 

Odontoglossum vexillarium var. fashwsum, variété admirable ; labelle large, 
bien étalé, d'un blanc virginal, les pétales au contraire d'un rose frais, vigou- 
reux; sera reproduit dans une des prochaines livraisons de la Lindenia. 



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LE HUITIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE 



Par exception et pour ne pas coïncider avec l'Exposition de Gand, le huitième Meeting 
de L'Orchidéenne a eu lieu le dimanche 5 mai, dans le pavillon central de L'Horticulture 
Internationale, au Parc Léopold, à Bruxelles. Le succès de cette Exposition et l'affluence 
des visiteurs prouvent que le goût des Orchidées se répand de plus en plus et que les Meetings 
de L'Orchidéenne sont venus combler une véritable lacune : il manquait sur le continent, à 
Bruxelles, cette capitale si centrale, une Société spéciale organisant des réunions mensuelles 
d'orchidophiles. L'Exposition d'aujourd'hui était idéale; les variétés hors ligne de Cattleya et 
d'Odontoglossum, qui y étaient exhibées, ont produit un effet indescriptible. 

Le jury, présidé par M. J. Linden, un des présidents d'honneur de la Société, se composait de 
MM. Lubbers, secrétaire, G. Miteau, A. Van Imschoot, O. de Meulenaere, A. Lallemand et 
E. Wallaert. 

Le Comité directeur était représenté par MM. G. Warocqué, président, Lucien Linden, 
secrétaire et J. du Trieu de Terdonck, trésorier. 

Nous avons relevé, parmi les plus saillantes, les Orchidées suivantes : 

Les Odontoglossum vexillarium delicatum, admirablement fleuri, Odont. Pescatorei var. de 
Mariemont et Odont. gloriosum var. splendidum, de M. G. Warocqué ; les Odontoglossum 
glorioswn var. Cannartae et triumphans, de M me de Cannart d'Hamale; le Cypripedium 
Elliotianum, de M. J. du Trieu de Terdonck; les Odontoglossum crispum roseum et Trianae, 
Cattleya Mendeli, de MM. Vervaet et C ie ; Y Odontoglossum vexillarium var. fastuosum, de 
M.. A. Van Imschoot; 

Une cinquantaine de variétés, hors ligne, de Cattleya Mossiae, un véritable éblouissement, 
parmi lesquelles se trouvaient de véritables merveilles; les Laelia elegans var. Stelzneriana, 
Cattleya Lawrenceana, Odontoglossum Halli var. superbum, de M. Linden; 

Plusieurs variétés charmantes d'Odontoglossum crispum et Pescatorei; Cypripedium Sedeni 
candidulum et superbiens, de M. G. Miteau; Y Odontoglossum Pescatorei var. Hyeanum, superbe 
variété de M. J. Hye; VOncidium sarcodes, de M. C. Van Wambeke; Y Odontoglossum Peetersi, 
Caparti et Lallemandi; Cymbidium Lowi, forte plante bien cultivée, de M. Peeters; les Laelia 
purpurata et Cattleya Mendeli, de M. Halkin ; deux Cattleya Mossiae superbes de M. le 
D r Capart; les Laelia purpurata var. Blockei, purpurata var. Russelliana, elegans; Cypri- 
pedium ciliolare, superbiens et Swanianum, de M me Block; les Cypripedium Wallisi et bella- 
tulum, Cattleya Mendeli, de M. J. Moens; les fleurs coupées de Cattleya Mossiae et Brassavola 
cuspidata, de M me Gibez, à Sens (France). 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Diplôme d'Honneur de i re classe aux Cattleya Mossiae Madame Arthur Warocqué, de 
M. Linden, à Bruxelles, à l'unanimité; Odontoglossum Pescatorei Hyeanum, de M. Jules Hye, 
à Gand; Odontoglossum Peetersi, de M. Peeters, à Bruxelles; 

Diplôme d'Honneur de 2 e classe aux Odontoglossum Pescatorei var. de Mariemont, de 
M. G. Warocqué, à Bruxelles; Odontoglossum gloriosum var. splendidum, de M. G. Warocqué, 
à Bruxelles; Cattleya Mossiae var. Caparti, de M. Linden, à Bruxelles; Odontoglossum Gruso- 
nianum, de M. Linden, à Bruxelles. 

Certificat de Mérite de i re classe aux Cypripedium Elliotianum, de M. J. du Trieu de 
Terdonck, à Malines, à l'unanimité; Cattleya Mossiae Madame Georges Warocqué, de M. Linden, 
à Bruxelles, à l'unanimité; Odontoglossum vexillarium fastuosum, de M. A. Van Imschoot, 
à Gand, à l'unanimité; Cattleya Mossiae M. Raoul Warocqué, de M. Linden, à Bruxelles, à 
l'unanimité; Laelia purpurata Blockei, de M. Block, à Bruxelles. 

Certificat de Mérite de 2 e classe aux Cypripedium Wallisi, de M. J. Moens, à Lede; 
Cattleya Lawrenceana, de M. Linden, à Bruxelles ; Odontoglossum Halli superbum, de M. Linden, 
à Bruxelles. 

Certificat de belle Culture de i re classe aux Odontoglossum gloriosum var. Cannartae, 
de M me de Cannart d'Hamale, à Malines; Cymbidium Lowi, de M. Peeters, à Bruxelles. 

Certificat de belle Culture de 2 e classe à Y Odontoglossum vexillarium, de M. G. Wa- 
rocqué, à Bruxelles. 



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PL. CLXXXV 

CATTLEYA MOSSIAE var. BOUSIESIANA 

CATTLEYE DE M. LE COMTE A. DE BOUSIES 



CATTLEYA. Vide Lindenia, vol. ï, p. 15. 

Cattleya Mossiae. Caule elongato ramoso pseudobulbifero, pseudobulbis oblongis sulcatis, floribus giganteis 
speciosissimis, sepalis lanceolatis, petalis elliptico-ovatis, unguiculatis marginibus oblique crispatis, labello latissimo 
obovato intus flavo oblique coccineo striato, ungue in tubum superne acutissimum conduplicato, limbo bilobo pul- 
cherrime crispato crenulato. 

Bot. Rcg. XXVI, 1840, 58. 

Cattleya Mossiae Bousiesiana, var. floribus pulcherrime marmoratis. 



e type de ce Cattleya aujourd'hui si populaire paraît avoir été intro- 
duit en premier lieu par George Green, de Liverpool, qui le reçut de 
31 la Guayra (Venezuela), en septembre 1836; mais il fut immédiate- 
ment après importé par M. Parker et par d'autres. Il fleurit la première fois 
en Europe, chez Madame Moss, d'Otterpool, près de Liverpool, à qui il a 
été dédié. Sa patrie s'étend sur les montagnes du littoral vénézuélien entre 
Puerto-Cabello et le Cap Codera. A en juger par les nombreuses introductions 
faites depuis une suite ininterrompue d'années, le Cattleya Mossiae doit être 
extrêmement abondant dans son pays d'origine et ses variétés doivent aller à 
l'infini. Ce sont les variétés blanches qui sont surtout estimées. Le Cattleya 
Mossiae var. Wagneri introduit par M. J. Linden que l'on a débaptisé maintes 
fois en le confondant avec le C. M. alba et le Cattleya Mossiae var. Reineckiana 
sont les plus recherchés. Une variété d'élite qui les domine peut-être, est le 
Cattleya Mossiae Warocqueana, que nous venons de dédier à Madame Arthur 
Warocqué, la veuve honorée du grand amateur mort il y a quelques années. 
Cette variété admirable fleurissait au huitième Meeting de L'Orchidéenne où 
elle obtenait un diplôme d'honneur décerné à l'unanimité. Nous l'avons fait 
peindre pour la Lindenia où elle paraîtra dans la prochaine livraison. 

La variété, dont, nous reproduisons ci-contre le portrait, le Cattleya Mossiae 
var. Bousiesiana, est une variété marmorée, d'une rare distinction ; elle obtenait 
au même Meeting un certificat de mérite de i re classe décerné également à 
l'unanimité. La belle planche ci-contre, due au pinceau de M. A. Goossens 
qui supplée, à partir de cette livraison, M. De Pannemaeker, notre excellent 
artiste, comme peintre de la Lindenia, en est une copie fidèle qui sera justement 
appréciée par les amateurs. 

On possédait déjà dans les mêmes genres, une ou deux variétés, les 
Cattleya Mossiae Hardyana et Cattleya Mossiae Peetersi. Ce dernier provient de 



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la collection d'un amateur belge, M. Gilson, à Louvain, qui vendit la plante 
presque pour rien, ne se doutant pas de la valeur que cette variété allait 
atteindre dans la suite. C'est une leçon que les amateurs feront bien de méditer 
et qui les engagera à ne pas se défaire aussi lestement de leurs belles variétés 
avant de les avoir exposées et de les avoir fait connaître. Les Meetings de 
L'Orchidéenne pourront leur rendre de grands services sous ce rapport. 

Le huitième Meeting de L'Orchidéenne était principalement riche en belles 
variétés de Cattleya Mossiae. L'Horticulture Internationale y exposait soixante 
plantes bien fleuries, toutes distinctes les unes des autres. Il y avait là plus 
de cinq cents fleurs épanouies à la fois, qui ont mis les amateurs présents 
dans le ravissement et tous regrettaient la décision prise, lors de la fondation 
de cette Société, de n'exposer que dans son local et de ne prendre aucune 
part aux luttes horticoles internationales, car ce lot eût fait merveille à l'Expo- 
sition universelle de Paris, dont le premier concours général avait lieu quel- 
ques jours après. 

Un jeune amateur belge, M. Lallemand, notaire à Vilvorde, qui cultive 
les Cattleya avec passion, avait en fleurs, à la même époque, quelques variétés 
remarquables de Cattleya Mossiae. Nous y avons surtout noté les suivantes : 
aurea, grandiflora complanata, splendens, etc. 



L'ODONTOGLOSSUM CORONARIUM VAR. MINIATUM. — Le numéro de 
juin de Y Orchidophile contient une imputation inexacte que je tiens à relever. 
Il dit, au sujet de l'Exposition de Paris (concours du 24 au 29 mai), que 
les membres du jury n'ont pas su reconnaître YOdontoglossum miniatum dans 
la belle plante exposée par M. Vuylsteke. Je suis membre titulaire de ce 
jury et ne suis pas assez myope pour n'avoir pas reconnu une Orchidée 
introduite par mon père, il y a 20 ans, et que je connais depuis lors. 
Déjà avant les opérations du jury, j'en avais indiqué le nom à l'exposant 
et aux amateurs qui entouraient son groupe. 

Je ne m'arroge pas le droit de changer les étiquettes de mes confrères, 
mais en jugeant la plante, le jury savait parfaitement ce qu'il faisait : il a 
décerné un prix à une Orchidée admirable, bien fleurie, d'une rareté extrême. 
J'ajouterai que je ne l'avais jamais vue dans d'aussi bonnes conditions. La 
Lindenia la cite, sous son nom, dans le compte rendu sommaire de cette expo- 
sition qu'elle a publié près d'un mois avant que l'article de V Orchidophile, plus 
modeste ordinairement, n'ait paru. Il y a des connaisseurs d'Orchidées ailleurs 
qu'à Argenteuil, cher confrère. L. L. 



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PL. CLXXXVI 

CYPRIPEDIUM ELLIOTTIANUM j. o'br. 

CYPRIPÈDE DE M. ELLIOTT 



CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 17. 

Cypripedium Elliottïanum. Nova species foliis viridulis, 30-35 cm. longis, 3-5 latis, scapo robusto, purpureo 
punctato, 30 centim. longo, bi-quinquefloro, bracteis spathaceis, albidis cinnamomeo lineatis; sepalo dorsali 4 centim. 
lato, 6 centim. longo mucronato eburneo, quindecim lineis coccineis instructo ; sepalo inferiore simili sed minore ; 
labello illo Cypripedii Stonei simili, eburneo et roseo venoso ; petalis albis prope basin puniceo maculatis, undulatis 
ciliatisque; staminodio angusto rostrato. 

Cypripedium Elliottianum James O'Brien, Gard. Chron., 1888, IV s. 3, 501. 



ette espèce, originaire des Iles Philippines, a été dédiée à M. Elliott, 
de la maison Young et Elliott, de New-York, à laquelle Fhorticul- 
ture est redevable de l'importation de plusieurs beaux Cypripedium. 
Voici comment cette remarquable nouveauté a été décrite dans le Gardeners' 
Chronicle, par M. J. O'Brien. « La plante a un port distingué, rappelant celui 
du C. Stonei. Les feuilles sont d'un beau vert et ont de 30 à 35 centimètres 
de long et 4 à 5 centimètres de large. Les bractées sont très jolies, blan- 
châtres, marquées d'étroites lignes couleur chocolat. Les ovaires, longs de 
5 centimètres, portent de jolies fleurs qui rappellent les beaux Cypripedium 
Rothschildianum et C. praestans, dont cependant la nouvelle espèce est très 
distincte. Le sépale dorsal, large de 4 centimètres et long de 6, est 
pointu, blanc d'ivoire, marqué de quinze lignes rouge foncé de diverses 
longueurs ; les sépales inférieurs sont plus petits. Le labelle ressemble à 
celui du C. Stonei pour le coloris et la forme; il a le même pli en dessous; 
il est blanc d'ivoire délicatement veiné et teinté de rose. Les pétales sont 
également blancs, marqués vers le sommet de taches rouges disposées en 
trois ou quatre lignes étroites se dirigeant vers l'extrémité. Le staminode 
(peut-être anormal) est étroit et courbé comme dans le C. Rothschildianum. » 
Reichenbach considérait le Cypripedium Elliottianum comme ayant le plus 
d'affinité avec le C. Rothschildianum. Il a les feuilles plus larges et plus raides, 
le pédoncule plus robuste ; il est rougeâtre et couvert de poils très courts. 
La forme du labelle est bien celle du Cypripedium Stonei; mais, comme 
il le disait dans le journal précité, p. 532, ce qui caractérise le plus cette 
espèce, c'est le staminode se terminant à son sommet en un bec aigu. La 
planche ci-contre a été peinte d'après la plante de M. du Trieu de Terdonck 
à Malines, qui fut primée au 8 me Meeting de l'Orchidéenne. 



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ACINETA WRIGHTI fraser 

Il s'agit ici d'une espèce nouvelle importée du Mexique, l'année dernière, 
sous le nom de Stanhopea par M. E. H. Watts, de Devonhurst, Chiswick. 
Voici comment elle est décrite dans le Gardening World, par M. J. Fraser : 
« C'est une espèce à végétation robuste, avec des pseudobulbes ovales, munis 
sur chacune de leurs faces de deux sillons médians profondément creusés. 
Elles perdent bientôt leurs gaines et portent deux, quatre ou généralement 
trois feuilles lancéolées, aiguës, coriaces, marquées de trois fortes nervations 
avec de moindres nervures entre elles, se terminant en courts pétioles et 
ayant de 20 à 35 centimètres de long sur o m io de large par le milieu. La 
tige florale est inclinée et sort de la base du pseudobulbe, elle est longue de 
75 centimètres à un mètre, garnie de nombreuses fleurs (le spécimen décrit 
en a 46) portées sur de courts pédicelles ou presque sessiles. Les bractées 
sont imbriquées à la base de la tige où elles sont brièvement connées et 
engainantes; plus haut elles sont isolées, plus petites, lancéolées, sèches et 
brunes durant la floraison. Celles qui accompagnent les fleurs, sont beaucoup 
plus courtes que l'ovaire qui est légèrement courbé à la base et au sommet 
et muni de six sillons. Les sépales latéraux sont ovales, presque aigus, concaves, 
étalés, disposés obliquement à la base vers le côté antérieur et à peine connés. 
Us sont longs de 2 1/2 centimètres et larges de 1, jaune paille, blanchâtres, 
avec quelques petites ponctuations pourpres à l'intérieur sur la moitié infé- 
rieure et pointillés de blanc extérieurement. Le sépale postérieur est un peu 
plus court, ovale arrondi. Les pétales sont beaucoup plus petits, ovales ellip- 
tiques, terminés en pointe obtuse, se rétrécissant en une sorte d'onglet, s'in- 
clinant au-dessus du gynostème ; ils sont jaune paille avec de nombreuses 
pointes pourpres disposées en trois lignes suivant le milieu de la page interne. 
Le labelle est l'organe le plus caractéristique de l'espèce, il est trilobé, dressé 
sur un onglet court et recourbé ; les lobes latéraux sont petits, arrondis, 
recourbés vers l'intérieur et touchant les bords de la colonne; ils sont décur- 
rents et forment une marge à la partie supérieure de l'onglet; ils sont blan- 
châtres sauf à la base interne ayant un aspect de blanc d'ivoire. Le lobe 
terminal ou épichile est triangulaire, ovale, aigu, convexe, étalé à angles droits 
vers la colonne, il est convexe et retourné au sommet, un peu penché vers 
l'hypochile, pourpre, pubescent au milieu avec un bord blanc. L'hypochile 
est muni d'une crête oblongue, tronquée et marginée, brun marron, très 
pubescente avec des poils pourpres et se projetant au-dessus de la tenture de 
l'épichile. La colonne est dilatée en dessus, à bords quelque peu saillants, 
mais à peine ailée ; elle est jaune pâle, fortement pointillée de pourpre à la 
surface concave. Les pollinies sont sillonnées nettement, latéralement et atta- 
chées par un pédicelle mince à une glande cordée jaune pâle. » 



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PL. CLXXXVII 

DENDROBIUM DENSIFLORUM wall. 

DENDROBE A FLEURS SERRÉES 



DENDROBIUM. Vide Lindenia, vol. I, p. 13. 

Dendrobium densiflorum. Pseudobulbis elongato-fusiformibus angulato-sulcatis quandoque oblique tetragonis 
articulatim nodoso-inflatis intra nodos angustatis ; foliis ovato-oblongis basi attenuatis crassis acutis 5-veniis ; racemo 
thyrsoideo densissime florifero pendulo basi pluribracteato ; floribus mellis violaeque confusos odores referentibus ; 
segmentarum exter. 2 basilaria horizontaliter oblique patula in grossum calcar labelli basim includens basi terminata, 
tertio erecto, omnibus ellipticis sicut et inter. 2 integerrimis undulatis flavo-croceis ; inter. latiora et longiora late 
unguiculata ovato-rotundata concolora ; labello late unguiculato dein in orbem cucullatum convoluto laete arme- 
niaco crassiore intus extusque peberulo versus margines grosse piloso, hic piloso-plicato-fimbriato, intervallis 
continuo membranaceis, basi in grossum calcar subquadratum cum gynostemate connatum terminato; in unguem 
discus adest oblongus subelevatus basi bifidus fimbriatulus dein confusus cum lamina unoquoque latere plicam 
gibbosulam asportante ; gynostemate apice bicornuto. 

Dendrobium densiflorum Wall. Lindl. in Plant. Asiat. rar. I, t. 40. — Paxt. Bot. Mag., V, p. 121. 



insi qu'un grand nombre de ses congénères, le Dendrobium densiflorum 
a été dans ces dernières années introduit en assez nombreux 
exemplaires pour être à la portée de tous les amateurs. C'est une 
espèce vigoureuse qui se distingue par son port trapu, par ses pseudobulbes 
tantôt courts, tantôt allongés, mais toujours forts et gros avec une constante 
propension à se mettre à rieurs; par la dimension de ses racèmes, par d'innom- 
brables fleurs bien serrées, se touchant de toutes parts et formant pour ainsi 
dire un globe sans interstice ; par la beauté du coloris d'un jaune cire, d'une 
pureté et d'une fraîcheur qui ne sauraient être imitées par aucun pinceau. 
Cette brillante espèce fut découverte en 1828 par Wallich dans les 
vallées humides du Népaul; elle a fleuri pour la première fois en Europe chez 
MM. Loddiges en 1830. Elle a été aussi collectée dans les montagnes du Khasya 
en 1836 par Gibson, qui avait été envoyé en mission aux Indes par le duc 
de Devonshire. On la rencontre fréquemment dans toute la zone inférieure 
de l'Himalaya, depuis le Népaul jusqu'en Assam, à une altitude supra-marine 
de 2500 à 3500 mètres. 

Le Dendrobium densiflorum est de culture relativement facile. Nous 
conseillons de le tenir dans une serre chaude très humide pendant la pousse 
et de ménager peu à peu les arrosements quand les bulbes seront arrivés à 
longueur. On donnera alors beaucoup d'air jusqu'à sa maturité complète. Nous 
avons cultivé de cette façon des exemplaires admirables qui donnaient jusqu'à 
40 grappes de fleurs, longues de plus d'un pied. Il faut convenir que dans 
ces conditions, le Dendrobium densiflorum est une des plus merveilleuses Orchi- 




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dées qui se puisse voir. Bien cultivés, les Dendrobium non fleuris ne sont 
pas des Orchidées aussi disgracieuses que quelques cultivateurs peu experts 
veulent bien le dire. Au contraire, quand elles sont couvertes d'un feuillage 
vert, fort, brillant, quand les jeunes pousses sont abondantes et que de 
longues racines recouvrent le pot, ces plantes ont tout autant d'aspect que 
bien d'autres aériennes. 

Le Dendrobium densiflorum album ou densiflorum Schroederi. comme on l'appelle 
en Angleterre, est une variété justement estimée ; mais elle a perdu beaucoup 
de son prestige, depuis l'introduction du Dendrobium thyrsiflorum qui a été 
reproduit dans un volume précédent de la Lindenia. 



L'HERBIER DU PROFESSEUR REICHENBACH. — Par son testament, le 
célèbre orchidographe a légué son précieux herbier et tous les riches maté- 
riaux accumulés dans son cabinet depuis près d'un demi-siècle et qui ont 
servi à ses travaux, au Musée impérial de Vienne, sous la réserve que ces 
matériaux seront conservés, durant vingt-cinq années, dans des caisses bien 
scellées, afin d'être soustraits aux investigations des hommes de science. 

Toutes les déterminations, toutes les descriptions faites par le testateur 
demeureront donc sans contrôle et sans sanction durant un quart de siècle ! 
Les collections que la confiance des orchidophiles a réunies à Hambourg, seront 
des documents absolument morts durant le même espace de temps, et qui 
sait dans quel état ces collections végétales, renfermées dans des caisses scellées, 
seront retrouvées par ceux qui viendront après nous ? Non seulement son 
herbier, mais sa bibliothèque botanique, ses instruments, sa collection de 
graines, tout a la même destination. Et si par hasard Vienne n'avait pas accepté, 
c'est le Jardin botanique d'Upsal qui aurait recueilli cette importante succession. 
A défaut d'Upsal, le testament désigne l'Université Harvard à Cambridge (Amé- 
rique) et enfin le Jardin des Plantes à Paris. Il est au moins étrange de 
constater que le Jardin royal de Kew, partageant le sort de tous les jardins 
botaniques d'Allemagne, eux aussi complètement oubliés, n'est pas même 
mentionné dans le testament du célèbre écrivain. 



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PHAIUS GRANDIFOLTUS lour. 






9* 



PL. CLXXXVIII 

PHAIUS GRANDIFOLIUS lour. 

PHAIE A GRANDES FEUILLES 



ÉTYMOLOGIE : du grec cpiaôg, brun, couleur qui domine dans la fleur du type. 

PHAIUS. Perigonii foliola subaequalia patentia, exteriora interioribus conformia. Labellum saepius cucul- 
latum, basi gynostematis adnatum calcaratum integrum vel trilobum, disco saepius carinatum lamellosum vel 
cristatum. Gynostema erectum elongatum semiteres marginatum. Anthera octolocularis. Pollinia octo subaequalia. 

Herbae indicae epigeae acaules vel caulescentes, foliis latis plicato-nervosis, scapis radicalibus, floribus magnis. 

Phains Lour. FI. Coch. II, 529. Lindl. Orchid. 126. Wall. PI. As. rar. t. 158, 198. — Pachyne Salisb. 
Trans. Hort. Soc. I, 261. — Bletia Rob. Br. Bot. Mag., t. 1924. — Limodorum Ait. Pers. Bl. t. 61. — 
Endlich. Gen. PL 1386. 

Phaius grandifolius. Acaulis, foliis oblongo lanceolatis, acntis, maximis, 0^65 longis ; scapo erecto, racemo 
multifloro, floribus 12-15 centim. latis extus albis, intus porphyreis ; labello albo, basin versus aureo rubro varie- 
gato ; sepalis petalisque oblongo lanceolatis ; labello oblongo crispato apiçe emarginato ; calcare arcuato. 

Phaius grandifolius Lour. 1. c. — Limodorum Tankervilliae AiT. — Bletia Tankervilliae R. Br., Hort. Kew. 
t. V. p. 207. Bot. Mag., t. 1924. 



ne des espèces les plus anciennes parmi les Orchidées terrestres, le 
Phaius grandifolius fut introduit en Angleterre en 1778. C'est une des 
Orchidées exotiques les plus répandues dans les cultures européennes. 
Le contraste du coloris de ses rieurs avec celui de ses congénères plus écla- 
tantes et leur forme particulière ont toujours excité l'attention. Il est à peine 
besoin d'ajouter une description à la planche donnée par la Lindenia. Cette 
espèce est acaule; ses feuilles oblongues-lancéolées, aiguës, sont très grandes, 
dépassant quelquefois o m 65 de long. Les élégantes fleurs disposées en un 
racème nombreux sont portées sur des hampes radicales dressées atteignant 
jusqu'à un mètre de longueur. Ces fleurs, blanches à l'extérieur, brun rouge à 
l'intérieur, ont le labelle blanc sauf à la base, qui est jaune d'or. Les sépales 
et les pétales, presque égaux entre eux, étalés et libres, sont oblongs lan- 
céolés; le labelle oblong, entier, en forme de capuchon, est crispé et échancré 
au sommet, il est muni d'un éperon arqué; le gynostème est dressé, continu 
avec l'ovaire, demi cylindrique, marginé et allongé. 

Il existe une variété de Phaius grandifolius dans laquelle la couleur ama- 
rante un peu terne du labelle est remplacée par une nuance plus vive. 

La culture des Phaius ne présente aucune difficulté. Il leur faut une 
sécheresse relative durant le repos de la végétation et dès que celle-ci se 
réveille, on mouille fréquemment les plantes en leur donnant la serre chaude 
durant la floraison et jusqu'à la formation complète des nouvelles souches. 




92 



LE NEUVIÈME MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE 



Le neuvième Meeting de L'Orchidéenne a eu lieu le dimanche 9 juin 188g, dans le pavillon 
central de L'Horticulture Internationale, au Parc Léopold, à Bruxelles. Une quantité de belles 
Orchidées étaient exposées et ont été très admirées. 

Le jury, présidé par M. Van Imschoot, se composait de MM. Lubbers, secrétaire, Massange 
de Louvrex, Lallemand et Wallaert. 

Les Orchidées suivantes ont été le plus remarquées : 

Odontoglossum crispum album, variété superbe ; Cypripedium Harrisianum superbum ; 
Odontoglossum Ruckeri, Andersoni, crispum roseum et gloriosum ; Cypripedium bellatulum 
grandiflorum, de M. Warocqué ; 

Catlleya Schilleriana, belle variété, de M. Huybrechts; 

Brassia verrucosa, forte plante bien fleurie ; Aerides Fieldingi, de grande beauté ; Laelia 
majalis; les Odontoglossum crispum, hystrix, Pescatorei grandiflorum, Harryanum aureum, 
citrosmum grandiflorum, de M. Linden ; 

Cattleya Warneri, variété supérieure, de M. Miteau ; 

Cattleya Mossiae et Odontoglossum citrosmum, de M. Wallaert ; 

Oncidium sphacelatum et Anguloa Ruckeri média, de M. Vasseur ; 

Cattleya Mendeli et Odontoglossum crispum, de M. Halkin ; 

Cattleya Mendeli var. Peetersi, variabilis et Wallaerti, belles variétés très distinctes; le 
rare Cattleya Mossiae alba; Cattleya Mossiae var. Caparti et Warneri; Aerides crassifolium, 
de M. Peeters. 

Les récompenses suivantes ont été décernées : 

Diplôme d'Honneur de i re classe 

aux Cattleya Mossiae alba, de M. Peeters, à Bruxelles, à l'unanimité; 
Cattleya Mendeli var. Peetersi, de M. Peeters, à Bruxelles; 
Cattleya Mendeli variabilis, de M. Peeters, à Bruxelles. 

Diplôme d'Honneur de 2 e classe 

à Y Odontoglossum crispum album, de M. G. Warocqué, à Bruxelles. 

Certificat de Mérite de i re classe 
au Cattleya Warneri, de M. Miteau, à Jette-S^Pierre. 

Certificat de Mérite de 2 e classe 

aux Cypripedium Harrisianum superbum, de M. Warocqué, à Bruxelles; 
Laelia majalis, de M. Linden, à Bruxelles; 
Aerides Fieldingi, de M. Linden, à Bruxelles; 
Aerides crassifolium, de M. Peeters, à Bruxelles ; 
Cattleya Mendeli var. Wallaerti, de M. Peeters, à Bruxelles. 

Certificat de Culture de i re classe 

au Brassia verrucosa, de M. Linden, à Bruxelles. 

Certificat de Culture de 2 e classe 

au Cattleya Warneri, de M. Peeters, à Bruxelles. 



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PL. CLXXXIX 

THUNIA MARSHALLIANA rchb. f. 

THUNIE DE MARSHALL 



THUNIA. Perianthii foliola membranacea, erecto-patentia, lanceolata, subaequalia, acuta. Labellum cum 
columna parallelum basi in calcar brève obtusum productum, trilobum, lobis lateralibus brevibus obtusis dentatis 
columnam amplectentibus, intermedio producto flabellato, margine lobulato dentato undulato et crispato, disco 
carinis ciliatis ornato. Columna gracilis, semiteres, subalata, superne cucullata, triloba, lobo intermedio triangulari 
porrecto, lateralibus dentatis. Anthera cordata, quadrilocularis, basi octolocellata. Pollinia quatuor, clavata, sulcata, 
subtiliter granulosa. Stigma quadratum. 

Herbae terrestres; caules fasciculati, basi tuberosi, elongati, foliosi, inferne squamis foliaceis recurvis vagi- 
nati. Flores pauci, speciosi, terminales, nutantes, spathaceo bracteati. 

Thunia Rchb. f. Botan. Zeitung, 1852, p. 764. — Hook. F. Bot. Mag . t. XXIV, 1868, tab. 5674. 

Thunia Marshalliana. Elata, bracteis amplissimis oblongo navicularibus ovaria excedentibus, sepalis ligulatis 
obtuse acutis, tepalis subaequalibus angustioribus, labello oblongo seu oblongo-pandurato acuto extus serrulato, 
venarum cristis angulosis latis numerosis, calcari amplo apice bilobo, callo semilunari utrinque intus supra apicem 
apertura sursum spectante, androclinio cucullo serrulato. 

Rchb. f. Linnaea, 1871, t. VII, nov. ser. 



uoique relativement peu nombreux, les Thunia forment un groupe de 
grande importance et mériteraient bien plus les faveurs des culti- 
vateurs orchidophiles, car ce sont des Orchidées charmantes et d'une 
culture facile. 

Les espèces les plus recommandables sont les suivantes : 

Thunia alba, espèce élégante, atteignant de 50 à 60 centimètres de hauteur et produi- 
sant à l'extrémité de chaque nouveau pseudobulbe un racème de fleurs blanches, de moyenne 
grandeur, légèrement teintes de rose pourpre sur le labelle. 

Thunia Bensoniae, espèce robuste et magnifique, atteignant environ 40 centimètres de 
hauteur et produisant une grappe de fleurs pourpres, comparativement grandes; labelle marqué 
de pourpre foncé et d'orange. C'est pour cette espèce que le genre fut créé en 1852. 

Thunia nivalis, gentille espèce, pas comparable cependant aux Thunia alba et T. Mars- 
halliana; recommandable pour les grandes collections. 

Thunia Veitchiana, bel hybride obtenu par croisement entre les Thunia Marshalliana 
et Bensoniae, en premier lieu par M. Toll, de Manchester, et peu après par M. Seden de 
la maison Veitch, à Londres. La variété est robuste et les fleurs sont généralement plus 
grandes que celles des parents. Les sépales et pétales sont blancs lavés à leurs extrémités 
de pourpre mauve ; le labelle est rose marqué de lignes dorées. 

Nous disons que les Thunia sont des plantes de culture facile. Elles 
doivent être rempotées tôt dans l'année, quand les nouvelles pousses font leur 
apparition. On détache de la motte l'ancienne terre fibreuse qui peut être 
enlevée sans nuire à la plante et on la place dans un pot de double grandeur 




94 



de celui qu'elle occupait auparavant, à moins qu'elle ne soit dans de mauvaises 
conditions; alors il vaut mieux la remettre dans un pot de même dimension. 
Un drainage suffisant est essentiel, le pot doit être rempli au moins d'un tiers 
de tessons de moyenne grandeur. Le compost le plus convenable est un 
mélange de terre fibreuse et de sphagnum en égale quantité. Les arrosements 
peuvent être copieux au printemps et à l'été, quand la plante est en pleine 
végétation. Pendant les mois d'automne et d'hiver, une très petite quantité 
d'humidité suffit; il en faut juste assez pour empêcher les bulbes de trop 
se dessécher. 



LES ORCHIDÉES A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1889 

GRAND CONCOURS OUVERT DU 12 AU 17 JUILLET 

Le centre orchidéen continental, Bruxelles, y a remporté un nouveau et 
légitime succès : ses horticulteurs y ont cueilli les palmes principales. La 
collection de M. Peeters a obtenu le I er prix pour le plus beau lot (concours 
n° 4). M. Vuylsteke, de Loochristy, était second avec une collection importante. 

M me Block, de Bruxelles, a été classée première pour le premier concours 
(la plus belle collection). Pour le même concours, mais entre amateurs, un 
jeune Français, M. G. Mantin, exposait un lot des plus méritants composé 
d'environ 150 espèces et variétés qui lui valut un I er prix à l'unanimité. Nous 
en publions la liste plus loin et le félicitons sincèrement, car sa collection 
avait sur toutes les autres le grand mérite d'être très variée. Toutes ses 
plantes étaient étiquetées scientifiquement, ce qui manquait généralement aux 
autres exposants, dont les collections ne comprenaient que peu de genres ; 
les Cattleya, Odontoglossum et Cypripedium dominant pour la plupart, alors 
que les autres Orchidées n'étaient que peu ou mal représentées. La belle 
collection de Vanda du Luxembourg valut à M. Jolibois les félicitations du jury. 
Ses plantes étaient admirablement cultivées et bien fleuries. 

M. Peeters obtenait encore le premier prix, à l'unanimité, pour une 
collection de 30 Orchidées (2 me concours); à celle de M. Lange fut décerné 
le second prix, tandis que le jury attribuait une mention à MM. Garden et C ie , 
de Bois Colombes. Le premier prix pour 12 Orchidées (2 me concours), revenait 
également à M. Peeters. 

Dans la charmante serre de M. Truffaut, arrangée avec goût, on remar- 
quait quelques beaux exemplaires d'Orchidées. 

Le jury se composait de MM. Lucien Linden, président ; Truffaut, 
secrétaire; de la Devansaye, Bleu, Chantin père, I. Leroy, Crousse et Augis. 



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LaELIA MAJALlS lindl. 



PL. CXC 



LAELIA MAJALIS lindl. 




LELIE DE MAI 



LAELIA. Vide Lindenia, vol. II, p. 4g. 

Laelia majalis. Folio angusto, scapo bifloro aequali, bracteis membranaceis ovatis, sepalis lanceolatis, petalis 
oblongo-lanceolatis duplo latioribus, labelli lobo medio rotundato emarginato piano, lateralibus parvis obtusis. 

Batem. M. B. 23. — Bot. Reg., XXVIII, 1842, t. 62. Pseudobulbi ovati vel subrotundi macrophylli. Batem. 
Orchid. Mex. et Guat. t. 23, 1840. 

Laelia majalis Lindl. Bot. Reg. 1839, Mise. 42. — Bletia speciosa Hb. B. et Kt. Nov. Geu. et Sp., I, 342. 
— Cattleya Grahami 1. c. 116. — Walp. Ann. Bot. Syst. t. VI. 



entionnée déjà dans un ouvrage d'histoire naturelle qui parut à Mexico, 
en 161 5, sur les plantes et les animaux de la Nouvelle Espagne, 
cette superbe Orchidée mexicaine était connue depuis longtemps des 
botanistes avant de faire son apparition dans les serres européennes. Humboldt 
et Bonpland la découvrirent au commencement de ce siècle sur les montagnes 
non loin des côtes de l'Océan Pacifique, entre Acapulco et Playas de Coynca, 
et Kunth la décrivit sous le nom de Bletia speciosa. Lallave et Lexarza la 
trouvèrent croissant partout dans la province de Michoacan et lui donnèrent 
à tort le nom de Bletia grandiflora. Ce n'est qu'en 183g que Lindley fit passer 
l'espèce dans le groupe des Laelia sous le nom spécifique de majalis, traduisant 
ainsi le nom de « Flor de Mayo » que la plante porte dans sa patrie où elle fleurit 
au mois de mai. Elle est répandue dans tout le Mexique méridional; Ross la 
trouva dans le voisinage d'Oaxaka; Hartweg l'a vue croissant sur des chênes 
à San Bartholo, à une altitude supramarine de plus de 2600 mètres, où la 
température s'abaisse quelquefois jusqu'à la glace. D'après Ghiesbrecht qui l'a 
trouvée dans le district de Morelia, elle croît plus particulièrement dans les 
endroits où le vent souffle constamment. 

Le Laelia majalis a les pseudobulbes comprimés, ovales, vert pâle, 
sillonnés, portant une ou deux feuilles lancéolées, coriaces, aussi longues que 
la hampe. Les fleurs ordinairement solitaires sont grandes et belles, mesurant 
une quinzaine de centimètres de diamètre. Elles sont d'un très beau rouge 
violacé, avec le labelle oblong à trois lobes, les deux latéraux petits, retournés 
au-dessus du gynostème ; le labelle est blanc teinté de lilas pâle vers les 
bords. Le lobe médian est plan, échancré et arrondi, marqué d'une ligne jaune 
pâle s'élargissant vers la base. De nombreuses importations de cette Orchidée 
demeurèrent pour ainsi dire stériles, parce que la culture en était mal com- 
prise. Il faut la tenir dans une serre fraîche et bien aérée. 



95 



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LES CYPRIPÉDIÉES 

ous avons publié dans le troisième volume de la Lindenia, page 86 
et suivantes, la liste complète des espèces, variétés et hybrides de 
Cypripèdes connus jusqu'à cette époque, et dont le nombre se mon- 
tait au chiffre respectable d'environ 430. Continuant assidûment nos études 
et nos recherches sur ce genre qui nous intéresse tout particulièrement, nous 
sommes arrivé aujourd'hui à compulser une nouvelle liste additionnelle de 
près de 170 Cypripèdes. Nous y répétons, il est vrai, quelques hybrides cités 
précédemment, mais dont nous n'avions pas indiqué la parenté dans notre 
premier travail, faute de renseignements certains. Nous y intercalons aussi 
le supplément qui a paru page 100. Tous les noms répétés sont précédés 
de la lettre r. 

Nous regrettons de voir, dans les diverses publications botaniques et 
horticoles, décrire sous les mêmes noms certaines espèces et hybrides, qui 
diffèrent totalement entre eux, d'où il résulte une confusion qu'il importe 
d'éviter. C'est ainsi que nous avons maintenant deux Cypripedium Pitcherianum, 
savoir une espèce des Philippines voisine du C. Argus et le C. Pitcherianum, 
un hybride issu des C. Spicerianum et C. Harrisianum; nous avons de même 
le C. Burbidgei de Bornéo et le C. Burbidgeanum, un hybride des C. Dayanum 
et C. concolor; le C. Measuresianum de Bornéo et le C. Measuresianum, un 
hybride des C. venustum et C. villosum, etc. 

Il y a là un grief sérieux que nous adressons aux orchidologues, ainsi 
qu'aux importateurs et obtenteurs des plantes de ce beau genre d'Orchidées, 
dans l'espoir qu'ils en prendront bonne note, et qu'ils s'abstiendront à l'avenir 
de donner des noms nouveaux à des plantes depuis longtemps décrites dans 
les principaux catalogues, ou d'appliquer à des variétés nouvelles des noms 
qui désignent déjà d'autres variétés. Otto Ballif. 

N. B. Nous faisons précéder d'un astérisque * les Cypripèdes appartenant au groupe des 
Selenipedium et de deux ** les espèces à feuillage caduc et annuel. 



* Cypripedium acaule var. album. 

» Acis, hybr. de Pitcher (parenté inconnue). 

» Aphrodite hybr. C niveum X C. Lawren- 

ceanurn. 
» Argus var. Mantini. 

» » » nigro-maculatum. 

» » » purpuratum. 

» Athis, hybr. C. venustum X C. Hookerae 

ou C. Bullenianum. 
» barbatum var. coerulescens. 

» » » giganteum. 

» » » illustre. 

» » » Moensi. 



Cypripedium barbatum var. mosaicum. 

» » » nobile. 

» » » pleioleucum. 

» » » Tautzianum. 

» » » Thibautianum. 

» bellatulum, Indo-Chine. 

» » var. biflorum. 

» » » egregium. 

» » » lineatum. 

» » » Mariae. 

>-' » » roseum. 

» Berggrenianum, hybr. C. Dauthieri X C. 
insigne. 

(Suite, voir page 98. ) 



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ANGULOA CLOWESI li 



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PL. CXCI 

ANGULOA CLOWESI lindl. 

ANGULOA DE CLOWES 



ANGrULOA. Vide Llndenia, vol. II, p. 13. 

Anguloa Clowesi. Pedunculo unifloro radicali laxe squamato, flore carnoso resupinato, sepalis petalisque 
ovatis convexis conniventibus, labelli trilobi lobo medio piloso, infundibulari bilabiato, labio altero emarginato, 
altero tridentato, columna intégra. 

Lindl. Bot. Reg. XXX, 1844, Mise. 29, p. 599. — Lindl. Orch. Lind. p. 21. — Rchb. f. Bonpl. III, 67. — 
Pescatorea, t. 27. 



e genre Anguloa, nous l'avons dit déjà en parlant de V Anguloa Ruckeri 
média dans le second volume de la Lindenia, ne se compose que de 
trois espèces représentées par les types et quelques variétés de ceux-ci. 
L'une de ces espèces est le A. Clowesi qui fut introduit dans les cultures euro- 
péennes il y a un demi siècle; mais il est loin d'y occuper la place qui lui 
revient parmi les plus riches espèces de la serre tempérée. 

Cette plante est originaire du Venezuela et de la Colombie où elle fut 
découverte en 1842 par M. J. Linden. Elle croissait terrestre au fond des forêts 
près du village indien Jaji, sur le sol et dans les endroits assez bas. M. Linden 
ne la trouva qu'en cette seule localité de la province de Merida, à une altitude 
supramarine de 5500 pieds. 

Son port est celui des Lycaste. Les pseudobulbes sont ancipités, allongés; 
la hampe radicale porte des écailles lâches et une seule fleur, mais celle-ci 
a o m o8 de diamètre; elle est jaune avec le labelle blanc; les sépales et les 
pétales sont ovales et connivents, le labelle a trois lobes dont le médian est 
velu. Il est en forme d'entonnoir ayant l'une de ses deux lèvres échancrée 
et l'autre tridentée. 

Les Anguloa sont très faciles à la culture. Leur station naturelle indique 
assez que leur feuillage a besoin d'ombre. Exposée en plein soleil, la plante 
jaunit et perd vite son feuillage. Les indications qui ont été données à ce sujet 
dans la Lindenia, vol. de 1886, p. 14, pourront être consultées avec fruit. 



L'ORCHID ALBUM, la publication si soignée de M. B. S. Williams, 
annonce qu'elle ne paraîtra plus que tous les deux mois, de manière à com- 
pléter son volume en deux ans. Nous regrettons cette décision. 



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Cypripedium Boxalli var. Cannarti. 
» » » guttatum. 

» » » pallidum. 

» » » punctatum. 

» » » robustum. 

» Buchananianum, hybr. C. Spicerianum X 

C. Druryi. 
» Bullenianum, var. superbum. 

» Burfordiense, hybr. C. Argus X C. philip- 

pinense. 
» calurum var. Rougieri. 

Canhami var. M™ Canham (pourpre). 
» » » Mme Canham (jaune brun). 

» Cannartianum var. du C. Roebeleni. 

» Carnusianum, hybr. C. Haynaldianum X 

C. Spicerianum. 
Cassiope, hybr. C. Hookerae X C. ve- 

nustum. 
» caudatum var. Albertianum. 

» » » nigrescens. 

Charles Gondoin, hybr. C. insigne Chan- 

tini X C. vernixium. 
» chelseense, hybr. C. Lowi X C. barba- 

tum purpureum. 
j> ciliolare var. maximum. 

» » » Miteauanum. 

» claptonense var. C. Harrisianum X C. vil- 

losum. 
» concolor var. album ou Gardenianum. 

» » » latifolium. 

» » » sulphurinum. 

» » » unicolor. 

» Crossianum psittacinum, hybr. C. insigne 

Maulei X C. venustum spectabile. 
» Crossianum var. Lindeni. 

s> » » superbum. 

» » » Tautzianum. 

» Curtisi var. amoenum. 

» Czerwiakowianum, Pérou. 

» dariense, Chiriqui. 

» Dauthieri var. formosum. 

» Dayanum var. Smithianum. 

» De Cockianum, hybr. de Pitcher (parenté 

inconnue). 
» De Witt Smith, hybr. C. Spicerianum X 

C. Lowi. 
» discolor, hybr. C. venustum X C. bar- 

batum ? 
» Drevettianum, hybr., parenté inconnue. 

» Elliottianum, Iles Philippines. 

» euryandrum var. grandiflorum (anmajus?). 

' ** » fasciculatum, Californie. 

:> Finetianum, hybr. C. Roebeleni X C. bar- 

batum nigrum. 
» Fitchianum, hybr. C. Hookerae X C. ve- 

nustum ? 
y> gandavense, hybr. C. barbatum X C. Swa- 

nianum ? 
» gemmiferum, décrit à tort comme un hybr. 

des C. Hookerae et C. purpuratum, 

est issu des C. Dayanum X C. purpu- 
ratum. 
» Godefroyae var. striatum. 

» » » viridifolium. 

» grande var. atratum. 

» grandiflorum, Pérou. 



Cypripedium Harrisianum var. Allanianum. 

» » » atro purpureum. 

» » » Brayanum. 

» » » latifolium. 

» » » Pitcherianum. 

» » » purpurascens. 

» » » Rougieri. 

» » » tenue. 

» Haywoodianum, hybr. C. Druryi X C. 

superbiens. 

» Hincheanum var. du C. villosum.- 

» hirsutissimum var. Rossi. 

» » » Vuylstekeanum. 

» Hookerae var. anophtalmum. 

» » » Measuresianum. 

» » » oculatum. 

» imbricatum, origine inconnue. 

» insigne Chantini var. Philbrickeanum. 

» » var. amabile. 

» » » Colsonianum. 

» » » Domini. 

» » » Dormani. 

» » » Fraseri. 

» » » Hallianum. 

» » » Horsmanianum . 

» » » mirandum. 

» » » moulmeinense. 

» » » Sanderae. 

» » » Studleyanum. 

» » » Tautzianum. 

» » » Wilsoni. 

» intermedia, hybr. de Pitcher, parenté 

inconnue. 

» Io var. picturatum. 

» » » superbum. 

* » Isabelianum, Para-Brésil. 
» javanicum var. superbum. 

» Josephinae, hybr. C. Harrisianum X C. 

insigne Maulei. 

» Klotzschianum, Guyane anglaise. 

» Lawrenceanum var. auriculum. 

» » » grande. 

» » » marmoratum. 

» » » pleioleucum. 

» » » Pitcherianum. 

» Leeanum var. Lawrenceanum. 

» » maculatum. 

» » » nigrescens. 

» » » roseum. 

» longifolium var. coloratum. 

» Louryi, hybr. C. insigne Chantini X C. 

Harrisianum. 

» Mme Harry Veitch, hybr. C. niveum X C. 

Lawrenceanum. 

» M me Van Houtte, hybr. C. niveum X C. 

venustum ? 

» Maesereelianum, hybr. C. insigne Chantini 

X C. Spicerianum. 

» magniflorum (Pitcher), Amérique du Sud. 

* » margaritaceum, Yunnam. 

» meirax, hybr. C. venustum X C. barbatum. 

» » var. delectum. 

» nitens var. Van Houttei. 

» nitidissimum, hybr. C. Warscewiczi X C. 

conchiferum. 

» oenanthum var. pictum. 

(Suite, voir page ioo.) 







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99 
^43 



PL. CXCIÎ 



CATTLEYA MOSSIAE var. WAROCQUEANA 

CATTLEYA DE MADAME ARTHUR WAROCQUÉ 



CATTLEYA. Vide Lindenia, vol. I, p. 15. 

Cattleya Mossiae. Vide supra, p. 85. 

Cattleya Mossiae Warocqueana floribus maximis speciosis, petalis roseo-albis, labello tato intense colorato. 



n publiant le Cattleya Mossiae var. Bousiesiana dans le précédent 
numéro, nous annoncions pour cette livraison une variété éminem- 
ment remarquable, le Cattleya Mossiae var. Warocqueana, et nous 




disions qu'elle avait obtenu au huitième meeting de L'Orchidéenne la plus 
haute récompense, un diplôme d'honneur de i re classe décerné à l'unanimité. 
L'inspection de la planche qui accompagne ces lignes démontrera que c'est 
une variété à rieurs énormes, à pétales blanc rosé pâle et à labelle déve- 
loppé, richement coloré, en un mot, une variété à sensation. 

Les Cattleya Mossiae sont des Orchidées de végétation aisée qui deman- 
dent à être cultivées en pots, dans un bon mélange de terre fibreuse et de 
sphagnum et à être placées sur un bon drainage. On les trouve généralement 
croissant sur les arbres et les rochers, dans des sites plus ou moins ombragés, 
quoiqu'on les rencontre très souvent aussi dans des endroits très exposés au 
soleil. Ces Orchidées ont naturellement une saison sèche qui est celle du repos et 
une saison humide qui est celle de la pousse et de la floraison. Dans la culture 
artificielle, ces saisons doivent être imitées aussi bien que possible, les plantes 
doivent avoir un repos prolongé en hiver. Celui-ci s'obtiendra en laissant 
descendre la température, en diminuant l'humidité et en donnant comme 
arrosement juste assez d'eau pour empêcher les bulbes de se contracter. Ce 
traitement devra leur être donné depuis la mi-octobre, quand la pousse est 
bien aoûtée, jusqu'à la fin de février. Quelque temps après la floraison, les 
plantes entrent en végétation ; nous conseillons de les tenir alors humides et 
à une température élevée ; vers la mi-août et jusqu'à la mi-octobre on leur 
donnera assez d'air pour solidifier les bulbes et préparer la floraison. 

Nous avons terminé chaque volume de la Lindenia par une forme 
d'Orchidée populaire : le premier, par YOdontoglossum crispum; le second, par 
le Selenipedinm caudatum; le troisième, par une Orchidée étrange, le Catasetum 
decipiens. Nous ne pouvions mieux terminer celui-ci que par une variété d'élite 
d'une des Orchidées les plus utiles, le Cattleya Mossiae. 



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Cypripedium Orestes, hybr. C.Harrisianum X C. insigne 
Maulei. 

» Pageanum, hybr. C. superbiens X C. Hoo- 

kerae. 
» Pitcherianum, hybr. C. Harrisianum super- 

bum X C. Spicerianum. 
» polystigmaticum, hybr. C. Spicerianum X 

C. venustum. 
» praestans var. splendens. 

» pycnopterum var. porphyrospilum. 

» Roebeleni var. longipetalum. 

» robustius, hybr. C. Sedeni X C. longifo- 

lium. 
» Rothschildianum var. roseum. 

» Rowallianum, hybr. C. villosum aureum 

X C. venustum. 
» Sallieri var. aureum. 

» Savageanum, hybr. C. Harrisianum X C. 

Spicerianum. 
» Seegerianum, hybr. C. Spicerianum X C. 

Harrisianum. 
» selligerum var. porphyreum. 

» sinicum, Hong-Kong. 

» Spicerianum var. biflorum. 

» » » leodiense. 

Juillet 1889. 



Cypripedium Spicerianum var. pendulum. 
» » » pictum. 

» » » revolutum. 

» Stonei var. acrosepalum. 

» » » album ou candidum. 

» » » Hyeanum. 

» superciliare var. roseum. 

» » » Rougieri. 

» » » shorthillense. 

» Swanianum var. rubrum. 

» Tautzianum lepidum, hybr. C. niveum X 

C. barbatum Warneri. 
» Thetis, hybr. C. venustum X C.? 

» tonsum var. cupreum. 

» » » superbum. 

» variopictum, hybr. C. Lawrenceanum X 

Spicerianum. 
» venustum var. aureum. 

» » » Griffithianum. 

» » » spectabile. 

» venusto-Spicerianum, hybr. C, venustum 

X C. Spicerianum. 
» Vervaetianum, hybr. C. Lawrenceanum X 

C. superbiens. 
» villosum var. castaneum. 

Otto Ballif. 



FUMURE DES ORCHIDÉES 

(Suite, voir page 74) 

Nous ajouterons que la division mécanique du guano de poisson étant, 
très grande, puisqu'il est réduit en poudre, permet un épandage très régulier 
et aussi minime que l'on veut. Nous avons remarqué aussi que la matière 
gélatineuse de ce guano gonfle par l'eau d'arrosage et s'attache à la tourbe 
et au sphagnum de manière que presque rien n'est entraîné inutilement parmi 
les tessons du drainage. Toujours sous réserve des conséquences négatives 
ultérieures et qui, d'après nous, ne proviendraient que de l'emploi désordonné 
ou excessif de l'engrais, il nous a paru que ce guano pourrait être utilement 
mêlé aux matériaux dont on se sert dans la plantation ou le rempotage des 
Orchidées. D'ailleurs nous ne sommes pas seul de cet avis; n'avons-nous pas 
vu dernièrement un correspondant du journal anglais The Garden recommander 
l'emploi de petits morceaux d'os en lieu et place des tessons, ces os devant fournir 
aux racines des éléments nutritifs mesurés selon les besoins des plantes elles- 
mêmes. M. H. Gaerdt, dans sa Gàrtnerische Diingerlehre, examine la question du 
choix à faire parmi les engrais recommandés pour les plantes cultivées dans nos 
serres et plus spécialement pour les Orchidées, et il établit que les sels ammonia- 
caux conviennent le mieux pour saturer l'air dans lequel les feuilles prendront ce 
qu'il leur faut. Ces sels pourront être mêlés à l'eau servant à mouiller les murs et 
les chemins. Cinq grammes suffisent pour 24 heures sur 100 mètres cubes d'air. 



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LISTE DE LA COLLECTION D'ORCHIDÉES 

EXPOSÉE PAR M. G. MANTIN AU CONCOURS GÉNÉRAL D'HORTICULTURE OUVERT DU 
12 AU 17 JUILLET A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1889 



1. Spathoglottis Augustorum (Rchb. f.) var. (N.j, Nou- 

velle Guinée. 

2. Lycaste Deppei (Lindl.), Mexique. 

3. Selenipedium grande (Rchb. f.) var. (N.), métis S. 

Roezli X S- caudatum. 

4. Selenipedium albanense (Rchb. f.), métis S. Schlimi 

X S. Hincksianum. 

5. Oncidium pulvinatum (Lindl.), Brésil. 

6. Oncidium ampliatum (Lindl.) var. ma jus (Hort.), 

Costa-Rica. 

7. Brassavola Perrini, Brésil. 

8. Epidendrum cochleatum (L.), Mexique. 

9. Epidendrum nemorale (Lindl.), Mexique. 

10. Bulbophyllum Henshalli (Lindl.). 

11. Oncidium Wentworthianum (Bat.), Guatemala. 

12. Cypripedium barbatum (Lindl.) var. majus (Hort.), 

M* Ophir, et s. var. (N.). 

13. Cypripedium barbatum (Lindl.) var. majus nigrum 

(Hort.). 

14. ? Vanda (species), Mt Ophir. 

15. Cattleya labiata (Lindl.) var. Gaskelliana (Rchb. f.), 

Brésil, et s. var. (N.). 

16. Cypripedium Cassiope (Rolfe), métis C. venustum X 

C. Hookerae. 

17. Cypripedium Lawrenceanum (Rchb. f.), Bornéo. 

18. Cypripedium Dayanum (Rchb. f.) var. splendens (Hort.) , 

Bornéo. 

19. Cypripedium barbatum (Lindl.) et var. (N.), M* Ophir. 

20. Cypripedium concolor (Parish) var. tonkinense (G. L.), 

Tonkin. 

21. Cypripedium almum (Rchb. f.), métis C. barbatum 

X C. Lawrenceanum. 

22. Cypripedium Hookerae (Rchb. f.), Bornéo. 

23. Cypripedium ciliolare (Rchb. f.), Malaisie. 

24. Cypripedium barbato-Veitchianum (Bleu), métis C. 

barbatum X C. superbiens. 

25. Cypripedium selligerum (Vtch) var. majus (Hort.), 

métis C, philippinense X C. barbatum. 

26. Selenipedium cardinale (Rchb. f.), métis S. Sedeni X 

S. Schlimi. 

27. Selenipedium caricinum (Rchb. f.), Pérou. . 

28. Cypripedium barbatum (Lindl.) var. Crossi (Hort.), 

Mt Ophir. 

29. Cypripedium barbatum (Lindl.) var. majus splendens 

(Hort.), Mt Ophir. 

30. Cypripedium Godefroyae (G. L.) et var. (N.), Indo- 

Chine. 

31. Vanda Batemani (Lindl.), Philippines. 

32. Cypripedium villosum (Lindl.), Moulmein. 

33. Cypripedium barbatum (Lindl.) var. nigrum (Hort.), 

M* Ophir. 

34. Cypripedium superciliare (Rchb. f.), métis C. barba- 

tum X C. superbiens. 

35. Cypripedium superbiens (Rchb. f.) et var. (N.), Java. 

36. Cypripedium barbatum-purpuratum (N.) et var. 

37. Coelogyne Massangeana (Rchb. f.), Assam. 



38. Vanda Parishi (Rchb. f.), Moulmein. 

39. Oncidium incurvum (Bark.), Mexique. 

40. Selenipedium Ainsworthi (Rchb. f.), métis S. Sedeni 

X S. Roezli. 

41. Cypripedium Lawrenceanum (Rchb. f.) var. superbum 

(Hort.), Bornéo. 

42. Cypripedium Lawrenceanum (Rchb. f.) var. splendi- 

dum (N.), Bornéo. 

43. Cypripedium Godefroyae (G. L.) var. viridifolium 

(Hort.), et s. var. (N.), Indo-Chine. 

44. Angraecum Scottianum (Rchb. f.), Comores. 

45. Phalaenopsis Lùddemanniana (Rchb. f.), Philippines. 

46. Cattleya eldorado var. virginalis (Ln.), Brésil. 

47. Aerides Godefroyanum et var. (N.), Cochinchine. 

48. Phalaenopsis Sanderiana (Rchb. f.), Malaisie. 

49. Phalaenopsis rosea (Lindl.), Philippines. 

50. Broughtonia sanguinea (R. Br.), Jamaïque. 

51. Cypripedium niveum (Rchb. f.) et var. (N.), Malaisie. 

52. Cattleya eldorado (Ln.) var. splendens (Hort.), Rio 

Negro. 

53. Bifrenaria? atropurpurea (Lindl.), Brésil. 

54. Scuticaria Steelei (Lindl. ) et var. (N.), Guyane anglaise. 

55. Cypripedium concolor (Parish), var. Regnieri (G. L.), 

Indo-Chine. 

56. Aerides japonicum (Ln.), Japon. 

57. Restrepia antennifera (H. B. et K.), Colombie. 

58. Cypripedium Swanianum (Rchb. f.), métis C. philip- 

pinense X C. barbatum. 

59. Trichopilia tortilis (Lindl.), Mexique. 

60. Geodorum Duperreanum var. Augusti (Rchb. f.), Indo- 

Chine. 

61. Odontoglossumcitrosmum (Lindl.) var. roseum(Hort.), 

Mexique, et s. var. (N.). 

62. Odontoglossum cordatum (Lindl.), Mexique. 

63. ? Sarcanthus (species). 

64. Oncidium papilio (Lindl.) var. majus (Rchb. f.), Tri- 

nité. 

65. Odontoglossum Schlieperianum (Rchb. f.), Costa-Rica. 

66. Selenipedium (species), métis ? S. X ? s. 

67. Stanhopea? Fregeana (Rchb. f.), Mexique. 

68. Cypripedium concolor (Parish), Indo-Chine. 

69. Angraecum ? falcatum (Lindl.) var. foliis variegatis 

(How.), Japon. 

70. Cypripedium barbatum (Lindl.) var. atropurpureum 

(Hort.), Mt Ophir. 

71. Oncidium Harrisonianum (Lindl.), Brésil. 

72. Vanda suavis (Lindl.) var. praetexta, Java. 

73. Cypripedium Hookerae (Rchb. f.) var. superbum (N.), 

Bornéo. 

74. Selenipedium longifolium (Rchb. f.), Chiriqui. 

75- Cypripedium Hookerae (Rchb. f.) var. luteum (Hort.), 
Bornéo. 

76. Selenipedium porphyreum (Rchb. f.), métis S. Roezli 

X S. Schlimi. 

77. Cypripedium Burbidgei (Rchb. f.), Bornéo. 

78. Saccolabium guttatum (Lindl.), Hindoustan. 



79. Cypripedium callosum(Rchb. f.) var. superbum(Hort.), 

Indochine. 

80. Epidendrum (species). 

81. Epidendrum vitellimum (Lindl.) var. majus (Hort.), 

Mexique. 

82. Lycaste plana (Lindl.) var. Measuresiana (Hort.), 

Bolivie. 

83. Cattleya guttata (Lindl.) var, Leopoldi (Ln.), Brésil, 

et s. var. (N.). 

84. Cattleya Schrôderae, Colombie. 

85. Aerides Lobbi (Vtch), Moulmein. 

86. Aerides odoratum(Lour.) var. longeracemosum(Hort.), 

Chine. 

87. Cypripedium barbato-Lawrenceanum (N.), métis C. 

Lawrenceanum X C. barbatum. 

88. Oncidium Kramerianum (Rchb. f.), Amer, centrale. 

89. Cypripedium Lawrenceanum (Rchb. f.) var. Lindeni 

(Hort.), Bornéo. 

90. Cypripedium Io (Rchb. f.) var. grande (Hort.), métis 

C. argus X C. Lawrenceanum. 

91. Oncidium bicolor (Lindl.), Brésil. 

92. Microstylis bella (Rchb. f.), Malaisie. 

93. Vanda tricolor (Lindl.), Java. 

94. Vanda suavis (Lindl.), Java. 

95. Platyclinis filiformis (Benth.), Philippines. 

96. Satyrium coriifolium (Sw.), Afrique australe. 

97. Habenaria fimbriata. 

98. Disa sagittalis et var. (N.), Afrique centrale. 

99. Epidendrum vitellinum (Lindl.), Mexique. 

100. Epidendrum (species). 

101. Odontoglossum maculatum (L. LL), Mexique. 

102. Masdevallia chimaera (Rchb. f.), Nouv. Grenade. 

103. Masdevallia chimaera var. Sanderiana (Rchb. f.), 

Nouv. Grenade. 

104. Miltoniopsis vexillaria (G. L.) et var. (N.), Nouv. 

Grenade. 

105. Uropedium Lindeni (Lindl.), Nouv. Grenade. 

106. Masdevallia Davisi, Pérou. 

107. Cattleya gigas var. Sanderiana et s. var. (N.), Co- 

lombie. 

108. Odontoglossum Pescatorei (Ln.) et var. (N.), Nouv. 

Grenade. 

109. Masdevallia peristeria. 

110. Acropera ? armeniaca (Lindl.), Amer, centrale. 

111. Acineta chrysantha (Lindl.), Mexique. 

112. Selenipedium conchiferum (Rchb. f.), métis S. carici- 

num X S. Roezli. 

113. Sobralia macrantha, Guatemala. 



114. Oncidium Sarcodes (Lindl.), Brésil. 

115. Maxillaria (species). 

116. Cattleya Loddigesi (Lindl. ), Brésil. 

117. Cattleya Forbesi (Lindl.), Brésil. 

118. Maxillaria luteo-alba (Lindl.), Merida. 

119. Cypripedium Finetianum, métis C. Roebeleni X C. 

barbatum nigrum. 

120. Epidendrum? versicolor. 

121. Dendrobium thyrsiflorum, Moulmein. 

122. Cypripedium Druryi, Travancore. 

123. Cypripedium Stonei, Bornéo. 

124. Cypripedium Dauthieri, métis C. barbatum X C. vil- 

losum. 

125. Oncidium dasystyle, Brésil. 

126. Maxillaria (species). 

127. Brassia Gireaudiana (Rchb. f.), Costa-Rica. 

128. Cypripedium concolor (Parish) var. chlorophyllum 

(Rchb. f.), Indo-Chine. 

129. Cypripedium bellatulum (Rchb. f.), Indo-Chine. 

130. Brassia verrucosa, Guatemala. 

131. Hartwegia purpurea (Lindl.), Mexique. 

132. Cypripedium philippinense, Philippines. 

133. Cypripedium Roebeleni, Philippines. 

134. Cypripedium Curtisi var. amoenum (Hort.), Sumatra. 

135. Cypripedium Lawrenceanum (Rchb. f.) var. difforme 

(N.), Bornéo. 

136. Selenipedium Dominyanum (Rchb. f.), métis S. cari- 

cinum X S. caudatum. 

137. Aerides Houlletianum, Cochinchine. 

138. Orch. ? (species), Indo-Chine. 

139. Phalaenopsis Esmeralda, Cochinchine. 

140. Phalaenopsis antennifera, Cochinchine. 

141. Cypripedium Boxalli, Birmanie. 

142. Odontoglossum Schlieperianum var. luteum (N.), 

Costa-Rica. 

143. Odontoglossum crispum (Lindl.), Nouv. Grenade. 

144. Brassia (species), Panama. 

145. Houlletia Brocklehurstiana (Lindl.), Brésil. 

146. Chysis aurea (Lindl.), Venezuela. 

147. Stanhopea tigrina (Bat.), Mexique. 

148. Dendrobium (species). 

149. Cypripedium vernixium, métis Cyp. argus X Cyp. 

villosum. 

150. Stelis (species). 

151. Houlletia Brocklehurstiana (Lindl.), var., Brésil. 

152. Epidendrum radiatum (Lindl.), Brésil. 

153. Pleurothallis (species). 

154. Zygopetalum Gautieri, Brésil. 



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103 



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TABLE DES MATIERES 



DU QUATRIEME VOLUME 



N°s DES PLANCHES PAGES 

150 Aerides quinquevulnerum Lindl 15 

175 Angraecum sesquipedale Thouars 65 

191 Anguloa Clowesi Lindl gy 

168 Cattleya chocoensis Lindl. et And. var. Miss Nilsson 51 

192 Cattleya Mossiae var. Warocqueana 99 

185 Cattleya Mossiae var. Bousiesiana 85 

165 Cirrhopetalum pulchrum N. E. Brown 45 

173 Coelogyne cristata Lindl. var. alba 61 

163 Comparettia falcata Poepp. et Endl. . . ' 41 

149 Cypripedium bellatulum Rchb. f 13 

186 Cypripedium Elliottianum J. O. Br 87 

166 Cypripedium X Harrisianum polychromum Hort. , 47 

I 59 Cypripedium Mastersianum Rchb. f 33 

146 Cypripedium Miteauanum L. Lind. et E. Rod 7 

148 Dendrobium Bensoniae Hook. f n 

183 Dendrobium Brymerianum Rchb. f 81 

187 Dendrobium densiflorum Wall 89 

155 Epidendrum nemorale Lindl 25 

190 Laelia majalis Lifidl g5 

157 Leptotes bicolor Lindl 2g 

153 Lycaste Skinneri Lindl. var. alba. . 21 

182 Masdevallia Shuttleworthi Rchb. f 80 

171 Masdevallia tovarensis Rchb. f 57 

154 Mesospinidium vulcanicum Rchb. f 23 

176 Miltonia (Odontoglossum) X Bleuana Hort 67 

147 Nanodes Medusae Rchb. f g 

177 Odontoglossum Bleichrôderianum J. et L. Lind 69 

172 Odontoglossum Cervantesi lilacinum 59 

151 Odontoglossum Glonerianum L. Lind 17 

158 Odontoglossum Halli Lindl 31 

184 Odontoglossum Halli Lindl. var. Lindeni 83 

145 Odontoglossum latimaculatum Hort 5 

178 Odontoglossum Pescatorei var. Lindenianum 71 

162 Odontoglossum radiatum Rchb. f 3g 

17g Odontoglossum Rossi var. Mommianum 73 

180 Odontoglossum Warocqueanum J. et L. Lind 75 



104 



Nos DES PLANCHES PAGES 

164 Oncidium Forbesi Hook. var. maximum 43 

169 Oncidium iridifolium Lindl c, 

152 Oncidium macranthum Lindl Iq 

188 Phaius grandifolius Lour qj- 

170 Polystachia pubescens Rchb. f re 

174 Selenipedium (Cypripedium) caudatum Rchb. f. var. Albertianum 63 

161 Sophronitis grandiflora Lindl 07 

189 Thunia Marshalliana Rchb. f o-, 

160 Vanda coerulea Griffith - oc 

167 Vanda tricolor Lindl 40 

156 Warrea Lindeniana Henfrey 27 

181 Zygopetalum Gibeziae N. E. Br yg 



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